Mise à l'essai de l'iPhone 8 : Apple en version augmentée

Publié le 19/09/2017 à 07:00

Mise à l'essai de l'iPhone 8 : Apple en version augmentée

Publié le 19/09/2017 à 07:00

L'endos de verre du iPhone 8 permet de le charger par induction.

Ce nouvel iPhone reprend la même recette qui a fait son succès initial, il y a dix ans. Mais à un important détail près. Prise en mains et explications.


La présentation du premier iPhone en juin 2007 par Apple n'a pas créé l’onde de choc qu’on croit dans l’industrie encore toute naissante de la mobilité informatique. À l’époque, des marques comme HP, Microsoft et Palm ne se doutaient pas que quelque chose de gros était en train de se produire. Aujourd’hui, on sait : au-delà de l’écran tactile, de la navigation web et de la caméra, c’est quand l’App Store s’est ouvert aux applications tierces, un an plus tard, qu’Apple a réellement pris les commandes de la mobilité.


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Un succès qui, dix ans plus tard, trouve son écho avec les iPhone 8 et iPhone 8 Plus. Pour les applications et la photographie, du moins. Pour l’écran, évidemment, c’est l’affichage OLED mur à mur de 5,8 pouces du iPhone X, attendu en novembre, qui se démarque, même si l’affichage TrueTone des deux autres n’est pas désagréable à l’œil pour autant.


Disons simplement que les plus récentes offrandes de modèles Android concurrents signés Essential, LG ou Samsung (et peut-être même Google), tous sans bordure comme l’iPhone X, ont haussé la barre d’un cran, à ce niveau.


Les images de réalité augmentée sont stables et détaillées. C’est convaincant.


Prêt pour la réalité augmentée


Ceux qui n’ont pas le goût d’attendre quelques semaines de plus (ou même quelques mois, si la pénurie annoncée s’avère), ni de payer le prix d’un ordinateur personnel, pour l’écran Super Retina de ce dernier, et pour utiliser sa reconnaissance faciale Face ID, trouveront leur compte avec une ou l’autre des deux versions du nouvel iPhone 8.


Car ce qui fera le succès (ou pas, mais ce serait étonnant) de ces nouveaux modèles, et des autres appareils de la gamme Apple pouvant être animés par la version 11 du système iOS, c’est le rôle que jouera la réalité augmentée dans le marché mobile au fil des prochains mois, voire des prochaines années.


Apple a toujours la cote auprès des développeurs. Et ceux-ci ont très bien reçu la trousse logicielle AR Kit d’Apple, plus tôt cet été. Celle-ci leur permettra de créer des applications de réalité augmentée en tout genre, afin de prendre d’assaut un marché dont les revenus annuels sont appelés à atteindre 90 milliards $US en 2020, selon les plus récentes estimations à ce sujet.


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Vous vous en doutez, l’iPhone 8 donne vie à la réalité augmentée de façon intuitive et étonnamment crédible. À Cupertino la semaine dernière, le VP d’Apple Phil Schiller a vanté la puce A11 Bionic qui anime l’appareil, avec raison : la mécanique ne souffre d’aucun complexe. Tout est fluide et rapide, sans hésitation.


Côté réalité augmentée, il suffit que l’appareil repère le sol afin de produire des images de synthèse qui apparaissent comme autant d’objets réels, au cœur de la pièce où on se trouve. Les images sont stables et détaillées. C’est convaincant. Ça se compare avantageusement à ce qu’on a pu voir, à un stade beaucoup moins fini, du côté de Microsoft et de Google, ces derniers mois.


Les exemples fournis par Apple ont plu aux grands comme aux petits : une application étudiant le cœur humain permet d’en faire le tour et de s’en approcher jusqu’à en étudier le détail des ventricules, de quoi intéresser les futurs médecins encore sur les bancs d’école. Une version bêta d’un futur catalogue d’IKEA permet de meubler (virtuellement) la pièce de son choix, afin de voir si on a un quelconque talent de décorateur (constat: pas moi).


Ainsi de suite. Ces applications sont costaudes (une d’elles faisait 860 mégaoctets!), ce qui encourage évidemment à s’équiper d’un iPhone ayant un espace de stockage abondant, un détail qui en fera pester plus d’un vu l’éternelle absence d’une fente SD et la surprime des versions à 256 go du iPhone 8 et iPhone 8 Plus.




