Du gaz naturel sur la Côte-Nord dès l'an prochain

Publié le 05/10/2013 à 00:00, mis à jour le 03/10/2013 à 11:38

Du gaz naturel sur la Côte-Nord dès l'an prochain

Publié le 05/10/2013 à 00:00, mis à jour le 03/10/2013 à 11:38

Le Québec n'est pas assez intégré au marché énergétique de l'Amérique du Nord. Une situation qui l'empêche de tirer pleinement profit de ses ressources énergétiques et de contribuer efficacement à la réduction de la pollution et des émissions de gaz à effet de serre (GES) sur le continent. Voici l'un des constats dégagés lors du Sommet sur l'énergie organisé par Les Événements Les Affaires, à Montréal, le 24 septembre.

«Il faut mieux intégrer les marchés limitrophes», dit Pierre-Olivier Pineau, spécialiste en énergie à HEC Montréal. Au cours de cette rencontre, des spécialistes en énergie ont débattu des enjeux entourant la prochaine stratégie énergétique que le gouvernement Marois publiera en 2014.

En matière d'intégration énergétique, le modèle à suivre est la Norvège, sixième producteur d'hydroélectricité du monde (le Québec est quatrième). Les Norvégiens exportent non seulement leur électricité en Europe du Nord, en passant par le Nord Pool, mais ils paient localement leur énergie au prix du marché de l'Europe du Nord.

Toutes proportions gardées, le Québec exporte un peu plus de son hydroélectricité que la Norvège, soit environ 15 % par rapport à 12 %. Mais contrairement aux Norvégiens, les Québécois paient leur électricité à un prix inférieur à celui du marché (dans notre cas, celui du nord-est de l'Amérique du Nord).

Une situation qui empêche le Québec de valoriser pleinement son hydroélectricité, croit Pierre-Olivier Pineau. C'est pourquoi, dit-il, les Québécois doivent payer leur électricité au prix du marché, comme les Albertains le font du reste pour leur pétrole.

Le mauvais signal de prix fait en sorte que le Québec consomme beaucoup trop d'électricité - principalement pour le chauffage - et n'en vend pas suffisamment à ses voisins. Si l'hydroélectricité était payée au vrai prix, elle serait utilisée de manière plus rationnelle au Québec.

Les Québécois devraient toutefois faire une petite révolution en matière de consommation d'énergie, selon M. Pineau. «Le Québec doit consommer plus de gaz naturel afin de libérer de l'électricité pour le nord-est du continent.»

Se chauffer davantage au gaz naturel

Pour dégager des blocs d'électricité à l'exportation, les résidences, les entreprises et les institutions du Québec devraient se chauffer systématiquement au gaz naturel, par exemple.

Les surplus dégagés seraient vendus dans les marchés limitrophes, où les sociétés énergétiques brûlent tout simplement trop de gaz naturel en vue de produire de l'électricité. Précisons que le gaz dégage beaucoup plus de GES et de pollution quand il est utilisé pour produire de l'électricité.

Au Québec, seulement 0,1 % de l'électricité est produite à partir du gaz naturel, selon le ministère des Ressources naturelles. La proportion atteint 15 % en Ontario, 45 % dans l'État de New York et 52 % en Nouvelle-Angleterre (25 % dans l'ensemble des États-Unis).

En se chauffant davantage au gaz et en exportant plus d'électricité, le Québec pourrait contribuer à réduire l'utilisation de gaz naturel dans la production d'électricité. «Nos voisins ont besoin d'énergie propre», souligne Jean-Marc Carpentier, analyste en énergie.

En 2011, les États-Unis produisaient 42 % de leur électricité avec du charbon (12 % au Canada), l'énergie fossile la plus polluante et émettrice de GES, selon les données d'Hydro-Québec.

Une plus grande intégration énergétique serait une stratégie gagnante à long terme, car le Québec pourrait mieux tirer profit de son électricité verte.

Trois retombées pour le Québec

Selon Jean-Marc Carpentier, un marché énergétique «sans frontières» apporterait à terme trois retombées au Québec. Nous pourrions mieux valoriser notre production. Nous pourrions réduire notre facture énergétique. Et nous pourrions générer des gains sur le plan de l'environnement.

Cependant, à court terme, cette stratégie serait plus difficile à déployer en raison de la faiblesse des prix de l'électricité aux États-Unis. Les cours ont chuté dans la foulée de la baisse du prix du gaz naturel, la source d'énergie qui sert de référence pour fixer la valeur de l'électricité en Amérique du Nord.

Depuis quelques années, le prix du gaz a reculé en raison de la suroffre engendrée par le boom du gaz de schiste. Au milieu des années 2000, l'hydrocarbure s'échangeait à plus de 8 $ US par million de BTU (au Henry Hub, le marché de référence en Amérique du Nord). Aujourd'hui, elle se négocie à 3,5 $ US par million de BTU.

Toutefois, les prix du gaz devraient augmenter à compter de 2015, selon l'Energy Information Administration. Cette agence fédérale américaine prévoit qu'ils auront plus que doublé d'ici 2040.

Gaz Métro acheminera du gaz naturel liquéfié (GNL) par camion pour des entreprises de la Côte-Nord à compter de 2014. «On travaille sur une solution intérimaire, qu'on peut considérer comme une phase de prédéveloppement à un gazoduc», dit la présidente de Gaz Métro, Sophie Brochu.

Cette livraison de GNL ciblerait moins d'une dizaine de grandes entreprises implantées sur la Côte-Nord. Gaz Métro projetait de construire un gazoduc pour relier Saguenay à Sept-Îles. Le distributeur a suspendu ce projet, car il n'a pas pu garantir de volumes d'approvisionnement suffisants auprès des industriels locaux pour justifier son investissement dans ce projet.

Les industriels paieront le GNL plus cher que si le gaz était livré par gazoduc, mais à un meilleur prix que le mazout, selon Gaz Métro. F.N.

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