Voici pourquoi il faut recommencer à prendre BlackBerry au sérieux

Publié le 24/05/2017 à 14:02

Voici pourquoi il faut recommencer à prendre BlackBerry au sérieux

Publié le 24/05/2017 à 14:02

Le BlackBerry KEYone de TCL débarque au Canada le 31 mai prochain. (Photo: Alain McKenna)

Doit-on déjà parler de renaissance?


En acquérant les droits mondiaux sur la marque de commerce BlackBerry (sauf en Inde), TCL fait d’une pierre deux coups : elle hérite de la longue réputation de sécurité des produits de la marque canadienne, tout en ajoutant une deuxième gamme plus sérieuse de produits mobiles à son catalogue jusque-là exclusivement constitué d’appareils Alcatel.


Si on avait à résumer ce paragraphe en un seul et unique produit, ce serait assez facile puisqu’on l’a sous la main depuis deux semaines : il s’agit du BlackBerry KEYone. Un appareil à système Android dont l’écran tactile surplombe un clavier alphanumérique typique de la marque. De quoi ajouter à la confusion que certains éprouvent à l'égard de la marque canadienne!


C’est, pour ainsi dire, le BlackBerry 8800 des années 2010 : un appareil polyvalent mais pas très puissant, bien ficelé, doté d’une pile de grande capacité lui assurant une autonomie supérieure à la moyenne (26h). Il débarque au Canada la semaine prochaine (31 mai), mais déjà, TCL se félicite du succès du KEYone en Angleterre, où il est en rupture de stocks. Avec le Canada, la fière Albion a toujours été un marché fétiche pour BlackBerry.


Pas de VR ni de gadgets


Pour paraphraser TCL, le KEYone s’adresse aux «communicateurs en puissance». Pas aux joueurs, ni aux Youtubers. L’appareil n’a aucune intention de s’insérer dans un casque de réalité virtuelle, ou de vous piquer un brin de jasette à propos de l’état de vos ampoules connectées. Les fashionistas pourraient aussi sourciller à la vue de ce boîtier lourdaud et pas très compact.


En revanche, il est doté de la même suite d’applications BlackBerry pour Android que les DTek50 et DTek60 avant lui, ce dont se réjouiront les habitués du fameux Hub, le volet intégrant toutes les communications imaginables d’un seul coup (courriels, messageries, réseaux sociaux, etc. Tout!). Ça lui assure aussi un niveau de sécurité bien supérieur à celui d’un Android conventionnel. «C’est le téléphone Android le plus sûr sur la planète», clame d’ailleurs son fabricant.


Il hérite aussi d’un appareil photo de bonne qualité. Son objectif a été conçu par Sony, et il partage le capteur du Pixel, de Google. À l’ère d’Instagram et de Snapchat, c’est la moindre des choses!


Sous le capot, le processeur Snapdragon 635 de Qualcomm est de mise. Il est calibré pour l’endurance plus que pour le muscle, et on s’en rend rapidement compte : malgré ses huit cœurs, il s’essouffle rapidement à la (multi)tâche, mais il livre une bonne journée et demie d’effort avant de nécessiter une petite recharge. Ses 32 go de stockage interne aussi sont un peu justes. Mais pour ça, pas de souci : une fente Micro SD permet d’ajouter jusqu’à 200 go de stockage additionnel.



Tactile et tactile


L’écran fait 4,5 pouces de diagonale et compte 1620 x 1080 pixels. Il est tactile, tout comme le clavier qui se trouve juste en-dessous. Les touches du clavier sont étroites et serrées, mais on peut glisser le pouce sur leur surface pour générer certains raccourcis fort utiles, comme le défilement de ces longs courriels qu’aiment s’envoyer les gens d’affaires.


Ce clavier, comme tous les autres avant lui, est l’élément le plus subjectif de l’affaire : on aime, ou on déteste. À l’heure où les claviers virtuels permettent de glisser le doigt à l’écran et d’entrer du texte plus rapidement que sur un clavier d’ordinateur, on peut se demander si un mini-pavé comme celui du KEYone est encore pertinent.


À chacun son interface. TCL espère que plusieurs millions de personnes préfèrent cette interface à d’autres, moins classiques. Ce sera à eux de décider. Pour ce faire, ils devront débourser au bas mot 200 $ avec entente de 2 ans auprès de leur fournisseur, à moins que TCL ne décide de vendre un KEYone déverrouillé au plein prix, ce dont il est permis de douter.


Le miracle BlackBerry


Avec ce nouveau venu, le fabricant chinois relance une marque qui a déjà connu sa part de succès. D’autres appareils s’ajouteront à la gamme. La stratégie est simple : cibler des utilisateurs précis avec des appareils conçus exprès pour leurs besoins spécifiques. Pas de tout-en-un sans saveur, comme on en compte tant dans l’univers des appareils Android. À ce jeu, le KEYone touche la cible : voilà un outil axé sur la communication avant tout.


Reste à voir quelle sera la suite des choses, mais la marque aura ainsi droit à un nouvel élan. La société de Waterloo aussi, incidemment, est en train de sortir la tête de l’eau. La semaine dernière, un analyste de la firme australienne Macquarie a prédit que la valeur de BlackBerry quadruplerait, d’ici 2020, faisant bondir son action de 11,30 $US (ce matin) à 45 $US.


Si TCL arrive à insuffler le même enthousiasme avec ses mobiles, ce sera deux en deux pour John Chen, le PDG de BlackBerry qui a orchestré cette séparation entre les logiciels et les combinés.


Alors là, on pourra résolument parler du miracle BlackBerry!




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À propos de ce blogue

Autrefois, on appelait ça de l'électronique mais de nos jours, les nouvelles technologies vont bien au-delà des transistors et des circuits imprimés. Des transactions bancaires à l'écoute en rafale d'émissions de télé les plus populaires, la technologie est omniprésente. Et elle comporte son lot de questionnements. Journaliste spécialiste des technologies depuis bien avant l'avénement du premier téléphone intelligent, Alain McKenna a observé cette évolution sous tous ses angles et livre ici ses impressions sur le sujet.

Alain McKenna
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