Le gros bon sens

Publié le 16/09/2011 à 11:34, mis à jour le 16/09/2011 à 11:40

Le gros bon sens

Publié le 16/09/2011 à 11:34, mis à jour le 16/09/2011 à 11:40

BLOGUE. « Le bon sens, tout le monde en a besoin, peu l'ont, et chacun croit l'avoir » - Benjamin Franklin.

Le gros bon sens, ou ce qu’on définit de façon plus générale comme étant le jugement, est la compétence la plus recherchée lors du recrutement d’un administrateur de sociétés. C’est ce qui ressort d’un sondage mené au Québec en 2010 auprès de présidents de conseil d’administration de sociétés cotées en bourse et qui ont affirmé que le jugement permet à l’administrateur d’être plus efficace.

Quelle est la définition du jugement dans le contexte d’un administrateur?

• La capacité de prendre des décisions dans un contexte donné sans avoir tous les faits à la portée de la main;

• Avoir le recul nécessaire pour poser des questions pertinentes et offrir une perspective différente;

• Le courage de ne pas tomber sous le charme des solutions populaires et tendancières;

• L’instinct d’éviter les risques inutiles;

• Prévenir les conflits d’intérêts;

• Ne pas répéter la même erreur deux fois.

Est-ce que le jugement est une compétence innée ou peut-on la développer ? Les deux affirmations sont vraies.

Le jugement s’exprime différemment pour chaque individu selon son vécu, sa personnalité et ses connaissances. Certaines personnes ont un jugement clair alors que d’autres font preuve d’un manque flagrant de jugement, et ce, malgré leur statut social et leur niveau d’éducation. Donc, on pourrait croire que le jugement est inné pour certaines personnes et pour d’autres non.

Une situation fréquente où un administrateur manque de jugement est liée aux conflits d’intérêts. À titre d’exemple, certains administrateurs ont tendance à favoriser un ami pour lui confier des mandats de consultation ou encore vont parfois faire passer leurs intérêts personnels avant ceux de l’entreprise. Dans tous ces cas, alors qu’ils sont dénoncés publiquement, on dira qu’ils ont manqué de gros bon sens.

Puis, le jugement peut se développer. L’éducation aide à avoir un jugement plus raffiné, mais les niveaux de scolarité ne sont pas garants d’un bon jugement. Un gestionnaire qui possède un doctorat peut aussi faire preuve d’un manque de jugement.

Toutefois, on remarque que l’élément le plus déterminant pour exercer un bon jugement est l’expérience vécue. Un jeune de 30 ans n’aura pas le même jugement qu’un vétéran de 60 ans. Plus la personne a surmonté des situations différentes et éprouvantes comme gestionnaire, plus il deviendra un administrateur efficace qui saura utiliser son jugement. C’est ce qui explique en grande partie pourquoi les présidents d’entreprises sont activement sollicités pour se joindre à un conseil d’administration. Au cours de leur carrière, ils auront accumulé de nombreuses expériences et pourront partager leurs succès, échecs et façons de faire.

À la lumière de ces faits, nous pouvons donc conclure que le gros bon sens aura toujours une valeur de premier plan au sein des conseils d’administration et ceux-ci peuvent éviter des dérapages et de la mauvaise gestion en considérant d’abord cet élément.

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À propos du blogue "Leaders en action" :

Le blogue Leaders en action, animé par Monsieur Richard Joly, se veut un carnet d’échange sur les sujets d’actualité qui touchent la gouvernance d’entreprise et le leadership. M. Joly mène une carrière au sein de l’industrie du recrutement de cadres supérieurs. Président et fondateur de Leaders & Cie, il a su propulser l’entreprise pour en faire un chef de file des plus respecté dans son domaine pour ses études sur le capital humain. Il possède une vaste expérience à titre de consultant auprès des administrateurs de sociétés et de chefs de la direction. Il a dirigé plus de 350 mandats de recrutement de hauts dirigeants au cours des 14 dernières années. Expert en gouvernance d’entreprise, il s’intéresse de près à l’efficacité des conseils d’administration ainsi qu’au développement du capital humain.

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