Google Home : la voix officielle de votre maison connectée… en français svp!

Publié le 27/06/2017 à 13:33

Google Home : la voix officielle de votre maison connectée… en français svp!

Publié le 27/06/2017 à 13:33

L'enceinte connectée Google Home. (Photo: Alain McKenna)

Alexa est en train de voler le marché des assistants vocaux aux États-Unis, mais chez nous, c’est l’Assistant Google qui débarque en premier.


Axé exclusivement sur le web il n’y a pas encore très longtemps, Google est désormais un joueur à part entière du marché des appareils électroniques. À ses téléphones Pixel et Pixel XL se sont ajoutés les routeurs WiFi, plus tôt ce printemps. Cette semaine, c’est le Google Home, une enceinte connectée pour la maison, qui débarque dans les boutiques spécialisées du Canada et du Québec.


Le Google Home était déjà vendu chez nous voisins du sud. Même chose pour la gamme d’appareils Echo, d’Amazon, qui donnent vie à Alexa, son propre assistant vocal.


Ce qui rend le Google Home intéressant, c’est qu’il s’agit du premier appareil du genre à offrir la commande vocale en français. En français canadien, pour être plus exact. Ceux qui ont remarqué ces derniers mois que la voix de navigation de Google Maps avait pris un léger accent québécois ne s’y perdront pas : c’est la même «personne» qui nous parle à partir du Google Home.


Le volume s'ajuste d'un glissement du doigt, au besoin. (Photo: Alain McKenna)


Musique, recherche web, et maison connectée


Dans l’ordre, le Google Home est d’abord une petite enceinte connectée (avec surface tactile au haut de l’appareil) qui permet d’écouter la musique tirée de services web comme Google Play Musique, Spotify et TuneIn Radio. C’est ensuite un appareil permettant de faire certaines recherches en ligne, qu’il s’agisse de faire des conversions d’unités, d’en savoir plus sur le prochain match de l’Impact de Montréal, ou de découvrir les raisons pour lesquelles Montréal fête ses 375 ans cette année.


Enfin, c’est la porte d’entrée vers un monde d’automatisation encore tout naissant, puisque Google propose aux concepteurs d’appareils connectés et d’applications mobiles une trousse logicielle permettant de créer des commandes vocales (que Google appelle ses «Actions») pour leurs propres applications, services ou appareils connectés. On peut d’ores et déjà commander les ampoules Hue, de Philips, avec la voix, notamment, en disant simplement : «Ok Google, éteins les lumières du salon».


C’est évidemment là où ces assistants vocaux promettent la plus grande transformation de notre quotidien : bien paramétré, un Google Home (ou un Echo d’Amazon, ou même l’éventuel HomePod d’Apple) fera office de télécommande vocale pour tout ce qui peut être connecté à Internet dans la maison.


Ça va jusqu’aux chaînes stéréo et téléviseurs, puisque le Google Home s’agence parfaitement bien avec les clés Chromecast et Chromecast Audio afin de diriger l’image et le son d’une vidéo tirée de Netflix, Youtube ou autre vers l’appareil de son choix.


Évidemment, on aurait aussi accepté une simple connexion Bluetooth afin d’y jumeler ses propres haut-parleurs, comme il est possible de le faire avec un Echo Dot d’Amazon, par exemple. On aurait aussi aimé pouvoir personnaliser la commande «Ok Google», qui éveille tous les appareils de la pièce (incluant les téléphones Android dotés de l’application Google Now).


Des limites de la langue française aux limites de la technologie


Une étude révélait récemment que d’ici 40 ans, les assistants vocaux comme Alexa, Cortana, Siri et l’Assistant Google risquent de provoquer une disparition marquée des accents régionaux. Un peu comme la radio et la télé l’ont fait, plus régionalement, au siècle dernier.


Le croyez-vous? Que ce soit le cas ou pas, aucun souci : l’Assistant Google comprend très bien les commandes énoncées en un québécois tout à fait naturel (voire même pas naturel du tout, articulé autour d’un stylo coincé entre les dents). On peut même lui demander des traductions vers l’anglais, l’espagnol ou l’allemand, et vice versa.


La limite, à ce niveau, se situe du côté de la portion «artificielle» de son intelligence : on ne peut pas commander des appareils dont l’Assistant Google n’a pas connaissance. Et tant que les développeurs (aidés par Google, tout de même) n’ont pas programmé leurs outils afin qu’ils comprennent la langue de Molière, aucune chance qu’on puisse lui apprendre nous-mêmes.


L’apprentissage machine a ses limites, il faut croire…


Une qualité sonore moyenne


À ce chapitre, le Google Home en français en a plusieurs. Les plugiciels qui rendent l’appareil réellement polyvalent (outre les applications d’automatisation comme IFTTT, Tasker ou autres) sont pour le moment exclusivement accessibles en anglais (comme Pandora, qui est en plus géobloqué pour n’être accessible qu’à partir des États-Unis, chose que l’Echo d’Amazon permet de contourner, avis aux intéressés…).


Ce qui fait que l’appareil ne peut être considéré autrement que comme une enceinte connectée, pour le moment. La première en son genre à parler français, ce qui est un gros plus. Et ce qui attirera les bidouilleurs, et ceux qui désirent être les premiers à profiter de cette nouvelle interface fort prometteuse.


Mais à ce titre, on aurait aimé que le haut-parleur produise un son de meilleure qualité que l’équivalent du son d’une radio FM du début des années 90. Une enceinte Sonos 1 coûte 70 $ de plus (180 vs 250 dollars), mais livre un son si riche qu’il vaut amplement la surprime, malgré l’absence d’une commande vocale.


Un Chromecast Audio (ou une chaîne stéréo compatible avec ce protocole qui permet de transmettre le son, sans fil, d'un appareil mobile à une chaîne stéréo) est donc chaudement recommandé…


 


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À propos de ce blogue

Autrefois, on appelait ça de l'électronique mais de nos jours, les nouvelles technologies vont bien au-delà des transistors et des circuits imprimés. Des transactions bancaires à l'écoute en rafale d'émissions de télé les plus populaires, la technologie est omniprésente. Et elle comporte son lot de questionnements. Journaliste spécialiste des technologies depuis bien avant l'avénement du premier téléphone intelligent, Alain McKenna a observé cette évolution sous tous ses angles et livre ici ses impressions sur le sujet.

Alain McKenna
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