Risque de change : la tactique à court terme est déterminante

Publié le 24/10/2009 à 00:00

Risque de change : la tactique à court terme est déterminante

Publié le 24/10/2009 à 00:00

La gestion du risque de change est plus que jamais un enjeu crucial pour les entreprises canadiennes, qui composent déjà avec les effets négatifs de la récession.

Les diverses stratégies de gestion du risque de change donnent le même résultat à long terme. Mais ce n'est pas le cas à court terme, et le choix de la meilleure solution a alors une grande influence sur la rentabilité de l'entreprise, dit François Barrière, vice-président, développement des affaires et marchés internationaux, de la Banque Laurentienne.

" Il faut évaluer minutieusement ce risque en le considérant individuellement et dans l'ensemble de la stratégie de l'entreprise, afin de déterminer quelle sera la meilleure solution pour réduire le risque global ", a expliqué M. Barrière, conférencier à la Grande Conférence Les Affaires portant sur l'optimisation de la gestion des liquidités et l'accès au financement, qui a eu lieu à Montréal le 14 octobre.

Des résultats comparables à long terme, mais pas à court terme

M. Barrière a comparé les résultats de cinq stratégies pour couvrir les risques de change au cours des 16 dernières années : vente en disponible (spot) au taux du jour, vente à terme d'un an, vente à terme variable d'un an, achat d'une option de vente sur le dollar américain et achat d'un contrat d'un an au taux du début de l'année précédente.

Première constatation surprenante : pour la période de 1993 à 2008, le coût moyen du dollar américain varie de 1,3450 $ pour la stratégie ayant donné le meilleur résultat (vente spot), à 1,3568 $ pour celle qui a procuré le pire (vente à terme d'un an), soit une différence d'à peine 0,4 %.

Par contre, sur une année, " il peut y avoir des écarts variant de 10 à 13,3 % selon la couverture choisie par l'entreprise ", souligne M. Barrière. Il a d'ailleurs noté d'importants écarts en 1998, 2003 et 2008. En 1998, le pire scénario, l'achat d'un contrat d'un an au taux du début de l'année précédente, coûtait en moyenne 1,5062 $, alors qu'un contrat à terme se négociait à 1,3598 $, un écart de 10,8 %.

En 2003, l'écart entre le meilleur et le pire scénario a atteint 13 %. L'an dernier, l'écart s'établissait même à 13,3 % (vente à terme variable d'un an à 1,0607 $ comparativement à un contrat d'un an au taux du début de l'année précédente à 1,209 $).

Réduire le risque par des tests de stress

" Dans un secteur comme le commerce de détail, la stratégie de couverture fait toute la différence entre la réussite et l'échec d'une entreprise. Les marges bénéficiaires sont si minces qu'un écart de 13 % entre la meilleure et la pire stratégie peut sonner le glas d'une entreprise ", dit M. Barrière.

" Les entreprises doivent arriver à mesurer les impacts favorables ou défavorables du taux de change. Les tests de stress représentent une bonne manière de prévenir les chocs. Par exemple, reproduisez les effets sur vos affaires d'une hausse ou d'une baisse du dollar canadien de 10, 20 ou 30 % en trois mois ", explique M. Barrière.

À partir de ce test, les différents services de l'entreprise (marketing, production) évaluent combien de mois il leur faudra pour s'adapter à ces scénarios. La durée de la période d'adaptation déterminera le choix de la couverture.

Comment détermine-t-on la meilleure option ? " Je recommande de procéder par élimination, c'est-à-dire de laisser de côté les pires scénarios de couverture et d'opter pour ceux que la direction de l'entreprise est le plus susceptible d'accepter ", dit le spécialiste.

Le dollar américain remontera en 2010

François Barrière estime que le huard atteindra la parité avec le dollar américain, mais que celle-ci sera de courte durée.

" L'année 2010 sera celle du dollar américain. Il remontera la pente au cours des prochains mois; le dollar canadien vaudra alors autour de 0,90 $ US. "

lesaffaires.redaction@transcontinental.ca

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