Une cruelle désillusion : 92 858 saisies aux États-Unis

Publié le 21/08/2010 à 00:00

Une cruelle désillusion : 92 858 saisies aux États-Unis

Publié le 21/08/2010 à 00:00

C'est l'une des données économiques les plus désolantes de l'été : aux États-Unis, en juillet, 92 858 ménages ont perdu leur propriété parce qu'ils n'étaient plus capables de payer leur hypothèque. En mai dernier, un mois record à ce chapitre, plus de 93 000 Américains avaient subi le même sort. Les observateurs croyaient alors que la situation s'améliorerait puisque la reprise était à portée de main... Cruelle désillusion.

L'économie américaine est encore en panne. De nombreuses personnes perdent leur gagne-pain, puis leur maison, et n'ont plus les moyens de faire rouler l'économie. L'économie globale s'en trouve affaiblie, la consommation recule, ce qui provoque d'autres mises à pied. Les États-Unis sont présentement prisonniers de ce cercle vicieux.

Pendant ce temps, au nord de la frontière, nous respirons... encore. Le Canada n'a pas trop souffert de la dernière récession mondiale. Notre marché de l'emploi et notre marché immobilier n'ont pas connu la même hécatombe qu'aux États-Unis. Parce que nous sommes plus fins ? Non. Parce que nous sommes moins endettés ? Non plus. Dans les faits, le ratio endettement total/revenu disponible des ménages canadiens s'élève à 144 %, l'un des pires des pays industrialisés.

Pourquoi alors le marché immobilier ne s'est-il pas effondré au Canada ? Il n'y avait pas de bulle, notamment parce que le réflexe de piger dans la valeur de sa maison en la réhypothéquant constamment est loin d'être aussi répandu ici qu'aux États-Unis. De plus, nos gouvernements sont en meilleure santé financière. Ils peuvent donc soutenir les personnes en difficulté afin qu'elles ne tombent pas dans l'indigence totale. Tandis que perdre son emploi aux États-Unis mène souvent à la ruine.

Mais attention ! Paul Krugman, prix Nobel d'économie en 2008 et professeur à la réputée Université Princeton, au New Jersey, vient de nous rappeler que nous ne sommes pas immunisés contre ces difficultés. Le taux d'endettement des Canadiens, entre autres choses, les rend vulnérables au cas où l'économie trébucherait et que la valeur des propriétés glisserait.

Nous n'avons pas fini de nous comparer aux Américains et de nous émouvoir du malheur de ces familles qui se retrouvent avec leurs meubles sur le trottoir en se demandant où elles dormiront. Nous avons au moins un avantage : comme ce spectacle est moins fréquent au Canada, il mine moins la confiance populaire. Les gens ne sont pas démoralisés, en tout cas pas autant qu'aux États-Unis.

Tant que la confiance va tenir... C'est pourquoi de nombreux observateurs demandent à nos gouvernements de ne pas commencer brutalement la lutte aux déficits et de prolonger leurs interventions dans l'économie. L'économiste en chef de BMO Marchés des capitaux, Douglas Porter, vient de joindre sa voix à ceux qui plaident pour le maintien des plans de relance.

Curieux retour des choses : il n'y a pas si longtemps, on s'inquiétait plutôt de l'interventionnisme de l'État. Mais quand il y a le feu, on apprécie le travail des pompiers !

Panne en vue pour la voiture électrique ?

À l'été 2007, lorsque le prix du litre d'essence a atteint 1,50 $, nous avons prié pour qu'advienne le règne de la voiture électrique qui nous délivrerait des griffes des pétrolières. Les constructeurs ont compris le message et se sont lancés sur cette voie. GM, notamment, y a vu une façon d'assurer sa transformation. La Volt est sur le point d'être commercialisée, tout comme la Leaf de Nissan. Bien d'autres modèles devraient suivre.

Il y a cependant un petit problème : depuis, le prix du pétrole a chuté. Le prix de l'essence n'a pas explosé cet été comme le prédisaient certains. La raison en est simple : la faiblesse persistante de l'économie se traduit par une demande moins forte d'énergie, donc par une pression moins forte sur les prix.

Dans ce contexte, qui va se ruer sur la Volt ou la Leaf quand ces voitures vertes seront mises en vente, à fort prix d'ailleurs ? Les purs et durs. La Volt coûtera 41 000 $ US aux États-Unis, même si des crédits fiscaux réduiront la note d'environ 7 000 $ US. C'est beaucoup pour des voitures dont la technologie n'est pas encore éprouvée. Pour qu'elles connaissent du succès, il faudra que l'essence recommence à coûter les yeux de la tête. C'est toujours pareil : compte tenu de la nature humaine, rien ne remplace le signal de prix, même pas les principes les plus nobles.

De mon blogue

www.lesaffaires.com/rene-vezina

Emploi : Le Québec rechute

Le dernier bilan que vient de dévoiler Statistique Canada, pour juillet 2010, sonne la fin de la récréation : en affichant la perte d'emplois la plus importante au pays, le Québec repasse au-dessus de la moyenne nationale, avec un taux de chômage de 8,2 %.

Vos réactions

" Je crois qu'il faut comprendre que cette récession n'est pas encore terminée. Les statistiques dont vous faites mention nous montrent que le verre est à moitié vide, alors que les " istes " (économistes, spécialistes, etc.) s'évertuent à nous dire qu'il est à moitié plein. "

- Dencour

" Le président de la Réserve fédérale doit augmenter les taux d'intérêt aux États-Unis. Sans quoi d'ici la fin de 2011, il est probable que plusieurs institutions feront faillite et que nous retomberons finalement en récession. Laisser les taux d'intérêt à 0 % va tuer l'économie américaine. "

- Casimir

rene.vezina@transcontinental.ca

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