Élections Québec 2012-Le rapatriement de l’assurance-emploi : s’affirmer pour s’entraider

Publié le 11/08/2012 à 13:21

Élections Québec 2012-Le rapatriement de l’assurance-emploi : s’affirmer pour s’entraider

Publié le 11/08/2012 à 13:21

La proposition du Parti Québécois de rapatrier l’assurance-emploi ne relève pas d’une supposée volonté de nous chicaner avec Ottawa, message que véhiculent ad nauseam les fédéralistes de la CAQ et du PLQ. En fait, à nos yeux, le rapatriement du régime d’assurance-emploi relève de l’urgence nationale. Au cours des dernières années, le gouvernement conservateur a non seulement refusé les bonifications proposées majoritairement par les parlementaires fédéraux à l’initiative du Bloc Québécois, mais en plus, il a imposé de nouvelles contraintes aux prestataires d’assurance-emploi.

Selon le dernier rapport de contrôle et d’évaluation de l’assurance-emploi, plus de 46 % des chômeurs n’ont toujours pas accès à l’assurance-emploi. Les conservateurs refusent d’en faciliter l’accessibilité, pire, les mesures qu’ils ont imposées rendront la vie encore plus difficile aux chômeurs.

Désormais, les prestataires d’assurance-emploi seront obligés d’accepter un emploi dans un champ d’activité qui n’est pas le leur si la tâche est semblable. Ils doivent aussi fournir quotidiennement des preuves de leur recherche d’emploi et accepter un travail dans un rayon d’une heure, sinon plus, de déplacement de leur domicile.

Plus encore, les travailleurs saisonniers qui, par la nature même de leur emploi, sont fréquemment en chômage seront obligés d’accepter des emplois à salaire inférieur. Rappelons que le travail saisonnier est une part essentielle de l’économie québécoise : le tourisme, la foresterie, les pêches, la construction, l’agriculture sont de bons exemples.

À terme, ce genre de politique découragera la relève dans les secteurs saisonniers qui, souvent, sont concentrés en région. Plutôt que de s’attaquer au chômage, le gouvernement conservateur a décidé de s’attaquer aux chômeurs. Plutôt que d’appuyer les régions, le gouvernement conservateur veut les vider de leurs forces vives. Ça ne peut plus durer.

La proposition de rapatrier le régime d’assurance-emploi sert les intérêts des Québécois : nous ne devons rien attendre d’un gouvernement rétrograde qui s’attaque à nos gens au moment où ils sont le plus vulnérables.

Ce n’est pas pour rien que plus de 70 municipalités du Québec ont voté une résolution en faveur du rapatriement du régime d’assurance-emploi; ce n’est pas pour rien que le Conseil national des chômeurs fait une campagne pour rapatrier l’assurance-emploi et ce n’est pas pour rien que les TCA, la FIQ, la FAE et bon nombre d’autres représentants du milieu du travail sont favorables à ce rapatriement.

Depuis la réforme libérale de l’assurance-emploi en 1990, le régime d’assurance-emploi a engrangé des surplus de près de 60 milliards de dollars qu’Ottawa a détournés pour éliminer son déficit et payer une partie de sa dette. Les conservateurs qui avaient dénoncé ce vol de la caisse d’assurance-emploi l’ont effacé une fois au pouvoir, trahissant leurs promesses et les cotisants. Abusés et abandonnés par Ottawa, les chômeurs ont besoin d’un régime qui correspond à leurs besoins; le Québec a besoin d’un régime qui correspond à ses valeurs.

Le Parti Québécois s’engage à négocier avec Ottawa le rapatriement du programme d’assurance-emploi et à créer une caisse autonome afin de s’assurer que l’argent des cotisants ne serve qu’à l’assurance-emploi. Notre régime d’assurance-emploi sera plus accessible, plus humain, plus équitable. Voilà ce que signifie pour le Parti Québécois s’affirmer, s’enrichir et s’entraider. C’est le choix que nous faisons, celui d’un Québec plus fort, plus beau, plus solidaire.

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LesAffaires.com offre une tribune à chaque parti politique pour faire connaître leur vision économique. Docteur en économie de l’université Queen’s, Nicolas Marceau est député de la circonscription de Rousseau depuis 2009. Il est aussi reconnu pour son engagement communautaire. Il est porte-parole officiel du Parti québécois en matière de finances.

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