Une application photo audacieuse… mais en partie incomplète


Les caméras sont les autres nouveautés de ces appareils, et il va sans dire que la combinaison du grand angle et du téléobjectif du iPhone 8 Plus est la formule la plus attrayante. Elle partage quelques caractéristiques avec celle du iPhone X, d’ailleurs. Dans les deux cas, les images font 12 mégapixels. L’iPhone X risque de mieux s’en tirer en situation de faible luminosité, laissant entrer plus de lumière, et ayant un stabilisateur optique double (seul le grand angle est stabilisé sur l’iPhone 8 Plus).


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Pour se démarquer des rivaux à système Android qui ont intégré la photo portrait à fond flou, Apple a ajouté quelques modes «dignes d’un studio» à son application Caméra. Ces modes sont en bêta, avertit-on, et on fait bien de le faire, car le résultat varie fort d’un cliché à l’autre. Les photos plus traditionnelles, elles, n’ont pas grand-chose à se reprocher, leurs détails étant généralement nets et colorés. Du côté de la vidéo, le mode 4K grimpe à 60 images/seconde, ce qui n’est pas nécessaire dans tous les cas, et qui nécessite là encore de bien gérer l’espace de stockage.


On aurait aimé comparer côte à côte avec le Galaxy Note 8, qui offre certains réglages du mode portrait inédits chez Apple, mais ça n’a pas été possible. Ça va se disputer au sommet du palmarès des meilleurs téléphones-appareils photo de 2017…


portrait


(Photo: Un des nouveaux modes «portrait» du iPhone 8 Plus, pas toujours au point, mais tout de même compatible avec les miroirs...)


Un iPhone pour tous les budgets


On a fait grand cas du prix exorbitant auquel sera vendu l'iPhone cet automne. Avec raison : un iPhone X à 1319$, ça frappe l’imaginaire. Mais on peut en dire autant de l’ensemble du marché de la mobilité, qui a globalement haussé ses prix en 2017. Les Galaxy S8, S8+ et Note 8 sont eux aussi pas mal onéreux, tout comme le LG V30…


Bref, il ne semble pas y avoir d’aubaine en ce moment dans la mobilité. À moins d’opter pour un forfait de 2 ans, probablement un moindre mal. Et de laisser tomber les accessoires, comme l’éventuelle Apple Watch Series 3 (fort attrayante pour les gens souffrant du syndrome «fomo», la fameuse anxiété de rater quelque chose), ou les écouteurs sans fil AirPods (probablement les plus attrayants dans leur catégorie).


Du côté du iPhone 8, ça se traduit par un prix de 229$, ce qui n’est pas bien différent des années précédentes. Passer d’un iPhone 6 à un iPhone 8, à ce prix, on hérite d’une imperméabilité pas mal complète, d’un écran et d’un endos en verre «le plus durable sur un iPhone» et à la compatibilité avec les chargeurs sans fil Qi, tellement répandus qu’on en trouve déjà dans plusieurs automobiles. Ça grimpe à 360$ pour un iPhone 8 Plus. Ajoutez 200$ pour rehausser la mémoire à 256 go, dans les deux cas.


iPhone 8 ou… 8 iPhone?


À noter au passage qu’Apple a revu à la baisse le prix de ses modèles plus anciens la semaine dernière. Ça va du petit iPhone SE et des iPhones 6 et 6S à offerts gratuitement avec forfait de 2 ans, aux iPhone 6S Plus et iPhone 7 à 50$, au iPhone 7 Plus à 200$. En comptant l’iPhone X, ce sont huit téléphones qu’Apple offrira dans les mois à venir.


Ceux qui doutent de sa capacité à en vendre 244 millions d’exemplaires ont besoin de bien feuilleter le catalogue des fournisseurs de sans-fil pour voir à quel point Apple y est bien positionnée…


En prime, les applications de réalité augmentée sont compatibles avec tous avec ces appareils. Ils n’ont peut-être pas la fluidité d’un iPhone 8, mais ils vous permettront au moins de voir de quoi il en retourne. Et, pourquoi pas, d’assister à l’émergence d’une nouvelle technologie particulièrement prometteuse.


C’est presque comme en 2007… mais en version augmentée.


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À propos de ce blogue

Autrefois, on appelait ça de l'électronique mais de nos jours, les nouvelles technologies vont bien au-delà des transistors et des circuits imprimés. Des transactions bancaires à l'écoute en rafale d'émissions de télé les plus populaires, la technologie est omniprésente. Et elle comporte son lot de questionnements. Journaliste spécialiste des technologies depuis bien avant l'avénement du premier téléphone intelligent, Alain McKenna a observé cette évolution sous tous ses angles et livre ici ses impressions sur le sujet.

Alain McKenna
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