Ne vous laissez pas séduire par la surperformance des obligations

Publié le 06/04/2015 à 08:51

Ne vous laissez pas séduire par la surperformance des obligations

Publié le 06/04/2015 à 08:51

Photo: Shutterstock

Durant le premier trimestre de l’année, les actions ont plongé, ont explosé pour ensuite plonger à nouveau, pour terminer sans grand changement. Les obligations en ont profité et ont réalisé un meilleur rendement.

Par exemple, les obligations gouvernementales américaines de 10 ans ont procuré un rendement de 2,6% et celles de 30 ans, de 5,05%. Pour un seul trimestre!

Cela se compare à une progression de seulement 0,4% pour le S&P 500. Quant au Dow Jones, il a reculé, signifiant que même l’encaisse a mieux fait.

Un trimestre en Bourse n’est pas plus important qu’une hirondelle pour le printemps, je sais. Mais je me mets dans la peau de bien des lecteurs qui doivent se poser de bonnes questions sur le contexte financier par rapport à la gestion de leur patrimoine.

D’un côté, ils se font dire qu’ils doivent conserver un bon pourcentage de leur actif dans les titres à revenus fixes même si les taux d’intérêt sont extraordinairement bas. De l’autre, des gens comme moi leur recommandent de faire très attention aux obligations, car les rendements attendus à long terme sont près de zéro.

Et vous avez de ces périodes où malgré cette réalité financière, eh bien les obligations surpassent les actions.

Pourtant, la réalité demeure:
« il n’y a aucune raison intelligente de mettre de l’argent dans une catégorie d’actif qui ne peut que vous appauvrir à long terme. »

L’obligation gouvernementale canadienne de 10 ans procure un rendement d’environ 1,4-1,5% actuellement. Pour l’acheteur typique, cela signifie qu’au mieux, il aura 1,5% de rendement par année pour les dix prochaines années (pour avoir un rendement plus élevé, il faut que les taux soient significativement plus bas dans 10 ans).

Ce rendement est avant les impôts, l’inflation et les frais (ces derniers peuvent représenter 30% de ce rendement selon le véhicule de placement).

Les épargnants doivent comprendre la différence entre ce qui se passe dans les marchés et leur propre situation. D’abord, les obligations sont perçues comme une valeur refuge par les grands investisseurs institutionnels. Par conséquent, dès qu’il y a un problème dans le monde, dès que l’incertitude prend de l’altitude, les professionnels ont la même réaction (qui rappelle les chiens de Pavlov): ils vendent des actions, réduisant l’importance de cette catégorie d’actif dans leurs portefeuilles et achètent des obligations.

Plus l’incertitude grimpe (ce peut être de nature économique, politique, géo-politique ou financière), plus cette réaction est importante.

Des spéculateurs

Les obligations gouvernementales américaines sont particulièrement prisées ces derniers temps, en raison qu’elles offrent, en plus de la liquidité exceptionnelle du marché US, un rendement plus élevé que bien d’autres obligations gouvernementales ailleurs dans le monde.

Ce qui est en soit incroyable lorsqu’on sait que les obligations 10 ans du gouvernement américain procurent seulement 1,90%.

C’est irrationnel de se lancer automatiquement sur un actif procurant un si piètre potentiel de rendement. Mais ces pros s’en foutent, car ils n’y sont que pour un instant. Dès que le ciel s’éclaircira le moindrement, ils vendront leurs obligations pour acheter des actions.

La vérité, c’est que ce sont des spéculateurs dont la très grande majorité est incapable de battre les indices, ce qui est vrai autant dans le marché des actions que des obligations.

Leur contexte est donc fort différent de celui de l’épargnant sérieux à la recherche d’un actif solide procurant un rendement intéressant ou, au moins, un actif lui permettant de conserver son pouvoir d’achat. Ce qui n’est pas le cas pour les obligations.

Bernard Mooney

 

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