Du RAP au RAE, le régime d'accès à l'entrepreneuriat

Publié le 27/02/2010 à 00:00

Du RAP au RAE, le régime d'accès à l'entrepreneuriat

Publié le 27/02/2010 à 00:00

Plus de 4 entrepreneurs québécois sur 10 prévoient se retirer des affaires au cours des 10 prochaines années. La plupart d'entre eux vendront tôt ou tard leur entreprise, habituellement une PME.

Dans ces circonstances, ils ne se lancent pas dans des investissements audacieux. Plus jeunes, ils ont probablement misé sur de l'équipement de pointe. Mais remplacer la machinerie vieillissante lorsqu'on est sur le point de vendre son entreprise ? Quand on sait que pour un acheteur potentiel, c'est d'abord le carnet de commandes et le bassin de clientèle qui importent ?

Aux yeux du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ), cette réticence à investir en fin de carrière explique en bonne partie la faible productivité de l'économie québécoise. C'est déjà un problème. Un autre se profile simultanément : qui seront les acheteurs ?

Des étrangers, souvent. Ils ont les moyens. Mais leur objectif n'est pas toujours la croissance de l'entreprise achetée. Pouvoir éliminer un concurrent constitue déjà un bon motif. En fin de compte, le départ à la retraite des entrepreneurs baby-boomers pourrait entraîner la fermeture de plusieurs centaines de PME québécoises.

À moins que l'équipe en place ne trouve les fonds nécessaires au rachat. Ce sont souvent des jeunes déterminés, mais qui n'ont pas l'appui financier adéquat. Et la famille immédiate n'est pas toujours en mesure de fournir à elle seule le financement. C'est l'avenir de la relève entrepreneuriale qui est en jeu.

Il existe pourtant une stratégie gagnante, selon le RJCCQ. Il suffirait de s'inspirer du RAP, le régime d'accession à la propriété. Grâce au RAP, les gens qui veulent acheter une maison peuvent puiser dans leur REER pour la mise de fonds initiale, après quoi ils s'engagent à rembourser la somme empruntée dans leur régime d'épargne-retraite. Si le principe est bon pour l'immobilier, pourquoi ne le serait-il pas pour l'entrepreneuriat, demande le Regroupement ? Il propose donc la création d'une nouvelle formule, le RAE, pour régime d'accès à l'entrepreneuriat.

Dans les faits, un tel mécanisme existe déjà, en partie. Il est possible de retirer des fonds de son REER pour acheter une participation dans son entreprise, qui est cependant limitée à 50 %. Or, on parle ici d'une prise de contrôle. Il faudrait donc permettre de puiser davantage que le plafond actuel.

Le RJCCQ est conscient des risques de dérapage; il propose donc des balises. Serait admissible, l'achat d'une première entreprise, sauf si elle appartenait au conjoint ou à la conjointe (ce serait trop facile...), au moyen d'un montant maximal de 100 000 $ par acquéreur, correspondant à au moins 50 % des parts. Les fonds devraient être retirés dans un délai d'un an. Le remboursement, lui, ne devrait pas s'étirer au-delà de 15 ans.

Les derniers relevés sur le capital de risque au Québec montrent que des fonds redeviennent disponibles pour le démarrage d'entreprises. " Mais à quoi bon aider la création d'entreprises si on perd celles qui existent déjà, demande Charles Desjardins, le président du RJCCQ ?

Très juste. Vous vous préoccupez de l'avenir de nos jeunes ? Vous souhaitez qu'ils soient plus nombreux à s'intéresser aux affaires ? Il faudra leur donner une chance.

B210, version chercheurs

De remarquables athlètes olympiques, comme Alexandre Bilodeau, ont pu compter sur l'appui de mécènes grâce au programme B210. Si c'est bon pour les sportifs, pourquoi ce ne le serait pas pour les chercheurs ?

C'est ce qui a poussé Robert Turgeon, directeur du développement à l'Institut de recherche en immunologie et cancérologie (IRIC) de l'Université de Montréal, à concevoir B2D, comme dans B2Découverte. L'enjeu : le financement de la recherche, toujours problématique. " Les jeunes chercheurs sont comme les jeunes athlètes : ils doivent s'entraîner pour atteindre l'excellence et monter sur le podium, dit-il. Et dans notre milieu, on monte sur le podium quand on fait une découverte. "

À l'IRIC comme ailleurs, on dispose de fonds pour les infrastructures; mais il en faut également pour les projets, d'où la création de B2D. Plusieurs entrepreneurs sont déjà prêts à appuyer l'initiative, dont l'entrepreneur beauceron Pierre Pomerleau.

Le directeur de l'IRIC, Guy Sauvageau, chapeaute le comité qui sélectionne les projets. Dans la lutte au cancer, toute percée vaut véritablement une médaille...

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