Préparez-vous à la disparition de Sears Canada

Publié le 14/01/2014 à 08:44

Préparez-vous à la disparition de Sears Canada

Publié le 14/01/2014 à 08:44

Photo: Bloomberg

La semaine dernière, Sears Holdings a annoncé que ses résultats financiers pour la période de Noël avaient été inférieurs aux prévisions. En fait, les résultats sont affreux et très inquiétants.

La société comprend les activités de Sears et celles de K-Mart aux États-Unis, en plus de la filiale canadienne Sears Canada.

La stratégie d’Edward Lampert, le cerveau derrière Sears Holdings, est de réaliser la valeur des actifs immobiliers tout en exploitant le mieux possible les établissements commerciaux. Selon bien des financiers, M. Lampert pouvait ainsi réaliser une fortune pour ses actionnaires.

Cela semblait génial il y a quelques années. Plus maintenant.

Selon l’analyste financier Gary Balter, de Credit Suisse, un vétéran de l’industrie, les activités de Sears perdront environ 1,2 milliard de dollars (G$) US en 2013. Pour colmater cette brèche, en se fiant à ce que M. Lampert a fait par le passé, on doit s’attendre à ce que Sears réduise ses stocks et vende d’autres actifs. Mais ce petit jeu a ses limites, surtout quand on sait que les sites les plus valables ont déjà été vendus et que ceux qui restent sont de moins en moins attrayants.

Au Canada, la direction suit les ordres de M. Lampert et donc le même modèle. Or, même sans la vente des meilleurs sites, Sears Canada est incapable d’affronter la concurrence féroce. Quand vous recevez l’ordre d’envoyer le plus d’argent possible au siège social américain, vous vendez des locaux, vous réduisez au maximum vos dépenses et, surtout, vous êtes incapable de développer vos activités face aux concurrents.

Non seulement vous n’avancerez pas, mais à long terme, vous creusez votre tombe.

Sears ne fera pas faillite demain matin. Toutefois, elle glisse lentement et sûrement vers la banqueroute.

Un de ces jours, le holding décidera de réaliser ce qui reste de la valeur de sa filiale canadienne. Cela pourra se faire par la vente complète des sites à l’unité à des investisseurs immobiliers, ou encore globalement, en vendant par exemple Sears Canada à une société américaine qui veut entrer ici (un peu comme Target avec Zellers).

Je ne peux pas vous dire quand, mais je crois que c’est inévitable. Dans quelques années, votre Sears Canada ne sera plus qu'un souvenir! Si on tient compte du fait que le titre a perdu la moitié de sa valeur depuis 2010, bien des investisseurs ont commencé à voter avec leur portefeuille.

Bernard Mooney

P.S. Gary Balter déclare que Sears Canada semble avoir perdu la volonté de rivaliser après les ventes des sites de Yorkdale et du Eaton Centre.

 

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