Les taux américains n'ont aucun sens!

Publié le 04/02/2015 à 09:28

Les taux américains n'ont aucun sens!

Publié le 04/02/2015 à 09:28

Le rendement de l’obligation gouvernementale américaine à moins de 2% (1,82% pour être plus exact), ça n’a aucun sens.

Je sais ce que vous me répondrez en lisant cette affirmation: les économies mondiales végètent, l’inflation n’est pas un problème et avec la dégringolade des prix pétroliers, le plus important risque c’est la déflation. C’est pourquoi un tel rendement obligataire, eh bien ça fait du sens!

Oui, sauf que si vous regardez les rendements obligataires américains dans le contexte de leur économie, oups, vous ne pouvez que conclure qu’il y a contradiction et probablement un problème majeur à plus ou moins brève échéance.

D’abord, il faut saisir jusqu’à quel point ces rendements sont déprimés. Même au plus creux de la grande dépression des années 1930, le rendement des obligations de 10 ans n’a pas été aussi bas. Question: Est-ce que l’économie américaine, actuellement, est en pire état qu’elle l’était en 1930?

Hum….

De plus, on se gargarise en parlant de déflation, mais la réalité c’est que l’inflation est encore là, bien présente, ce qui est vrai, sans interruption, depuis les 75 dernières années. Or, à la fin du 19e siècle, l’inflation a baissé de façon significative et malgré cela, jamais les taux sont passés sous la barre des 3%.

Historiquement, selon James Paulsen, stratège en chef chez Wells Capital Management, les taux de 10 ans sont de 2 à 4% supérieurs au taux d’inflation. Si on respectait cette norme, avec l’inflation à 1,6%, les obligations de 10 ans offriraient un rendement au minimum de 3,6%, le double, oui le double du rendement d’aujourd’hui.

Autrement dit, le rendement obligataire actuel anticipe une sévère vague de déflation.

Or, c’est peu probable, voire de l’économie-fiction, dans un contexte où le marché de l’emploi aux États-Unis est en forte (relativement) reprise, la confiance des consommateurs se retrouve à un sommet pas vu depuis 11 ans et les prêts bancaires ont crû de près de 6% l’an dernier, la plus forte croissance depuis les années 1980.

Lorsque j’ai vu ces données, qui proviennent de M. Paulsen, je me suis dit qu’il y avait un problème important à l’horizon. Soit que les marchés financiers, dans leur infinie sagesse, prévoient un fort ralentissement économique, soit ils ont perdu le nord, hypnotisés par les grands titres concernant l’Europe, le pétrole et la Grèce. Si c’est le cas, le retour à la réalité pourrait être douloureux pour tous ceux qui accumulent des titres obligataires, par réflexe acquis depuis des années….

Bernard Mooney

 

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