Comment les analystes font leurs prévisions

Publié le 03/08/2010 à 08:29

Comment les analystes font leurs prévisions

Publié le 03/08/2010 à 08:29

Blogue. La semaine dernière, un lecteur de mon blogue a demandé comment les analystes font leurs prévisions. Voici des éléments de réponse :

Supposons que je suis analyste couvrant les sociétés industrielles pour une firme de courtage. Je décide après discussion avec mon patron, de couvrir la société ABC. Ce qui veut dire que je vais passer les prochaines semaines, voire les prochains mois à préparer mon rapport initial de recherche dans lequel je décrirai ses activités et dans lequel je publierai mes prévisions de profits pour les prochains trimestres et prochaines années.

C’est sur la base de ces prévisions que je basesrai ma recommandation sur le titre et mon cours cible.

Mon premier travail sera d’étudier la société, son histoire, sa performance passée, ses réalisations, ses principaux produits et services, ses dirigeants, ses compétiteurs, ses fournisseurs, ses clients, ses employés clés et ses perspectives de croissance.

Pour y arriver, je rencontrerai la direction, des fournisseurs, des clients, des compétiteurs et des spécialistes du secteur.

Je veux arriver à maîtriser toutes ses facettes, incluant son secteur d’activités (ou ses).

Un fois ce travail qualitatif terminé, je me consacrerai à l’aspect financier et quantitatif. Pour ce faire, j’entrerai dans mon chiffrier électronique les données financières des cinq ou même dix derniers exercices (bilan, état des résultat et état de l’évolution de la situation financière).

En analysant les dernières années et les plus récents trimestres, sur la base des tendances récentes dans la société et l’industrie et en me basant sur mon travail sur le terrain, j’établirai un scénario de base quant à la croissance des revenus. Selon la dimension de l’entreprise, je pourrai le faire en y allant division par division ou directement pour la société dans son ensemble.

Selon mes observations quant à la rentabilité de la société, j’établirai un scénario quant aux marges brutes et aux autres éléments de l’état des résultat. Par exemple, si je prévois une faible croissance de 5 % des revenus, en me fiant sur le passé, je peux avoir une bonne idée de l’évolution des marges brutes lorsque la société a une faible progression des revenus. Et en discutant avec les dirigeants quant à leurs intentions, je peux estimer les autres dépenses et descendre dans l’état des résultats jusqu’aux profits avant impôts.

Je fais cela trimestre par trimestre pour les deux ou trois prochains exercices.

Cela me donne des prévisions sur mon chiffrier électronique qu’on appelle un modèle financier. Par la suite, je vais tester la solidité de mon modèle, en comparant mes résultats avec les prévisions des autres analystes sur la rue et en l’envoyant au vice-président finances de la société. Ce dernier ne fera en général aucun commentaire, mais regardera le modèle dans son ensemble pour s’assurer que l’analyste est sur la bonne piste et qu’il ne publiera pas des prévisions qui n’ont aucun sens (la plupart des sociétés acceptent de regarder les modèles des analystes).

Si je constate que j’arrive par exemple à une prévision de bénéfice par action de 1,50 $ pour l’exercice prochain alors que les autres analystes prévoient 0,85 $, je vais retourner à mon chiffrier pour réviser mes chiffres et tenter de voir où provient la différence.

Enfin, sur la base de mes prévisions, et en faisant quelques projections quant aux ratios cours/bénéfices auxquels le titre peut se vendre, j’arriverai à des cours cibles pour les prochains 12 et 24 mois. C’est sur ces cibles par rapport au cours actuel que je baserai ma recommandation.

Bernard Mooney

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