Le Port de Québec propose un projet de développement de 250 millions de dollars

Publié le 25/06/2011 à 00:00

Le Port de Québec propose un projet de développement de 250 millions de dollars

Publié le 25/06/2011 à 00:00

Le nouveau pdg du Port de Québec, nommé il y a cinq mois dans la polémique à cause d'un diplôme universitaire qu'il n'avait pas - et qu'il a obtenu depuis -, a fait taire ses détracteurs en proposant une vision d'avenir inspirée, axée sur le développement durable, l'entrepreneuriat et le bon voisinage port-ville.

La première mission de Mario Girard à l'issue de l'assemblée annuelle de l'organisation le 13 juin : faire la preuve, noir sur blanc, que le Port de Québec, malgré sa croissance, n'est pas bien riche. Une démonstration essentielle pour mettre de l'avant une ambitieuse stratégie de développement que le port ne pourra réaliser tout seul.

" Le Port a créé la perception qu'il était Séraphin Poudrier. La population a toujours eu l'impression qu'il était un gros riche qui ne voulait pas céder un pouce de terrain. Il fallait dégonfler cette balloune ", lance le pdg, désireux de convaincre ses partenaires socioéconomiques de mettre l'épaule à la roue pour faire du port un outil de développement économique performant.

Plutôt qu'une plage au Bassin Louise, M. Girard y prévoit un hôtel, plus rentable. Céder encore des espaces au public, qui bénéficie déjà de 20 % des 210 hectares de terrain, accentuerait la pression sur les finances du port. L'accueil de croisiéristes, la marina et les espaces récréatifs entraîneront déjà des pertes de 10 millions de dollars (M$) dans les cinq prochaines années, et ce, dans un contexte où le port a besoin de 150 M$ pour mettre à niveau ses infrastructures et de 250 M$ supplémentaires pour les développer. L'enjeu de ce développement est aussi écologique, car le transport par bateau est le moyen de transport le moins énergivore et le moins polluant qui soit.

Déterminé à ne pas se croiser les bras en espérant que tombent du ciel des dollars du gouvernement fédéral pour les infrastructures portuaires, le pdg nourrit une vision entrepreneuriale et cherche des solutions aux défis financiers que doit relever son organisation. " On peut revoir la répartition coûts-bénéfices. Les croisiéristes (102 000 en 2010) dépensent à Québec, et cela rapporte aux commerçants et à la Ville, mais pas au port. On va s'asseoir avec la Ville, la Commission de la capitale nationale et l'Office du tourisme, et on va voir comment on peut répartir la tarte des retombées, qui est de 25 à 30 M$ par année ", explique M. Girard.

Il faudra aussi négocier avec les clients, donc avec les entreprises privées qui transbordent des marchandises. Mario Girard a présenté un plan de développement en quatre volets pour faire passer à 40 millions de tonnes les capacités de transbordement de céréales ainsi que de vracs liquide et solide. Comme ses capacités financières ne lui permettent pas d'emprunter 250 M$, le Port a besoin de partenaires privés.

" On développera de nouveaux marchés, donc il y aura augmentation du volume, et les entreprises auront un rendement de leurs investissements ", estime M. Girard, qui veut se positionner pour profiter du Plan Nord. Dans le secteur du vrac solide, on pourrait augmenter les revenus de 100 % en cinq ans. Et c'est la hausse des profits du Port (1,2 M$ en 2010) qui aiderait à financer la mise à niveau des infrastructures.

OBJECTIF : RÉDUIRE LES PERTES

Le Port de Québec n'est peut-être pas prêt à céder l'espace du Bassin Louise au public, mais ses projets pourraient néanmoins favoriser l'harmonie avec les citoyens.

Pour construire des quais, il faudra draguer le fleuve, et le sable servira à agrandir la plage de la baie de Beauport. On prévoit également que le prolongement des quais crée une barrière pour protéger la plage existante, menacée par l'érosion. Dans un souci de réduire les coûts d'entretien des espaces récréatifs, le Port a délégué au Festival d'été de Québec et à Gestev l'animation de l'Agora (scène de spectacle en plein air) et de la baie de Beauport.

" Ils ont accepté de nous aider dans le cadre d'une formule de partage de risques.On a confié chacun des actifs à différents spécialistes. Nous payons des taxes sur ces actifs qui servent au public ainsi que pour l'entretien, alors il faut essayer de diminuer les pertes ", souligne le pdg du Port, Mario Girard.

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