Le nombre idéal de titres dans un portefeuille

Publié le 18/08/2012 à 00:00

Le nombre idéal de titres dans un portefeuille

Publié le 18/08/2012 à 00:00

Une des questions qui revient le plus souvent de la part des lecteurs, particulièrement ceux qui débutent dans le placement, touche le nombre de titres que leur portefeuille devrait contenir. Malheureusement, il n'y a pas de réponse absolue, ni facile. Tout dépend des circonstances et des individus.

Il n'en reste pas moins que c'est une décision majeure, comme je l'ai appris au fil des ans. D'ailleurs, plus je rencontre d'investisseurs, plus j'estime que je devrais insister davantage sur les vertus de la diversification.

Comment éviter les fiascos

La plupart des grands fiascos boursiers s'expliquent par deux raisons : le mauvais choix de titres et l'absence de diversification. Par exemple, si 2 % de votre portefeuille était investi dans Nortel Networks au sommet de la bulle techno de 2000, l'éclatement vous a fait mal, mais ne vous a pas anéanti.

Si vous aviez 50 % dans ce titre, c'est une tout autre histoire.

De plus, il est faux de prétendre qu'il s'agit là d'un comportement observé seulement lors de bulles spéculatives. L'automne dernier, un investisseur m'a approché en me demandant ce que je pensais de Bombardier, en spécifiant que plus de 30 % de son portefeuille était placé dans ce titre et qu'il pensait doubler sa participation (le titre était à plus de 5 $). Je lui ai répondu ceci : j'espérais qu'il savait ce qu'il faisait et qu'il était conscient des risques.

Le nombre de titres dépend de votre approche de placement, de votre tolérance au risque, de vos objectifs, de votre degré de connaissance des sociétés, de la structure globale de votre portefeuille, de votre situation financière et de votre capital. Par exemple, si vous avez seulement 10 000 $ en Bourse, il est peu efficace d'avoir 20 titres, ce qui revient à seulement 500 $ en moyenne par titre. Ainsi, lorsque vous commencez et que vous avez peu de capital, vous n'avez pas le choix d'accepter de concentrer votre portefeuille dans un nombre restreint de titres.

En général, vous devriez, si vous avez un portefeuille assez important qui représente une bonne partie de votre patrimoine, avoir au moins 20 titres, répartis dans plusieurs secteurs. Il n'est pas nécessaire à mon avis d'être dans tous les secteurs. Cependant, tout avoir dans le même secteur, c'est inviter sérieusement le désastre chez vous.

Si le fait d'avoir seulement 20 titres vous rend nerveux, alors n'hésitez pas à augmenter ce nombre jusqu'à 30. En fait, vous pouvez l'accroître jusqu'à ce que vous vous sentiez à l'aise. N'oubliez pas toutefois que, plus vous diversifiez votre portefeuille, plus il est difficile d'avoir des rendements supérieurs au marché boursier dans son ensemble.

Si vous voulez vous enrichir, vous devez concentrer votre portefeuille dans seulement quelques titres. Par contre, si vous voulez bien dormir, vous devez le diversifier au maximum. L'idéal, selon votre situation, se situe entre ces deux extrêmes.

Mon approche

À mes débuts, je n'hésitais pas à investir 10 % de mon portefeuille dans une nouvelle idée de placement. Aujourd'hui, je considère cette pratique comme trop téméraire, m'étant aperçu que je me trompe assez souvent. J'ai donc réduit le pourcentage initial investi dans un titre. Je n'investis jamais plus de 5 % dans un nouveau titre, et, la plupart du temps, cela ne dépasse pas 2 %.

Je préfère investir moins de capital et avoir un peu plus de titres en portefeuille. L'idée derrière cette stratégie est d'accroître le nombre de titres en portefeuille pour augmenter mes chances de déceler de grands gagnants (des titres qui multiplieront leur valeur plusieurs fois au fil des ans). C'est un peu comme le pêcheur qui met plusieurs lignes à l'eau pour augmenter ses chances d'attraper de gros poissons...

Par contre, je suis relativement moins patient. En effet, si la performance économique d'un titre déçoit pendant deux trimestres consécutifs (par rapport à mes attentes et par rapport aux raisons qui m'ont poussé à l'acheter), je penserai à vendre.

Je veux être capable de conserver les sociétés qui performent bien pendant de nombreuses années (mes gagnants) et d'éliminer le plus rapidement possible celles qui ne vont pas bien (les perdants).

Avec le temps, c'est une formule qui me permet de maximiser mes rendements tout en limitant le risque.

Trouver votre formule

Enfin, dernière balise pour gérer le risque : penser à réduire quand un titre a dépassé 10 % dans mon portefeuille (en raison de son appréciation).

C'est la formule que j'utilise pour gérer mon portefeuille, élaborée au fil des ans. La clé est de trouver celle avec laquelle vous serez à l'aise, en fonction de votre situation et de vos objectifs de placement.

Cependant, ne négligez pas l'importance d'avoir un portefeuille diversifié intelligemment. L'expérience m'a appris que la gestion du capital est aussi importante que la sélection des titres.

DE MON BLOGUE

Ah ! l'économie...

Investisseurs, vous souvenez-vous d'il y a un an ?

Le vendredi 5 août 2011, Standard & Poor's décotait les obligations du gouvernement américain dans une décision qualifiée d'historique. Le lundi suivant, tous les marchés boursiers dégringolaient, l'indice Dow Jones perdait 635 points.

Un an plus tard, la grande majorité des investisseurs ont complètement oublié cet événement.

Douze mois plus tard, ces craintes prennent l'allure d'hallucinations. Depuis, les marchés boursiers américains se rangent parmi les meilleurs du monde le Dow Jones se retrouvant à 13 117, environ 1 600 points de plus. L'indice S & P 500 a gagné 24,5 % par rapport à son niveau de la clôture du lundi 8 août 2011 (la première séance après la décote). De plus, la devise américaine s'est appréciée de 6 % en un an et le prix de l'or a reculé d'environ 3 %.

Voilà un puissant rappel pour l'investisseur à long terme : c'est une erreur de prendre des décisions fondées sur des grands titres macro-économiques.

Vos réactions

«L'éphémère décote...Créer des mouvements n'est-il pas la signature des agences de cotation !»

- codepre $ $

«Et combien que je m'en rappelle... Quelle année tout de même ! Ce contexte a amené son lot d'occasions.»

- ABC

blogue > www.lesaffaires.com/bernard-mooney

bernard.mooney@tc.tc

À la une

Le Québec Inc. sous-estime le potentiel de l’Italie

Le nouveau président de la Chambre de commerce italienne au Canada veut «approfondir» la relation Québec-Italie.

Rentables, les fonds de travailleurs?

EXPERT INVITÉ. Les fonds de travailleurs représentent assurément une option pertinente, voici pourquoi:

Canada: les villes veulent 7 G$ pour des logements abordables

Les maires de villes au Québec espèrent, du même coup, plus de flexibilité dans le processus.