Mooney: Ce que Prem Watsa a vu dans RIM

Publié le 20/03/2013 à 09:54, mis à jour le 20/03/2013 à 10:53

Mooney: Ce que Prem Watsa a vu dans RIM

Publié le 20/03/2013 à 09:54, mis à jour le 20/03/2013 à 10:53

Photo: Bloomberg

BLOGUE. Le rapport annuel de Fairfax Financial Hoildings, en particulier la lettre de son président Prem Watsa à ses actionnaires, est toujours une lecture fascinante. C’est à mon avis une lecture incontournable pour tout investisseur canadien.

Dans sa plus récente lettre, M. Watsa explique en détails pourquoi il a investi massivement dans Research in Motion (devenue BlackBerry), nous donnant une idée de son processus de placement. Il y a d’abord l’évaluation. «A son creux à 6,50$, le titre se vendait à un tiers de sa valeur comptable et un peu plus cher que son encaisse», écrit le président de Fairfax. Le titre avait perdu 95% de sa valeur par rapport à son sommet.

«La marque de commerce BlackBerry est possiblement une des marques les plus reconnues dans le monde et la société avait 79 millions d’abonnés dans le monde.» Ce qui dans l’esprit de Prem Watsa représentait les principaux actifs de la société ontarienne.

«Mike Lazaridis, fondateur et génie techno – et un bon ami – m’a demandé de joindre le conseil d’administration, ce que j’ai fait après avoir rencontré Thorsten Heins qui avait été recommandé par Mike pour devenir le prochain PDG.»

M. Heins avait 27 années d’expérience chez Siemens avec en plus cinq ans chez BlackBerry. Il a embauché une équipe de direction compétente, selon M. Watsa pour se concentrer sur la production du BB10, la prochaine génération de BlackBerry.

Ce dernier décrit ensuite les avantages compétitifs de la société :

«La marque, le système de sécurité supérieur, le réseau de distribution de 650 sociétés de téléphone à travers le monde, la base de 79 millions d’abonnés dont des clients corporatifs représentant 90% des sociétés du Fortune 500, l’utilisation presque exclusive dans les gouvernements au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni, le portefeuille immense de brevets, le nouveau système d’exploitation remarquable développé par QNX et son bilan, soit 2,9 milliards en encaisse sans dette, sont toutes des forces formidables pour aider BlackBerry à faire son retour.»

Fairfax possède environ 10% de la société, à un coût d’environ 17$US l’action, à une galaxie de son sommet ultime de 140$ d’il y a quelques années (le titre se transige à un peu plus de 15$US aujourd’hui). Et Prem Watsa se dit enthousiaste quant aux perspectives en raison du leadership du nouveau président et le génie technique de M. Lazaridis.

Le président de Fairfax est d’abord et avant tout un chasseur d’aubaines. Il recherche les bas prix, même si la société est en difficultés.

Malgré cela, pour l’avoir suivi depuis 20 ans, je suis convaincu qu’il n’aurait pas misé autant sur BlackBerry s’il ne connaissait pas Mike Lazaridis en raison de la nature capricieuse et difficile du secteur technologique. M. Watsa est plus à l’aise dans les industries traditionnelles comme le secteur forestier et le commerce au détail.

Bernard Mooney

P.S. Prem Watsa donne un exemple de société qui a fait une acquisition au sommet cyclique: Rio Tinto qui a payé 38 milliards de dollars pour Alcan en 2007 et qui a déjà radié 20 milliards! BM

 

 

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