Quand l'économie fait mentir les économistes

Publié le 18/03/2015 à 09:32

Quand l'économie fait mentir les économistes

Publié le 18/03/2015 à 09:32

Photo: Bloomberg

Quand les consommateurs font mentir les économistes…En théorie, le consommateur qui dépense moins pour faire le plein d’essence se retrouve avec plus d’argent pour acheter d’autres biens et services. Par conséquent, une baisse importante des prix pétroliers, certes négative pour les pétrolières, devrait favoriser bien d’autres secteurs de l’économie.

C’est en partie sur ce genre d’hypothèses que reposent bien des prévisions économiques, à juste titre. Sauf que jusqu’à maintenant, on attend toujours que cette théorie se transforme en réalité.

En effet, les plus récentes statistiques économiques américaines démontrent que le consommateur ne se comporte pas comme prévu. Par exemple, les ventes au détail sont nettement inférieures aux attentes.

Ainsi, mardi (hier), le ministère du commerce américain a annoncé que les ventes au détail avaient reculé 0,6% en février, après un recul de 0,8% en janvier. Le déclin est généralisé, frappant tous les secteurs. Les économistes prévoyaient, en moyenne, une progression de 0,3%, ce qui représente un immense raté.

C’est la première fois depuis 2012 que les ventes au détail reculent pendant trois mois consécutifs.

C’est à peu près la même chose pour l’industrie de la construction résidentielle, souvent mentionnée comme bien placée pour profiter du «dividende pétrolier». Or, les mises en chantier ont reculé de 7% en janvier avant de plonger 17% en février par rapport à janvier.

Encore là, la réalité a été loin des attentes, les économistes prévoyant un recul de seulement 2,4%. Au moins, les données de janvier ont été révisées en hausse.

Il n’est donc pas surprenant de voir la production manufacturière ralentir. En février, elle a reculé de 0,2%, le troisième mois de baisse consécutif. Les économistes prévoyaient une augmentation de 0,1% en février.

Si vous suivez, vous comprenez qu’il y a là deux thèmes récurrents, soit la faiblesse de l’économie et le fait que les économistes sont trop optimistes.

D’abord, peu d’investisseurs seront épatés par l’idée qu’il est difficile de prédire l’économie. C’est ardu à long terme, imaginez de mois en mois.

Par contre, plusieurs d’entre vous commencez peut-être à vous demander s’il ne faut pas s’inquiéter face à ce refus de l’économie de partager l’enthousiasme des spécialistes face aux retombées de la baisse importante des prix pétroliers.

Universellement, toutes ces statistiques inférieures aux attentes ont été expliquées, au moins en partie, par la température. J’admets que cela peut être un facteur, mais je crois que c’est une excuse facile.

Selon moi, il faut creuser du côté de la psychologie du consommateur pour mieux expliquer le contexte actuel. Depuis le creux de la crise financière, l’Américain typique, durement frappé, a toujours été plus prudent qu’anticipé. Et je crois qu’il continue de l’être, malgré la grande amélioration des conditions économiques.

Il a donc choisi de mettre de côté les dollars économisés en faisant le plein, augmentant son épargne et remboursant ses dettes, au moins en partie. C’est sage et favorable à long terme, mais cela nuit à court terme, du moins aux statistiques mensuelles et aussi à la crédibilité de nos économistes.

Bernard Mooney

 

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