Ce qu'il faut retenir de l'assemblée de Berkshire

Publié le 02/05/2015 à 22:36

Ce qu'il faut retenir de l'assemblée de Berkshire

Publié le 02/05/2015 à 22:36

Warren Buffett. (Photo: Bloomberg)

Cette année, je n’ai pas assisté à l’assemblée annuelle de Berkshire Hathaway (NY, BRK.B, 143$US) à Omaha. Toutefois, tout ce que je peux en lire me confirme que les dirigeants Warren Buffett et Charles Munger demeurent en pleine possession de leurs moyens. Et cela devrait rassurer tous les actionnaires.

MM. Buffett et Munger, comme c’est leur habitude, ont répondu aux questions de leurs actionnaires, d’analystes financiers et de journalistes pendant plusieurs heures, avec intelligence et diplomatie. Ils ont fait preuve d’une grande maîtrise comme c’est toujours le cas.

En passant, il est difficile de surestimer ce que font, comme si de rien n’était, les deux dirigeants de Berkshire. Les présidents de toutes les sociétés ouvertes en Amérique du Nord, ou presque, voient leur assemblée annuelle comme une corvée qu’ils veulent bâcler le plus rapidement possible. Quelques questions, souvent triées, et oups, à l’année prochaine. «Ça va bien, croyez-nous sur parole», semblent-t-ils vouloir pousser dans la gorge de leurs actionnaires.

L’attitude de MM. Munger et Buffett est à l’opposé, complètement. Et c’est quelque chose de profondément admirable et qu’on a tendance à sous-estimer.

Je ne vous dis pas et je ne veux pas vous faire croire que Warren Buffett apprécie chaque question. Mais il répond avec patience et diplomatie, même lorsque les interrogations sont de qualité douteuse.

Au moins deux éléments importants m’ont frappé. D’abord, c’est leur évaluation du marché de la réassurance, un des plus importants pour Berkshire. Au goût de M. Buffett, ce marché est de plus en plus encombré, dans le sens que de plus en plus de financiers y investissent, et pas toujours pour les bonnes raisons. Cela crée une pression baissière sur les tarifs, les prix n’étant pas toujours rationnels.

Dans cet environnement, il faut s’attendre à ce que Berkshire choisisse de s’abstenir, représentant un vent contraire pour la performance financière de la société. Pour l’actionnaire, c’est une tendance à suivre de près.

Il n’y a pas vraiment de quoi s’inquiéter toutefois, les résultats de Berkshire demeurant très solides, la performance au premier trimestre en étant la plus récente preuve. La société a accru ses bénéfices avant impôts de près de 16% et ses revenus de 7%. Elle a généré près de six milliards de dollars (G$) US durant le trimestre, ce qui fait qu’elle se retrouve avec 63G$US en encaisse au 31 mars (malgré des investissements de 3,4G$US dans ses activités et des acquisitions de près de 4G$US).

C’est ce qu’on appelle une société solide comme il ne s’en fait pas !

Par ailleurs, l’autre élément qui m’a frappé, c’est la réponse de Warren Buffett lorsqu’on lui a demandé s’il était inquiet du niveau élevé de la Bourse dans le contexte des bénéfices des entreprises et de la faible croissance de l’économie. Sa réponse : d’une part, c’est le reflet de «la merveilleuse performance des sociétés américaines». D’autre part, M. Buffett a ajouté que tout dépend de l’évolution des taux d’intérêt. «Si nous continuons avec ces taux d’intérêt, les actions auront l’air d’aubaines!».

Je connais assez M. Buffett pour vous dire que cette réponse signifie qu’il est loin de s’inquiéter du niveau de la Bourse. D’ailleurs, lorsque le marché boursier sera trop élevé et que Warren Buffett le dira haut et fort, bien peu de gens le prendront au sérieux…

Bernard Mooney

Blogues similaires

Canada Goose : le coup de froid

Édition du 26 Janvier 2019 | François Pouliot

CHRONIQUE. Le Canada a bon nom à l'étranger. Utilisons-le pour tenter de donner du levier à nos produits. Bonne ...

Shopify: prochaine victime de la malédiction boursière canadienne?

BLOGUE INVITE. Shopify est-elle différente des Nortel, Research in Motion, Valeant, Barrick Gold et autres?

Les recrues canadiennes sont chères, mais séduisent

Édition du 09 Décembre 2020 | Dominique Beauchamp

ANALYSE. Deux achats de plus de 400 millions de dollars américains (M$ ­US), chacun en une semaine. Il ...