Le coût prohibitif pour lancer un nouveau médicament

Publié le 22/03/2012 à 09:23

Le coût prohibitif pour lancer un nouveau médicament

Publié le 22/03/2012 à 09:23

BLOGUE. Depuis des années, voire des décennies, l’industrie pharmaceutique se targue de produire des médicaments efficaces à coûts élevés, mais justifiables. Une nouvelle étude semble détruire cette prétention.

Selon l’industrie, chaque médicament approuvé coûte en moyenne 1,3 milliard de dollars (G$) US. C’est beaucoup d’argent, mais ce serait fort loin de la réalité. En effet. le magazine Forbes avec l’aide de l’organisme Innothink Center for Research in Biomedical Innovation et de données fournies par Thomson Reuters, a calculé qu’il en coûte plus de 6G$US pour chaque médicament.

En prenant comme échantillon huit des plus importantes sociétés pharmaceutiques sur une période de 15 ans terminée en 2011, Forbes calcule qu’elles ont dépensé un total de 599G$US pour être capables de lancer 96 médicaments approuvés. C’est 6,2G$US en moyenne pour chaque médicament! Ces chiffres tiennent compte de l’inflation.

Par exemple, AstraZeneca a lancé cinq médicaments au coût total de 59G$US, pour une moyenne de 11,8G$ US par médicament. Ce qui est exorbitant lorsqu’on sait que le médicament le plus vendu de toute l’histoire pharmaceutique a réalisé des ventes annuelles de 12G$US, à son sommet.

L’américaine Pfizer a dépensé en moyenne 7,7G$US par médicament pour lancer ses 11 médicaments lors des 15 dernières années.

Le facteur le plus important derrière ces coûts est le taux d’échec élevé. Sur les 10 médicaments qui sont testés sur des humains un seul reçoit l’approbation des autorités.

La plus «efficace» de l’échantillon serait Novartis qui a dépensé en moyenne 4,0G$US par approbation. Merck et Eli Lilly ont également dépensé chacune entre 4 et 5G$US par médicament approuvé.

Si, pour ne citer qu’un exemple, une société comme Eli Lilly, qui dépense environ 5G$US en recherche et développement par année, reçoit une seule approbation pour ces investissements, ce médicament doit être un coup de circuit médical pour réussir à maintenir sa performance financière. Ce qui est impossible.

Dans ce contexte, l’industrie pharmaceutique doit améliorer son efficacité de façon exponentielle pour maintenir son modèle d’affaires à long terme. Sinon, ce dernier est à réinventer complètement!

Bernard Mooney

 

À propos de ce blogue

Chroniqueur au Journal Les Affaires, Bernard Mooney traite de la Bourse sous toutes ses facettes en s’adressant particulièrement aux investisseurs à long terme. Il est connu pour une vision misant sur le gros bon sens.

Bernard Mooney

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