Les leçons du pétrole

Publié le 15/09/2014 à 09:36

Les leçons du pétrole

Publié le 15/09/2014 à 09:36

Photo: Shutterstock

Les prix pétroliers ont atteint de nouveaux creux la semaine dernière, creux pas vus depuis plusieurs mois. Ce qui est un comportement surprenant pour bien des gens.

Pourtant, il ne s’agit que des conséquences logiques du jeu de l’offre et de la demande. Ces forces simples, mais puissantes que les investisseurs ont tendance à oublier trop souvent.

Vendredi, le prix du baril de pétrole West Texas Intermediate a fermé à 91,32$ US, un prix pas vu depuis mai 2013. Il a reculé de 14$US le baril depuis juin.

Son cousin européen, le Brent Crude, se vendait 97,25$US le baril vendredi, croulant sous les 100$US le baril pour la première fois en 16 mois. Il a perdu 15% depuis son sommet de juin.

Les deux catégories de pétrole se retrouvent à peu près au même prix qu’il y a trois ans.

La baisse des prix pétroliers s’explique simplement : la demande est plus faible que prévu et l'offre, plus généreuse.

Par exemple, la semaine dernière, l’International Energy Agency (IEA) a encore une fois abaissé ses prévisions pour la demande pétrolière. «Le ralentissement de la croissance de la demande est remarquable», a souligné l’IEA. Selon ses statistiques, la croissance de la demande sera sous les 500 000 barils par jour lors du deuxième semestre de 2014, sur une base annuelle. C’est la plus faible croissance en un peu plus de deux ans.

Ce qui a poussé l’IEA a révisé ses prévisions pour le reste de 2014 et pour l’an prochain aussi, ce qu’elle a fait à répétition cette année. En août, elle prévoyait une croissance d’un million de barils pour 2014; maintenant c’est 900 000 barils!

Les principales explications à cette baisse du rythme de la demande se retrouvent dans la faible croissance économique en Europe et en Chine.

Du côté de l’offre, la production américaine a atteint un sommet en août pas vu depuis 28 ans. De plus, la Lybie a réussi à augmenter son rythme de production à 800 000 barils par jour alors qu’il était seulement de 200 000 il y a plusieurs mois.

Dans l’ensemble des pays de l’Opep, la production surpasse leurs quotas officiels de 30 millions de barils par jour.

Les conséquences des bonnes années

Dans un geste qui rappelle les plus mauvais jours de ce cartel, l’Arabie saoudite a confirmé la semaine dernière qu’elle avait réduit sa production quotidienne de 400 000 barils dans une tentative pour soutenir les prix.

Quand je dis qu’il s’agit seulement du jeu des forces de l’offre et de la demande, j’exagère un peu. En effet, il est surprenant de voir une telle faiblesse dans les prix pétroliers alors que nous ne sommes pas en récession et que les perspectives de croissance s’améliorent.

En fait, ce marché souffre des conséquences à long terme de ses bonnes années. Qui se rappelle, en 2008, alors que le pétrole avait atteint le sommet ultime de 148$US le baril, des prédictions d’une nouvelle ère caractérisée par des prix constamment en hausse? Il fallait accepter de payer 200$US, voire 300$US le baril, c’était une évidence!

Ceux qui mettaient en doute ce scénario, comme l’auteur de ces lignes, étaient des dinosaures qui vivaient dans le passé.

Ce qui est arrivé depuis n’est pas si remarquable. Les prix élevés ont favorisé, du côté de l’offre, le développement de nouvelles ressources. Et du côté de la demande, ils ont motivé tous les acteurs du monde économique à réduire leur consommation.

Cela a tellement bien marché que le prix du pétrole a chuté de 33% en six ans et les perspectives à court terme ne sont guère réjouissantes…

Bernard Mooney

 

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