Google, Facebook et... Montréal, les trois pôles de l'intelligence artificielle

Publié le 04/07/2016 à 12:42

Google, Facebook et... Montréal, les trois pôles de l'intelligence artificielle

Publié le 04/07/2016 à 12:42

Les agents de conversation robotisés annoncent l'émergence d'une nouvelle plateforme internet, l'intelligence artificielle. (Photo: Shutterstock)

BLOGUE. Après Google, Facebook (Nasdaq, FB) et Apple (Nasdaq, AAPL), la prochaine entreprise appelée à dominer le secteur technologique mondial pourrait bien être montréalaise. La métropole québécoise est bien nantie dans ce qui risque fort d'être la prochaine grande révolution technologique: l'intelligence artificielle.


C'est du moins ce que pense un poids lourd de l'investissement d'amorçage et de capital-risque de la métropole québécoise.


En gros, Google a organisé le web, puis Facebook a pris le contrôle du mobile. Avec les agents de conversation robotisés, on voit déjà l'émergence d'une nouvelle plateforme, l'intelligence artificielle, qui prendra assise sur ses deux prédécesseures.


Tony Stark avait raison


La première vague prend la forme d'agents indépendants, créés par des fournisseurs de services. La prochaine étape? «Des agents qui aident à communiquer avec eux, et avec son environnement, plus rapidement, plus simplement», estime Jean-Sébastien Cournoyer, partenaire à la firme d'investissement Real Ventures, à Montréal.


Littéralement, le Jarvis de Tony Stark, dans Iron Man.


Exemple: vous devez vous déplacer à Denver pour une conférence sur le marché potentiel du cannabis (ne riez pas, ça va venir). Ça prend des billets d'avion, une chambre d'hôtel, une liste de restaurants et de cafés, des contacts sur place, des réservations, des achats, un peu de course à pied, du temps de relaxation…


Bref, ça demande une certaine logistique. Avec des agents conversationnels intégrés à leur messagerie instantanée, Kik et Facebook Messenger offrent une forme de solution, encore incomplète.


À sa récente conférence pour développeurs, Apple a dévoilé son intention d'aller dans le même sens: acheter des billets d'avion, réserver une chambre d'hôtel, commander au resto peut se faire en textant ou en clavardant.


Mais ça reste encore du cas par cas.


La prochaine étape est d'intégrer tout ça en un seul et unique assistant personnel assez articulé pour comprendre tout ce qu'on sous-entend quand on dit «je dois aller à Denver le weekend prochain, arrange-moi ça».


«Un agent comme celui-là ira jusqu'à comparer les intérêts et les affinités d'autres gens que vous allez croiser et vous proposera de les rencontrer, bâtissant un réseau de contacts à partir de vos points en commun.» En d'autres mots, Facebook 2.0, prédit M. Cournoyer.


Un Top 3 de l'IA à Montréal


Si ça sonne plus comme une prédiction qu'une fiction, c'est qu'on qu'on sent un engouement pour l'intelligence artificielle, ces jours-ci, similaire à celui qui a précédé l'arrivée de l'App Store, d'Apple, il y a 8 ans.


Ça se discute de plus en plus depuis deux ans: Montréal pourrait devenir un pôle important dans l'émergence de l'intelligence artificielle.


Le gestionnaire de Real Ventures abonde dans le même sens. «Il y a trois grands penseurs dans ce créneau, et le seul des trois qui n'ait pas encore vendu son âme à Google ou Facebook, est présentement à l'université de Montréal.»


Geoffrey Hinton, professeur à l'Université de Toronto, surnommé le «parrain» du deep learning (apprentissage profond), supervise la création d'une inteligence artificielle chez Google. On a récemment vu le succès de l'opération quand AlphaGo a vaincu Lee Sedol, champion de go, le printemps dernier, chose qu'on croyait improbable.


Yann LeCun, un étudiant de Hinton aujourd'hui à l'Université de New York, joue depuis 3 ans le même rôle chez Facebook, dans son groupe de développement d'intelligence articifielle.


Yoshua Bengio, pour sa part, est professeur titulaire du Département d'Informatique et Recherche Opérationnelle à l'Université de Montréal. Il est aussi chef du Laboratoire d'Informatique des systèmes adaptatifs «MILA», qui se concentre sur le «machine learning» (apprentissage automatique). C'est un des plus importants laboratoires du genre dans le monde, sinon le plus important.


L'organisme ContactMTL a réalisé une entrevue avec M. Bengio qui résume bien sa perception de Montréal et des startups locales dans le monde tout naissant de l'intelligence artificielle:


C'est là où Jean-Sébastien Cournoyer place une énigme dans la conversation: «En tout cas chez Real Ventures, on travaille là-dessus depuis plus d'un an, et on a des grosses annonces qui s'en viennent.»


Si c'est le cas, il faudra plus que des sites web transactionnels et applications mobiles... L'avenir se jouera dans l'intelligence artificielle, et elle sera peut-être montréalaise!





 

À propos de ce blogue

Autrefois, on appelait ça de l'électronique mais de nos jours, les nouvelles technologies vont bien au-delà des transistors et des circuits imprimés. Des transactions bancaires à l'écoute en rafale d'émissions de télé les plus populaires, la technologie est omniprésente. Et elle comporte son lot de questionnements. Journaliste spécialiste des technologies depuis bien avant l'avénement du premier téléphone intelligent, Alain McKenna a observé cette évolution sous tous ses angles et livre ici ses impressions sur le sujet.

Alain McKenna
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