Pourquoi je reste sceptique face aux lignes aériennes

Publié le 05/05/2015 à 08:35

Pourquoi je reste sceptique face aux lignes aériennes

Publié le 05/05/2015 à 08:35

Les transporteurs aériens, autant au Canada qu’aux États-Unis, vivent de belles années. Pourtant, je demeure sceptique à long terme…

Les résultats de WestJet (Tor., WJA, 28$), publiés hier, sont à l’image de cette période glorieuse. Les bénéfices de la ligne aéricnne de Calgary ont augmenté de plus de 50% à son premier trimestre de 2015 sur une progression de 4% de ses revenus. La société a évidemment profité de la baisse des prix pétroliers, sa marge d’exploitation passant de 12,6% au premier trimestre de 2014 à 18,2% à son plus récent trimestre.

Il s'agit d'un trimestre record, supérieur aux attentes. De plus, la direction mentionne qu’elle a réalisé un rendement du capital investi record de 15,8%.

En plus de profiter des bas coûts de l’énergie, WestJet comme Air Canada(Tor., AC), profitent d’un contexte économique relativement favorable et surtout d’une concurrence nettement moins féroce. De plus, les coûts de financement sont presque à zéro!

Meilleurs résultats de leur histoire

C’est encore plus vrai aux États-Unis où la forte consolidation de l’industrie a mis fin aux guerres de prix légendaires qui avaient la réputation de massacrer la rentabilité des lignes aériennes américaines.

Les entreprises du secteur ont donc leurs meilleurs résultats de leur histoire. Par exemple, American Airlines (NY, AAL, 49$US) a triplé ses bénéfices au premier trimestre, à 1,2 milliard de dollars US. Le titre a pratiquement quintuplé en cinq ans.

Cette performance a attiré l’intérêt des investisseurs et gestionnaires. Bill Miller, gestionnaire du fonds Legg Mason Opportunity Trust, a ainsi trois sociétés aériennes parmi ses quatre plus importants placements, au 31 mars (American Airlines avec 4,8% de son portefeuille, United Continental, 4,2% et Delta, 4%). D’autres excellents gestionnaires en ont fait autant.

Pourtant, je reste sceptique. Oui, l’industrie s’est améliorée, il n’y a aucun doute là-dessus. Par contre, elle conserve des caractéristiques qui me repoussent. Par exemple, les sociétés aériennes demeurent très gourmandes en capital et elles offrent des marges bénéficiaires assez minces.

De plus, leur rentabilité repose sur de nombreux facteurs sur lesquels ils n’ont pas le contrôle, comme les prix pétroliers, la force de l’économie, les taux d’intérêt, etc. Ces facteurs sont favorables actuellement, mais ce ne sera pas toujours le cas.

Enfin, l’élément clé à mon avis reste le fait que l’industrie n’a pas encore démontré que les barrières à l’entrée sont très élevées. Il faudra plus d’un cycle pour me convaincre!

Bernard Mooney

 

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