Une main-d'oeuvre prête à travailler

Publié le 06/12/2008 à 00:00

Une main-d'oeuvre prête à travailler

Publié le 06/12/2008 à 00:00

Par Pierre Théroux

Vieillissement de la population oblige, le Québec devra relever des défis liés à la main-d'oeuvre au cours des prochaines années. On estime à 700 000 le nombre de postes qui seront à pourvoir de 2007 à 2011. Tout un défi, alors que plusieurs entreprises ont déjà du mal à trouver tous les travailleurs dont elles ont besoin.

Les membres des communautés des Premières Nations entendent bien contribuer à résoudre ce problème.

" Les entreprises et le gouvernement développent des stratégies pour attirer des immigrants. C'est correct, mais il y a aussi dans nos communautés un potentiel inexploité de jeunes travailleurs ", note Ralph Cleary, directeur général de la Commission de développement des ressources humaines des Premières Nations du Québec (CDRHPNQ).

D'autant, ajoute-t-il, que les Premières Nations vivent pour leur part une importante poussée démographique qui, ces dernières années, a fait bondir à 50 % le nombre de jeunes de moins de 30 ans.

Des emplois à l'extérieur des communautés

Cette croissance de la population, jumelée à la difficulté de trouver un emploi au sein même des communautés, amène les intervenants à se tourner vers la société québécoise pour favoriser l'accès au marché du travail de la main-d'oeuvre des Premières Nations du Québec.

" Le développement d'emplois durables passe nécessairement par l'embauche de nos travailleurs par des entreprises situées à l'extérieur de nos communautés ", dit M. Cleary.

Pour favoriser cette démarche, la Commission de développement des ressources humaines des Premières Nations du Québec et la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ont conclu en mai une entente visant à soutenir l'intégration de travailleurs issus des Premières Nations dans des entreprises établies en dehors des communautés.

Cette entente a mené à l'élaboration de deux projets pilotes touchant des entreprises ou des établissements ayant un syndicat affilié à la CSN dans deux régions : Abitibi-Témiscamingue et Côte-Nord.

Ces projets se traduisent notamment par des activités d'information et de sensibilisation à la réalité des Premières Nations sur les lieux de travail, l'accompagnement et le soutien dans l'intégration au travail, de même que des interventions pour soutenir l'embauche de travailleurs des Premières Nations.

" C'est un premier pas qui, on le souhaite, mènera à des résultats concluants ", dit M. Cleary.

Mieux faire connaître les compétences

La CDRHPNQ a aussi entrepris des démarches auprès de la Commission des partenaires du marché du travail pour faire connaître le potentiel et les compétences des travailleurs des Premières Nations.

Elle souhaite que cet organisme de concertation, qui regroupe des représentants des employeurs, de la main-d'oeuvre, du milieu de l'enseignement, des organismes communautaires et d'organismes gouvernementaux, puisse mettre sur pied un comité consultatif qui pourra faire le lien avec ces communautés.

" Pour nous, c'est important de nous faire davantage connaître auprès du ministère de l'Emploi. Il faut être reconnu comme un organisme de consultation incontournable quand le gouvernement élabore ses politiques en matière d'emploi ", dit Ralph Cleary, qui déplore que le Pacte pour l'emploi ait été lancé " sans la participation des communautés des Premières Nations ".

Le Pacte pour l'emploi propose une série de mesures afin de faciliter l'accès au marché du travail à ceux qui le souhaitent, d'améliorer la formation de la main-d'oeuvre et la productivité des entreprises et de répondre aux besoins régionaux en main-d'oeuvre.

Formation adéquate

La CDRHPNQ est une entité mandatée par l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador. Son mandat est de favoriser et d'appuyer les initiatives au développement des ressources humaines dans les 29 communautés des Premières Nations au Québec.

Pour répondre à la présence croissante de membres des Premières Nations qui s'établissent dans les centres urbains, la Commission a aussi ouvert des points de service dans des villes situées à proximité de communautés, soit à Montréal, Québec, Gatineau, Val-d'Or, Sept-Îles et Joliette.

La Commission offre des services de formation et de perfectionnement afin, justement, de permettre à ces travailleurs d'intégrer le marché du travail. " Il y a des dizaines de milliers d'emplois disponibles au Québec, et il faut fait en sorte que les gens de nos communautés aient la formation nécessaire pour occuper des emplois ", dit M. Cleary.

De fait, le nouvel Hôtel-Musée Premières Nations à Wendake s'est tourné vers la société civile pour combler certains postes spécialisés. " Certaines fonctions, notamment dans les cuisines, demandaient une formation et des compétences que nous n'avons pu trouver au sein de notre communauté ", dit Gabriel Savard, ex-directeur général du Conseil de la Nation huronne-wendat.

La Commission est en discussion avec le ministère québécois de l'Éducation pour créer deux centres de formation aux adultes, un pour desservir la population francophone et l'autre pour celle anglophone.

pierre.theroux@transcontinental.ca

À la une

«On réinvestit dans la croissance pour capter les occasions qui se multiplient», Patrick Decostre, PDG de Boralex

Patrick Decostre, PDG de Boralex, a répondu à nos questions sur ses nouvelles orientations stratégiques et financières.

Boralex veut doubler sa puissance d'ici 2025, et encore d'ici 2030

Cette croissance se fera d’abord par la multiplication de son empreinte dans le solaire et aux États-Unis.

Boralex se lance dans le partage de terrains pour le solaire

14/06/2021 | François Normand

Comme les terrains sont rares, le producteur d'énergie verte se lance dans l’agrivoltaïsme avec la française Sun’Agri.