«Le Québec est exclu de la vague mondiale d'entrepreneuriat»

Publié le 14/01/2010 à 11:00

«Le Québec est exclu de la vague mondiale d'entrepreneuriat»

Publié le 14/01/2010 à 11:00

Par André Dubuc

Louis Jacques Filion, professeur et titulaire de la Chaire d'entrepreneuriat Rogers-J.A. Bombardier à HEC Montréal, se désole de l'indifférence des pouvoirs politiques à l'égard de l'entrepreneuriat.


Les affaires : L'entrepreneuriat est à la mode partout dans le monde. Comment expliquer ce phénomène ?


Louis Jacques Filion : Une vague d'entrepreneuriat balaie la planète depuis 20 ans, mais le Québec en est exclu. Le phénomène s'accélère. Même les pays où il y avait de la résistance, comme la France, ont emboîté le pas. Un petit pays comme la Tunisie a une loi sur l'essaimage et une autre qui favorise les PME pour les achats gouvernementaux. En Asie, c'est extraordinaire, ce qui se passe sur le plan de l'entrepreneuriat. Le quart des entreprises créées à Silicon Valley, en Californie, le sont par des ingénieurs indiens. Ceux-ci ont un effet stimulant sur l'entrepreneuriat en Inde, car ils y réinvestissent leur fortune dans le développement d'activités de soutien. Le Brésil se comporte aussi très bien sur ce plan. Il a développé de nombreux programmes d'entrepreneuriat dans le milieu universitaire, et même aux niveaux primaire et secondaire. Il y a 20 ans, le Québec était en avance dans ce domaine, mais il ne s'est rien passé depuis. Aujourd'hui, le Québec est à la traîne par rapport au reste du monde.


Les affaires : Le Québec n'est-il pas une terre d'entrepreneurs ?


Louis Jacques Filion : Le Québécois avait une très bonne culture entrepreneuriale, mais il l'a perdue. L'indice de la Fondation de l'entrepreneurship montre que le Québec n'est pas un champion de l'activité de création d'entreprises au Canada. En fait, plus on va vers l'Ouest, plus cet indice est fort. Plus on va vers l'Est, moins il est élevé.


Les affaires : Quel est votre plan de match pour redonner le goût d'entreprendre aux Québécois ?


Louis Jacques Filion : La plupart des pays ont créé une petite unité gouvernementale qui sert à stimuler l'entrepreneuriat. Ça fait 20 ans qu'on suggère qu'il y en ait une au Québec. Les acteurs en entrepreneuriat sont isolés, il n'y a presque pas de partenaires au sein des gouvernements. Il y a une petite division au ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, mais elle ne compte que quelques personnes. Jean Charest a mis en place un plan pour stimuler l'entrepreneuriat chez les jeunes avec le Secrétariat de la jeunesse. Il y a un effort, mais c'est lent. Le mouvement n'est pas aussi accentué qu'ailleurs. Quand le président d'un pays décrète l'entrepreneuriat comme priorité de son mandat comme l'a fait le président de la Finlande il y a quelques années, cela crée un impact énorme.


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