Pourquoi je préfère les banques américaines


Édition du 06 Juin 2015

Pourquoi je préfère les banques américaines


Édition du 06 Juin 2015

Les titres des principales banques américaines sont plus intéressants que ceux des institutions financières canadiennes, selon moi.

Parmi leurs attraits, leurs bilans sont quasi immaculés et débordent de liquidités. Elles sont mises à l'épreuve régulièrement par les autorités de réglementation. De plus, ces institutions sont bien placées pour profiter de la poursuite de la croissance économique et d'une éventuelle hausse des taux d'intérêt.

L'effet de levier

Commençons par comparer la solidité financière des banques, notamment grâce au ratio de l'avoir tangible par rapport à l'actif tangible. Pour les sept plus grandes banques américaines (un échantillon qui comprend Wells Fargo, JP Morgan Chase et Citigroup), au premier trimestre de 2015, ce ratio était de 7,8 % en moyenne, selon les analystes financiers James Fotheringham et Sohrab Movahedi, de BMO Marchés des capitaux.

Ce ratio signifie que pour chaque dollar d'avoir des actionnaires, les banques possèdent un levier de 13 $ en actif.

Pour les six grandes banques canadiennes, ce ratio est de 4,6 %, ce qui représente un effet de levier de plus de 21 (21 $ d'actif tangible par dollar d'avoir). On constate donc que les banques américaines ont un effet de levier nettement inférieur, ce qui diminue considérablement leur risque financier.

Tant au Canada qu'aux États-Unis, ces ratios sont nettement supérieurs à ce qu'ils l'étaient lors de la crise et avant celle-ci. Au premier trimestre de 2009, les banques américaines et canadiennes affichaient un ratio de 3,3 %, alors qu'au premier trimestre de 2005, les canadiennes avaient un ratio 3,8 %, et les américaines, de 4,5 %.

La croissance

Le facteur le plus important qui favorise les banques américaines, à mon avis, est leur plus grand potentiel de croissance. Au Canada, les banques ont affiché une croissance annuelle composée des bénéfices de 11 % depuis la crise ; aux États-Unis, cette croissance a été de 12 %. Évidemment, plusieurs nuances ressortent, comme le fait que les bénéfices américains ont plus souffert de la crise ; partant d'une base moins élevée, il est normal qu'ils rebondissent de façon plus importante.

En outre, ce qui compte vraiment pour les investisseurs, c'est la croissance future.

Ici aussi, certaines nuances s'imposent. Les marges bénéficiaires des banques américaines ont été restreintes de façon exceptionnelle par des taux d'intérêt qui approchent zéro et par les coûts de la réglementation. On peut débattre longtemps à savoir si ce dernier facteur sera temporaire, mais on peut s'entendre pour dire que ce n'est qu'une question de temps avant que le premier enjeu se résorbe, du moins en partie.

La Réserve fédérale américaine sera la première banque centrale d'importance à remonter les taux directeurs, ce qui aidera les banques américaines.

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