Comment vous enrichir avec votre remboursement d’impôt

Publié le 12/04/2016 à 11:43

Comment vous enrichir avec votre remboursement d’impôt

Publié le 12/04/2016 à 11:43

Ma comptable Guylaine est une perle. Elle est si gentille que pour en profiter un peu plus, j’en viens parfois à espérer une vérification de Revenu Québec.

Comme tous ses collègues, elle est fort occupée en ce moment. Elle travaille tard le soir et les weekends. Qu’elle n’ait plus de vie pendant 10 semaines, c’est un moindre mal. Le pire est quand elle doit prendre le téléphone pour annoncer à un client qu’il doit une galette au fisc. Souvent les mêmes, des travailleurs autonomes dont les acomptes provisionnels versés durant l’année n’ont pas été suffisants. Et s’ajoutent cette année les parents dont les enfants fréquentent la garderie subventionnée.

Imaginez quand Guylaine doit appeler une travailleuse autonome mère d’un enfant en bas âge! Je la connais, elle doit offrir ses services gratuitement tellement elle se sent mal.

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Je pourrais faire moi-même ma déclaration de revenus, mais je laisse cette tâche à Guylaine, un baume sûrement pour sa santé mentale. Au début avril, quand les derniers hoquets de l’hiver nous poussent aux limites de la dépression, elle m’appelle toute excitée pour m’annoncer combien je vais recevoir en retour d’impôt. Elle est alors tel un Père Noël qui sème la joie, et ça lui fait du bien!

À moi aussi ça fait du bien, remarquez. Vous savez comment c’est. Pour ceux qui comme moi ont besoin de leur petite dose de dépenses non essentielles à l’occasion, les trois premiers mois de l’année sont plutôt éprouvants. On a pris la résolution d’être plus raisonnable et on doit régler la carte de crédit malmenée durant le mois de décembre alors que la paie est amputée des charges sociales.

Puis là, quand le printemps s’installe pour vrai, bang ! Deux gros chèques dans la boîte aux lettres. Avez-vous envie de vous énerver avec cet argent? Moi si.

Pour résister, je me dis qu’il s’agit d’argent emprunté. Pour l’essentiel, mon remboursement est le résultat de mes contributions au REER. Comme vous le savez, celles-ci donnent droit à une déduction fiscale. Si mon taux marginal d’imposition est de 38,4%, je recevrai en théorie 38,4% de ma contribution, soit 384 $ par tranche de 1000$ versée au REER.

Seulement, cette somme n’est pas un cadeau des gouvernements. Quand je vais retirer de l’argent du REER pour ma retraite, je vais devoir payer de l’impôt comme s’il s’agissait d’un revenu. La cotisation REER permet de reporter dans le futur l’impôt à payer, pas de l'éviter. Alors je me dis que ce ne serait pas une bonne idée de remplacer avec le remboursement d’impôt mon ampli qui fonctionne encore.

Alors quoi faire avec cet argent ? On dit généralement de payer d’abord ses dettes, surtout celles qui coûtent le plus cher, comme le solde de carte de crédit. Je n’ai rien contre surtout si vous trainez un solde en permanence.

Toutefois, je vois souvent des gens dépenser leur remboursement par anticipation, en portant des achats sur leur carte de crédit en se disant qu’ils paieront avec le remboursement de Revenu Québec et de l’ARC. Ça, ça ne compte pas!

J’aime bien l’idée de déposer le chèque dans le REER. Je me suis amusé à calculer combien d’argent on avait au bout de cinq ans en faisant une seule contribution de 5000 $ à la première année et en réinvestissent systématiquement les remboursements dans le REER les quatre années suivantes. Pour un contribuable ayant un taux marginal de 38,4%, cela ferait 8049$. Pour un autre imposé à 47,5%, on arrive à 9311$. Et ça n’inclut aucun rendement.

Et si vous optez pour un fonds de travailleurs, qui cette année offre de nouveau le crédit d’impôt de 30%, en plus de la déduction fiscale, c’est plus profitable encore. Avec 5000$, le premier aura près de 13 500$ en REER, et le second, plus de 16 000$.

Si vous n’avez aucun fonds d’urgence, le remboursement d’impôt est l’occasion de commencer à vous en constituez un. À mon avis, c’est la chose à faire avant de réinjecter l’argent au REER. Si vous conservez les sommes en liquide, inutile de le mettre dans le CELI. Par contre, si votre coussin s’en vient  important, songer à en verser une partie dans le CELI. Comme il s’agit d’un abri fiscal, investissez cet argent! Évitez les CPG, de grâce, et optez au moins pour un fonds d’investissement équilibré.

Si vous avez des enfants, une contribution au régime enregistré d’épargne études (REEE) est une excellente idée. On n’insiste pas assez sur le fait que, parmi les comptes enregistrés les plus répandus (REER, CELI, REEE), le REEE est le plus avantageux en raison des subventions des deux paliers de gouvernement. Il faut y déposer 2500$ pour avoir droit aux subventions maximales.

Sinon, vous pourriez faire un versement anticipé sur votre hypothèque. En raison des taux hypothécaires extrêmement bas, il est plus profitable d’investir cet argent dans un fonds de placement ou dans quelques titres boursiers prudents, à l’intérieur du CELI, plutôt que d'accélérer le remboursement de l’hypothèque.

Sur ce, je m’excuse d’avoir étouffé votre excitation.

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À propos de ce blogue

Les finances personnelles, ça consiste à gérer son argent au jour le jour en fonction d’objectifs plus ou moins éloignés. En regardant du bon angle, on constate qu’il s’agit d’un instrument pour réaliser ses ambitions et ses rêves. C’est avec humanité et une pointe d’humour que Daniel Germain compte aborder les finances personnelles dans ce blogue, dont l’objectif est de vous informer et de vous faire réagir. Daniel Germain assume la direction du magazine de finances personnelles Les Affaires Plus depuis 2002 et a développé de vastes connaissances sur le sujet.

Daniel Germain