Comment le pétrole affecte votre diversification

Publié le 01/04/2015 à 08:22

Comment le pétrole affecte votre diversification

Publié le 01/04/2015 à 08:22

Photo: Bloomberg

Vous ne le savez probablement pas, mais en raison de la baisse du secteur pétrolier, vous avez encore plus d’argent dans les banques et vous êtes encore moins bien diversifié.

J’ai écrit à plusieurs reprises sur le fait que le marché canadien est spécial, avec sa forte concentration dans deux ou trois secteurs, à savoir les financières et les ressources. Ce qui complique la vie de l’investisseur qui vise une diversification intelligente.

Mais c’est encore pire depuis la récente dégringolade des titres pétroliers. Par exemple, au 31 juillet 2014, le secteur pétrolier représentait 26,1% de l’indice S&P/TSX. À la fin de février, ce n’était plus que 20,8% (formulation qui ne doit pas être comprise comme voulant dire «trop peu», mais plutôt «moins qu’avant»).

Le secteur des matériaux (or, mines et autres ressources) a vu lui passer son poids dans le S&P/TSX passer de 22,8% le 28 février 2011 à 11,7% quatre ans plus tard.

Qui a profité de ces baisses? Il y a d’abord le secteur des services financiers dont l’importance est passée de 28,3% en 2011 à 34,5% le 28 février dernier. Imaginez, je chialais déjà parce qu’il représentait plus de 25% de notre marché. Maintenant, c’est le tiers! Hallucinant.

Le faible poids de la consommation

Les autres secteurs qui ont pris du poids en quatre ans sont ceux liés à la consommation, les titres liés à la consommation discrétionnaire prenant 2,4% à 6,6% et ceux dans le durable 1,3% à 3,67% depuis 2011.

Vous avez certes déjà entendu à plusieurs reprises l’affirmation voulant que le consommateur représente 75% de notre économie. Eh bien, c’est loin d’être vrai à la Bourse canadienne alors que ces deux secteurs, ensemble, représentent seulement 10% du S&P/TSX.

Il est donc difficile pour l’épargnant de se bâtir un portefeuille diversifié canadien, même s’il opte pour la gestion passive. Par exemple, si vous achetez le fonds négocié en Bourse (FNB) reproduisant l’indice S&P/TSX 60 (XIU), vous devez être conscient que 37,5% de ce véhicule est investi dans les banques et les sociétés d’assurance. Votre diversification est donc déficiente.

En fait, la seule façon d’arriver à une bonne diversification est de sortir du pays, et d’acheter des FNB représentant la Bourse américaine, européenne et de pays émergents. Ce qui n’est pas sans risques et difficultés.

Du côté de l’investisseur actif, il devrait faire attention particulièrement au piège du dédoublement de la concentration. En effet, plusieurs participent à des caisses de retraite qui sont investies massivement dans les titres financiers. Et, en plus, les investisseurs ont tendance à favoriser dans leur propre REER les titres des grandes banques.

Le résultat est une surdose bancaire!

Vous devez prendre pour acquis que peu importe le fonds commun d’actions canadiennes (ou même un fonds dit équilibré), celui-ci est rempli de titres financiers. Et en prendre compte lorsque vient le temps d’acheter vos propres titres.

Bernard Mooney

 

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