Une journée dans la vie de prospecteurs

Publié le 13/10/2012 à 00:00, mis à jour le 11/10/2012 à 10:02

Une journée dans la vie de prospecteurs

Publié le 13/10/2012 à 00:00, mis à jour le 11/10/2012 à 10:02

Mines Virginia figure parmi les prospecteurs les plus actifs au Québec en 2012. Elle dispose d'équipes d'exploration réparties sur six campements à la Baie-James. Les Affaires en a visité un. Récit.

20 AOÛT 2012, 6 h Décollage

Le Beechcraft King Air 100 de Grondair quitte Québec en direction de la pourvoirie Mirage, d'où nous prendrons un hélicoptère qui nous mènera, à travers lacs et forêts, au camp Noella (N53 37 51 O071 57 38), où séjournent trois équipes de géologues et de prospecteurs.

À bord, le vice-président de l'exploration, Paul Archer, le géologue sénior de recherche, Vital Pearson, et deux nouvelles recrues : Sylvain Trépanier, un chercheur du Consorem, et Francis Chartrand, un géologue sénior de la minière MDN. Ils ont quitté leurs emplois respectifs pour se joindre à Mines Virginia, attirés par le travail sur le terrain et le dynamisme de la firme.

Paul Archer et ses collègues doivent passer en revue les résultats des campagnes de prospection depuis le début de l'été afin de faire des recommandations au président de l'entreprise, André Gaumond, sur la suite des choses. Doit-on poursuivre les travaux, les arrêter ou les reprendre plus loin ?

Les décisions à prendre sont majeures, non seulement parce qu'on pourrait passer à côté d'une découverte menant à une mine d'or (1 chance sur 1 000) si on arrête la prospection, mais aussi parce que chaque étape de l'exploration gruge le budget.

Une heure de transport par hélicoptère coûte de 1 200 à 2 000 $ l'heure pour quatre personnes à bord, sans compter l'essence. Chaque portion de 100 mètres de forage coûte 1 200 $ (120 $ le mètre), en excluant les frais de transport de la foreuse et, avant cela, ceux de l'utilisation d'une pelle mécanique pour décaper les affleurements rochers.

Bref, le coût moyen pour une équipe durant une semaine totalise de 40 000 à 60 000 $, selon la distance et la taille de l'équipe.

8 h 50 Arrivée au camp Noella

Il s'agit d'un regroupement de tentes, chacune chauffée par une Bradley capricieuse (on crève de chaleur ou bien le système s'éteint). Le campement dispose d'un accès Internet par satellite, qui fait défaut quand il pleut trop. Un renard nommé Jérémie fait partie de la famille. Un ours rôde autour, près du dépôt de déchets organiques, mais le personnel se promène avec du poivre de cayenne. Le campement est situé au bord d'un lac de rêve, bordé de plages sablonneuses. On s'y baigne en été, avec ou sans combinaison de plongée.

10 h Départ en hélicoptère vers Nichicun

Au début de l'été, l'équipe a fait du décapage. L'opération consiste à utiliser une pelle mécanique pour enlever le sol meuble sur la roche afin de mieux l'exposer. Elle a aussi effectué des rainures - c'est-à-dire prélever un échantillon sur un affleurement rocheux à l'aide d'une scie à roche -, lesquelles permettent d'identifier un indice minéralisé aurifère. Ce projet, baptisé «Le Portageur», livrera-t-il une découverte et, plus tard, une mine, comme l'a fait l'indice Roberto dans le cadre du projet Éléonore ? Une récente campagne de forage effectuée à faible profondeur a dévoilé une minéralisation aurifère moins large en profondeur qu'en surface.

Paul Archer fait visiter le site aux recrues. «On aura trois regards neufs pour faire notre analyse», explique-t-il. L'examen des carottes de forage, plus tard au camp, les éclairera encore plus. La décision n'est pas encore prise concernant le fait de poursuivre les forages au même endroit, mais plus en profondeur, ou d'effectuer d'autres forages un peu plus loin.

À deux kilomètres de là, des tranchées ont permis de trouver des teneurs «intéressantes» en or. Mais il faudra faire de l'échantillonnage et des études microscopiques avant de décider de forer.

C'est le troisième été que l'on passe au site Nichicun, au sud-ouest du camp Noella. Sur certaines propriétés, explique Paul Archer, la campagne peut durer 10 ans avant de pouvoir réaliser une découverte. À titre de comparaison, Éléonore a été une réussite rapide : il n'a fallu que quatre campagnes entre les premiers indices d'or et la découverte. Et, entre la découverte et la mine, il se sera écoulé 10 ans.

16 h Retour au camp

C'est le moment de commencer l'analyse des carottes et la rédaction des rapports, qu'on pourra continuer après le souper. La plupart des équipes, à l'exception des chefs de projet, sont des étudiants en génie géologique ou en géologie. Il y a davantage de femmes aussi. Paul Archer et Vital Pearson racontent à quel point les logiciels ont facilité le travail. «Avant, on pouvait passer trois mois à travailler avec des crayons de couleur et des acétates. Aujourd'hui, on entre les données dans un logiciel de géoréférencement, et cela se fait instantanément.» Le traitement des données a changé, mais pas la collecte : «On n'échappera jamais au travail dans le bois avec les mouches et sous la pluie.» Ni l'atmosphère de franche camaraderie.

17 h Souper gastronomique...

Ce soir, c'est l'anniversaire de la chef de projet, Isabelle. La cuisinière, Marie-Pierre, lui a fait un menu digne d'un restaurant quatre étoiles : bavette à l'échalote, gratin dauphinois et shortcake aux fraises ! Marie-Pierre est aussi précieuse que l'or que cherche Mines Virginia. Après une journée avec les mouches et la pluie, la gastronomie devient un luxe inouï.

41,5 M$

Fonds de roulement de Mines Virginia au 31 mai 2012

Source : Mines Virginia (2012)

100 000 $

Redevances mensuelles du projet Éléonore

Source : Mines Virginia (2012)

suzanne.dansereau@tc.tc

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