Les débuts décevants de Facebook

Publié le 21/05/2012 à 09:36

Les débuts décevants de Facebook

Publié le 21/05/2012 à 09:36

BLOGUE. Les débuts boursiers plutôt sobres, voire décevants de Facebook ne sont pas vraiment le reflet de la qualité de la société. C’est davantage le signe que le marché des premiers appels publics à l’épargne est de plus en plus efficace. Et c’est loin d’être une bonne nouvelle pour les amateurs de ces titres.

En partant, investir dans les premiers appels publics à l’épargne (PAPE) est difficile parce que les dés sont pipés contre les investisseurs. En effet, le vendeur d’actions (la société qui vient en Bourse), avec l’aide des preneurs fermes (des courtiers qui sont rémunérés en pourcentage de la taille de l’émission), choisit le moment idéal pour lui et le prix qui fait son affaire. En général, il vendra des actions lorsque ses perspectives seront glorieuses et lorsque la demande sera au maximum.

Lorsque vous avez beaucoup d’enthousiasme, il est rare que vous aurez un bon prix, «bon» du point de vue de l’acheteur. C’est pour cela que bien des investisseurs perdent leur chemise dans le marché des PAPE.

Malgré cela, si vous regardez l’histoire, vous verrez de très grands succès. Par exemple, Microsoft est venue en Bourse en 1986 à 0,07$US l’action (en tenant compte des fractionnements). Le titre aujourd’hui est à plus de 29$US, 400 fois plus élevé. Cisco Systems est devenue société en Bourse à 0,06$US, en 1990. Le titre est 270 fois plus élevé. Plus récemment, Google a fait son PAPE en 2004 offrant des actions à 85$US. Le titre a sextuplé depuis.

Une des grandes différences, c’est que les PAPE de nos jours sont vendus à des prix laissant de moins en moins de potentiel de hausse aux investisseurs. Il y a 20 ans, malgré les évaluations également élevées, il y a avait une certaine retenue pour procurer un potentiel de rendement rapide.

Par exemple, Microsoft est venue en Bourse avec beaucoup de bruit et fanfare (moins que Facebook toutefois). On savait que ce serait une société dominante (mais pas jusqu’à quel point). Et on a vendu le titre à un prix élevé, mais sans chercher à obtenir jusqu’au dernier sou.

Qui veut parier?

À la clôture de sa première séance, le titre avait terminé à 0,90$US. Je suis convaincu que dans les yeux des dirigeants de l’époque, cela était signe de succès. Aujourd’hui, les preneurs fermes seraient critiqués si un titre avait une telle performance dès la première journée…

Si on compare avec Facebook, on constate que cette dernière est venue en Bourse plus mature, plus grosse et bien plus connue que les exemples mentionnés (à l’exception probablement de Google). Ce qui fait que d’une part, Facebook peut commander une évaluation très généreuse. Si généreuse qu’elle laisse relativement peu de potentiel de gains à l’acheteur.

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