Vision PDG à la sauce Sir Terry Matthews

Publié le 02/03/2013 à 00:00, mis à jour le 28/02/2013 à 09:16

Vision PDG à la sauce Sir Terry Matthews

Publié le 02/03/2013 à 00:00, mis à jour le 28/02/2013 à 09:16

Il les a brassés à sa façon et ils ont apprécié.

Sir Terrence Matthews - Terry, pour les intimes - était l'invité de marque de Vision PDG, la semaine dernière, à Tremblant. L'événement est organisé par l'Association québécoise des technologies et rassemble année après année quelque 120 présidents d'entreprises actives en TI. Les participants ont l'occasion de partager leurs expériences et de débattre des meilleures pratiques tout en bénéficiant de l'éclairage de conférenciers renommés. Et cette année, c'est Sir Terry Matthews qui a volé le show.

Le personnage n'est pas banal. À 70 ans, il est toujours aussi actif, lui qui a fondé ou cofondé plus de 90 entreprises de haute technologie, notamment Mitel. On dit de lui qu'il est le premier milliardaire issu du Pays de Galles, même s'il demeure à Ottawa depuis 40 ans.

Armé de ce bagage, il s'est adressé au contingent de présidents de PME québécoises en n'hésitant pas à les piquer au vif.

Il faut préciser que ces dirigeants sont tout sauf passifs. Pour réussir dans ce domaine très concurrentiel des TI, il faut savoir foncer. Le seul sens de l'innovation ne suffit pas. La détermination est tout aussi importante.

Mais lorsque Sir Matthews a demandé à ceux qui faisaient affaire en Turquie de lever la main, seuls quelques-uns ont pu s'exécuter. «Pathétique», a-t-il lancé, sans méchanceté, dans le but de secouer son auditoire.

Évidemment, un océan sépare le conférencier de ces présidents de PME. Il est à l'oeuvre dans les TI depuis la fin des années 1960. Certaines des entreprises auxquelles il a été mêlé sont devenues des multinationales employant des milliers de personnes. Il a fait fortune, par exemple, en vendant Newbridge Networks à Alcatel en 2000, et il continue d'investir dans le monde par l'intermédiaire de son holding, Wesley Clover.

Même s'ils n'ont pas froid aux yeux, ses vis-à-vis québécois n'ont ni la même taille ni les mêmes moyens. Attaquer des marchés extérieurs demande du temps et de l'énergie. Ils sont convaincus qu'il importe d'élargir leurs horizons, mais ils savent également qu'ils n'y parviendront pas d'un simple claquement de doigts. Dans ce contexte, la Turquie...

Oui, mais c'est un pays en pleine ébullition, à fort potentiel, a fait remarquer Sir Matthews, un pays où il a pu lui-même brasser d'excellentes affaires avec des partenaires locaux et qu'il convient de regarder de plus près. Comme la Chine, en particulier la région de Harbin, au nord. Et derechef : «Combien d'entre vous y font affaire ?» Davantage de mains se sont levées cette fois-ci, mais pas assez à son goût, et il en a remis une couche.

Son plan de match pour le succès

En fait, c'est comme s'il se revoyait dans ces entrepreneurs, plus jeunes, mais tout aussi décidés à s'imposer. Tout est dans la manière, à ses yeux. Et il leur a proposé un plan de match pour y parvenir. Dans l'ordre :

> concevoir des produits qui répondent à une demande du marché. Innover en pensant que les gens finiront par comprendre ne mène nulle part ;

> engager de jeunes diplômés, pas nécessairement les premiers de classe, mais ceux qui ont la meilleure attitude et qui acceptent de travailler dur. De préférence célibataires et sans enfants, a-t-il ajouté... ;

> leur offrir des parts de l'entreprise en guise de rémunération. Ils vont s'investir encore plus à fond ;

> toujours rédiger des rapports trimestriels, facilement compréhensibles. Ils serviront de repères à d'éventuels investisseurs ;

> se donner un comité consultatif ou un CA, formé si possible de comptables à la retraite. En attendant deux ou trois ans pour qu'ils s'ennuient de l'action... Leur réseau de contacts peut ouvrir bien des portes ;

> agir localement et penser globalement. Il faut avoir des clients à l'étranger, aux États-Unis, en Chine, en Inde ou ailleurs. On ne peut se contenter du marché canadien ;

> et pour réussir dans des pays étrangers, mieux vaut miser sur des coentreprises, pour éviter de se faire voler sa technologie.

Il aurait continué pendant des heures, et il est même question qu'il revienne l'an prochain. Parions que plus de mains se lèveront s'il repose ses questions !

P.-S. Je me permets une pause la semaine prochaine, c'est mon collègue François Pouliot qui prendra la relève.

DE MON BLOGUE

Pauline Marois

Mme Marois veut, mais est-ce que ses proches veulent ?

À l'entendre, le Québec est bien outillé pour devenir «une des nations les plus prospères des Amériques». Prenons l'électrification des transports, dont elle dit que ce devrait être «le projet du 21e siècle au Québec». Mais personne ne voudrait voir revenir les fils suspendus au-dessus des tramways...

Vos réactions

«Bon point. Mais méfiez-vous de Mme Marois [...] Déjà les rumeurs qui circulent font extrêmement peur, comme en fait foi l'article 1 de son dernier décret. Celui-ci obligera les sociétés d'exploration à faire un dépôt de garantie si elles veulent déplacer plus de 1 000 mètres cubes (10 m x 10 m x 10 m) de sol !»

- jpthoma1

«Je trouve curieux qu'on aborde l'électrification sous l'angle de l'esthétique. Le chantier de la 50 vient tout juste d'être achevé, et personne n'a abordé ce projet sous cet angle [...] Mais, pour revenir aux fils électriques, Alstom a construit un tramway à Bordeaux sans fils apparents.»

- bberni

rene.vezina@tc.tc

blogue > www.lesaffaires.com/rene-vezina

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