«Une seule certitude : les frais !»

Publié le 21/04/2012 à 00:00

«Une seule certitude : les frais !»

Publié le 21/04/2012 à 00:00

Par Ian Gascon

J'entends souvent des investisseurs dire qu'ils ne croient plus à la Bourse, que les rendements des 10 dernières années ont été lamentables et qu'ils préfèrent attendre un redressement de l'économie avant d'investir de nouveau sur les marchés. C'est un raisonnement plus risqué qu'il ne semble. En fait, investir dans un actif peu risqué dont le rendement espéré est inférieur à l'inflation - actuellement de 2,5 % -, comme les liquidités, les CPG ou des obligations à court terme, rend probable l'impossibilité de maintenir son pouvoir d'achat. Les marchés financiers rémunèrent les investisseurs pour un certain niveau de risque, c'est l'ABC de la finance. À long terme, un investisseur peut s'attendre à de meilleurs rendements avec un portefeuille d'actions qu'avec un portefeuille d'obligations, car ce dernier est généralement moins risqué. Actuellement, le rendement espéré d'un portefeuille équilibré (40 % actions, 60 % obligations) est d'environ 5 %. Mais attention, il s'agit d'un rendement avant frais. Si ce portefeuille est composé de fonds communs de placement ayant des frais de 2 % et que l'inflation est de 2,5 %, le pouvoir d'achat n'augmente que de 0,5 % par année. Ce qui n'est pas suffisant !

Il est très difficile de prévoir la direction des marchés, d'un secteur ou même d'un titre. La majorité des gestionnaires de fonds communs de placement n'obtiennent pas un rendement supérieur aux indices, et les investisseurs autonomes ne font guère mieux. Si on ne peut prévoir ni les marchés ni l'inflation, comment maximiser son rendement à long terme ? Il ne reste que deux facteurs principaux à considérer : la diversification et les frais.

La diversification

Construire un portefeuille bien diversifié n'est pas très complexe pour un investisseur aguerri. Cependant, cette étape essentielle doit convenir au profil d'investisseur, le rééquilibrage doit se fonder sur des règles préétablies et les classes d'actifs doivent être bien pondérées. Trop souvent, l'investisseur autonome néglige ces aspects, et plusieurs études montrent que son rendement en souffre significativement. À moins d'avoir le temps, l'intérêt et les connaissances pour le faire soi-même, il est préférable d'obtenir des conseils professionnels... mais pas à n'importe quel prix !

Les frais

Les frais sont la seule certitude en placements, et ils sont prévisibles ! Assurez-vous de les réduire et de bien comprendre leur source. Avec l'essor des fonds négociés en Bourse (FNB), il n'y a plus d'excuse pour quiconque veut se construire un portefeuille à faible coût. Il faut bien sûr éviter les FNB à effet de levier, ceux qui versent des commissions et la plupart des FNB sectoriels. Un portefeuille diversifié de FNB peut coûter aussi peu que 0,30 % (ou environ 0,45 % pour un portefeuille fiscalement avantageux). Même avec les frais de transactions, c'est généralement beaucoup moins cher que la vaste majorité des autres produits financiers.

La conclusion ? Mieux vaut investir dès que le capital est disponible, diversifier et rééquilibrer son portefeuille environ une fois par année et, surtout, réduire ses frais !»

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