Troquer son emploi pour du day trading

Publié le 28/11/2009 à 00:00

Troquer son emploi pour du day trading

Publié le 28/11/2009 à 00:00

Par Marie-Claude Morin

Oubliez l'image de l'ermite stressé : radieux au bout du fil, nos deux adeptes de la spéculation sur séance (day trading) affirme que leur vie est passionnante.

" C'est le plus beau job du monde pour moi, une sorte de résurrection, dit Pierre Doré, 46 ans. C'est merveilleux de faire du day trading ! " lance-t-il.

Même entrain du côté de Stéphane Valois, un planificateur financier de 42 ans qui gère un portefeuille personnel de 200 000 $ et les fonds d'un club d'investissement. " Le plaisir est tellement intense quand les choses se passent comme prévu ", dit-il.

La soif de nouveaux défis

Propriétaire depuis 16 ans de deux centres de conditionnement physique à Lévis, sur la rive sud de Québec, M. Doré sentait qu'il avait " fait le tour du jardin ".

" J'avais donné le meilleur de moi-même à mes entreprises et je voulais relever de nouveaux défis ", explique-t-il. Il spéculait déjà depuis 10 ans à la Bourse.

" Je le faisais comme on joue au casino, sans vraiment appliquer de techniques structurées de day trading ", raconte-t-il.

Après une formation auprès de Day Trader Canada, durant laquelle il se familiarise avec l'analyse technique, il décide à l'automne 2008 de consacrer toutes ses journées à la spéculation sur séance.

Puisqu'il reste propriétaire de ses deux entreprises, il en délègue la gestion à des personnes de confiance. Il peut ainsi passer toute la journée devant ses écrans, puis superviser ses gymnases le soir.

Loin de regretter sa décision, le spéculateur assure " faire des affaires d'or " depuis sa formation et avoir trouvé le moyen de réussir rapidement ", se réjouit-il.

L'appel du rendement

Pour sa part, Stéphane Valois a troqué il y a trois ans son bureau dans une grande institution financière pour ses écrans d'ordinateur (au nombre de huit) dans sa résidence de Terrebonne.

" Lorsque j'ai constaté en 2006 que le rendement de mon portefeuille surpassait mon salaire, j'ai décidé de faire le saut ", dit-il. Il avait déjà réalisé des gains importants dans le secteur minier.

Planificateur financier depuis 1990, M. Valois continue de s'occuper de certains clients. Mais il concentre cette activité sur un jour, puis il consacre ses énergies à la spéculation sur séance le reste de la semaine.

Pitonnant toute la journée, M. Valois liquide la moitié de ses positions trois minutes à peine après les avoir acquises. À ce rythme, il réalise entre 80 et 120 transactions par jour, ce qui lui coûte jusqu'à 7 000 $ par mois de frais de transactions.

Son " équipe " considère d'ailleurs son grand volume de transactions comme sa principale faiblesse, dit-il.

Un groupe d'entraide

MM. Doré et Valois sont membres de ce qu'ils appellent une " équipe ", un groupe de six day traders qui discutent toute la journée sur Skype, un logiciel de communication par Internet. " Chacun émet son opinion et fait profiter le groupe de ses forces, qu'il s'agisse de la connaissance d'un secteur, de la lecture rapide des graphiques chartistes [analyse technique], du suivi des nouvelles ou d'une expérience en analyse fondamentale ", précise M. Doré. Chaque membre du groupe gère toutefois son compte de façon autonome, selon ses perceptions et le niveau de risque auquel il est prêt à s'exposer.

" Nous repérons les meilleurs day traders sur les sites de clavardage généraux pour les inclure dans notre groupe, dit M. Valois. Le groupe a réalisé un rendement quotidien supérieur à 20 000 $ ? Nous nous réunissons et nous sabrons le champagne ! " dit-il.

Une journée bien remplie

M. Valois commence sa journée à 7 h en lisant les nouvelles, en répondant à ses courriels et en clavardant. Dès 8 h 30, il prend des positions avant l'ouverture des marchés, qu'il liquide vers 9 h 15 pour éviter la forte volatilité des titres à l'ouverture des marchés.

Il recommence à négocier vers 10 h, jusqu'à 11 h 30, puis dîne en regardant des émissions financières. De retour à son clavier à 13 h, il effectue des transactions jusqu'à 15 h 45, sortant du marché entre 15 h à 15 h 30. Normalement, à la fermeture des marchés, M. Valois a liquidé toutes ses positions.

Il reste que la journée de travail des spéculateurs sur séance ne finit pas nécessairement à 16 h. " Ce qui fait la différence dans le rendement, c'est l'analyse que nous effectuons les soirs et les fins de semaine ", dit M. Doré. Ce dernier étudie de 1 000 à 1 500 graphiques chartistes par semaine.

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