Une industrie en ébullition, celle des foires et congrès

Publié le 14/09/2013 à 00:00, mis à jour le 12/09/2013 à 10:18

Une industrie en ébullition, celle des foires et congrès

Publié le 14/09/2013 à 00:00, mis à jour le 12/09/2013 à 10:18

Il n'y a jamais eu autant d'établissements pour accueillir des congrès ou des foires, au Québec, au moment où la demande serait en voie de fléchir.

La collision entre ces deux tendances risque de secouer l'industrie du tourisme d'affaires au Québec. Encore que les principaux acteurs ne doutent pas de pouvoir conserver, et même augmenter leurs parts de marché.

Par exemple, on s'apprête à entreprendre la construction du Centre de foires de Drummondville. La première pelletée de terre est prévue le 16 septembre, et le complexe devrait ouvrir à l'automne 2014. Ses dirigeants ont déjà de grandes visées. À Drummondville, on n'a pas l'habitude de se contenter de peu.

Il y aura bientôt congestion dans cette région du Centre-du-Québec. Le Centre de foires de Sherbrooke, ouvert en janvier 2011, voit son achalandage augmenter. Le mont Orford est aussi dans le décor. Un peu plus à l'est, Bromont et Granby restent des destinations populaires. C'est Saint-Hyacinthe qui voit son rang menacé, puisque son centre des congrès subit les contrecoups de la grève qui sévit à l'Hôtel des Seigneurs depuis bientôt un an.

Même le Palais des congrès de Montréal pourrait faire les frais de cette nouvelle concurrence, même si son carnet de commandes continue pour l'instant de se garnir.

Reprenons. Au sortir de la récession, le tourisme d'affaires a repris de la vigueur. Les grandes foires commerciales sont de retour, les congrès d'envergure aussi. Mais une partie de la demande faiblit : celle qui venait traditionnellement du gouvernement du Québec, de ses ministères, d'agences et d'autres organisations publiques ou parapubliques. «Ce robinet coule moins fort, dit Claude Robitaille, président de Gestion d'associations MTA et organisateur d'événements. Les compressions budgétaires entraînent une réduction appréciable du nombre de congrès.»

De là l'accent mis sur le développement de nouveaux marchés et de nouvelles clientèles. Le créneau des foires retient particulièrement l'attention. «C'est une industrie en nette progression», selon Martin Dupont, directeur général de la Société de développement économique de Drummondville (SDED) et commissaire industriel de la Ville.

Il ne cache pas son enthousiasme... ni ses ambitions. «Nous visons le Québec, l'Ontario, des clientèles locales autant que nationales, des foires d'importance, et nous commençons déjà à signer des contrats. Vous seriez étonnés de voir à quel point la demande est diversifiée et vigoureuse. Ces foires attirent beaucoup de participants, à coup de milliers.» Le futur centre de foires, d'une capacité de quelques milliers de personnes, pourra également accueillir des congrès, même des gros. Et Martin Dupont songe déjà à des additions à ce centre que la SDED gérera, tout en ajoutant qu'il ravira probablement des événements à celui de Sherbrooke, et même au Palais des congrès de Montréal, où les coûts sont nettement plus élevés pour les organisateurs. «Nous aurons un stationnement, gratuit chez nous, pour 1 000 véhicules.»

Les gens de Sherbrooke ne s'en font pas, mais ils reconnaissent que leurs collègues de Drummondville viendront jouer dans leurs platebandes, même s'ils préfèrent parler de «complémentarité». D'autant plus que leur centre fonctionne depuis janvier 2011 et qu'ils ont déjà tenu de grands événements, comme le Gala des Grands Prix du tourisme, en mai 2012, qui avait attiré 2 000 personnes. Tout comme à Drummondville, cependant, on mise surtout sur les foires et les grands salons. Et on regarde aussi discrètement vers Montréal. «Les gens magasinent et il se pourrait que certains promoteurs, voyant les prix augmenter, pensent aller ailleurs», dit Denis Bernier, directeur général de Destination Sherbrooke, l'organisme qui gère le Centre de foires.

Pour l'instant, à Montréal, on maintient un bon rythme, puisqu'un bilan établi au printemps faisait état d'une augmentation de 14 % des réservations pour les congrès nationaux et internationaux par rapport à l'an dernier. «La compétition est intéressante, chacun va miser sur ses forces, et notre localisation au milieu d'une métropole nous distingue, ça va de soi», souligne Jimmy Laforge, conseiller en communications au Palais des congrès.

Chose certaine, l'offre est vaste et de plus en plus sophistiquée. Ce sont les participants à tous ces événements qui vont y gagner.

rene.vezina@tc.tc

blogue > www.lesaffaires.com/rene-vezina

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