Biotech: on n'a pas les bulles qu'on avait

Publié le 15/04/2014 à 09:04

Biotech: on n'a pas les bulles qu'on avait

Publié le 15/04/2014 à 09:04

Photo: Shutterstock

La dégringolade de plusieurs titres vedettes inscrits au Nasdaq fait beaucoup jaser. Certains parlent entre autres d’une crevaison bienvenue pour le secteur de la biotechnologie. C’est nettement exagéré à mon avis.

D’abord, il y a une différence entre avoir des titres se transigeant à des prix élevés en raison d’attentes élevées et une bulle. Cette dernière est lorsque les cours perdent toute connexion avec la réalité. C’est loin d’être le cas avec les biotechs.

Cela est visible en faisant quelques calculs rapides pour quatre des plus importantes sociétés du secteur, cumulant une valeur boursière de plus de 300 milliards de dollars (G$) US. Et j’ai découvert, non pas des signes de bulle, mais des titres se transigeant à des ratios raisonnables si on considère leur taille et leur qualité.

Par exemple, Amgen, avec une valeur boursière de 85G$US, se vend 13,8 fois ses bénéfices prévus cette année et moins de 13 fois ceux de l’an prochain. C’est raisonnable si on tient compte qu’on prévoit une croissance inférieure à 10% pour les cinq prochaines années.

Biogen Idec, à 279$US, se vend 24,7 fois les bénéfices attendus en 2014 et un peu moins de 20 fois ceux de l’an prochain. Cher? Pas si certain si les attentes d’une croissance de 18% par année pour les cinq prochaines années se réalisent.

De même, Gilead Sciences est le géant du secteur avec une valeur boursière de plus de 100G$US. Le titre se vend 16,6 fois ses bénéfices prévus cette année et 11,2 fois ceux de 2015. Loin d’être exagéré par rapport au 33% de croissance prévue pour les cinq prochaines années.

Enfin, Celgene (56G$US) se vend un peu moins de 19 fois les profits de 2014 et 14,4 fois ceux de 2015 alors qu’on prévoit une croissance de 25%.

Comprenez-moi bien : je ne vous dis pas que ces titres sont des achats. J’en sais rien. Si vous en savez assez sur ces sociétés pour avoir la conviction qu’elles réaliseront ces prévisions, là cela peut être très différent. Je n’ai pas cette expertise.

Toutefois, cet exercice me démontre assez rapidement que tout le placotage concernant une supposée bulle en biotechnologie n’est rien d’autre que cela, du bla-bla. Comme je l’ai mentionné, la belle performance de nombreux titres depuis deux ans a provoqué un plus grand enthousiasme pour la Bourse et une augmentation de la spéculation.

Mais parler de bulle est une grande exagération. S’il y avait bulle, Celgene, pour ne prendre que cet exemple, ne se vendrait pas à 19 fois les profits, mais bien à 20 fois ses revenus! Ça c’est une évaluation qui mériterait qu’on parle de bulle. De plus, s’il y avait bulle bien des experts tenteraient de nous convaincre que nous sommes dans une ère nouvelle….

Il ne faut pas oublier que l’évaluation d’un titre repose sur ses perspectives de profits. En d’autres termes, il est normal que certaines sociétés commandent des ratios cours/bénéfices élevés.

L’analyste Ravi Mehrotra, de Credit Suisse, calcule dans une recherche récente que les grandes sociétés de biotechnologie se vendent moins cher que le S&P 500 sur la base des prévisions de profits de 2016 malgré un rythme de croissance quatre fois supérieur. Ouf…on est loin, très loin d’une bulle….

Bernard Mooney

 

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