Sept conseils pour mieux décaisser vos REER

Publié le 09/02/2013 à 00:00, mis à jour le 07/02/2013 à 10:08

Sept conseils pour mieux décaisser vos REER

Publié le 09/02/2013 à 00:00, mis à jour le 07/02/2013 à 10:08

Les travailleurs reçoivent une avalanche de conseils afin de les aider à maximiser leurs REER en vue de la retraite. Toutefois, ils en reçoivent très peu, une fois à la retraite, pour bien gérer leurs retraits. Comment traverser l'étape du décaissement de vos REER de façon efficace ? Voici des conseils de nos experts.

1 VOUS POUVEZ RETIRER DES FONDS QUAND BON VOUS SEMBLE

Contrairement à la croyance populaire, il n'est pas nécessaire d'être à la retraite pour accéder aux fonds de vos régimes enregistrés d'épargne-retraite (REER). Vous êtes autorisé à retirer l'argent de votre REER en tout temps.

Sachez par contre que, ce faisant, le fisc percevra les impôts qu'il n'avait pas prélevés lorsque vous avez effectué votre contribution. Vos retraits devront être ajoutés à vos revenus de l'année, ce qui pourrait accroître votre niveau d'imposition.

En tenant compte d'un taux d'imposition de 40 %, un retrait de 10 000 $ de votre REER ne vous laissera que 6 000 $ dans vos poches. C'est un pensez-y-bien !

2 GARDEZ-VOUS DE LIQUIDER COMPLÈTEMENT VOS ÉCONOMIES HORS REER

Tous les experts s'entendent pour dire qu'avant de toucher à ses REER, un retraité ou un travailleur avançant en âge devrait d'abord piger dans son portefeuille non enregistré (obligations, actions privilégiées, compte d'épargne, etc.), dont les revenus ont été imposés chaque année.

Par la suite, les sommes accumulées dans un CELI peuvent aussi être retirées, libres d'impôt et sans effet sur le calcul des prestations fiscales. En dernier lieu seulement, le moment sera propice de toucher à vos REER.

Sylvain de Champlain, planificateur financier et président de De Champlain Groupe financier, estime que, si cette règle est juste en général, personne ne devrait réduire à zéro ses économies hors REER.

«Si votre toiture coule et que vous avez soudainement besoin de décaisser 10 000 $ de votre REER parce que vous n'avez pas d'argent ailleurs, ça fait mal», illustre-t-il. Pour éviter un tel scénario catastrophe, cet expert conseille à tous ses clients de se garder un fonds d'urgence de 25 000 $ à 50 000 $, contenus dans un compte d'épargne ou un CELI par exemple, qui vous permettra de parer aux imprévus.

3 NE DÉCAISSEZ PAS, OU NE LE FAITES QUE TRÈS LENTEMENT !

Avant l'âge de 71 ans, même une fois à la retraite, aucune disposition légale ne vous force à retirer vos économies de vos REER. Les experts - on l'a vu - déconseillent absolument de retirer des fonds de ses REER avant la retraite. Passer outre ce conseil, et commencer à décaisser tandis que vous profitez toujours d'un plein salaire, vous prive d'accumulation de capital à l'abri de l'impôt tout en vous exposant à de forts taux d'imposition.

C'est pourquoi, s'il vous faut décaisser vos REER, mieux vaut le faire sur une période la plus longue possible, ou lorsque vos revenus provenant de toute autre source auront considérablement diminué, conseille Martin Dupras, planificateur financier et président de ConFor financiers.

Cela dit, si vous ne l'avez pas encore fait à 71 ans, l'État vous forcera à convertir vos REER pour entamer le décaissement de vos économies. Trois options principales s'offrent alors à vous : le retrait en bloc de vos fonds auxquels les impôts auront été prélevés, l'ouverture d'un ou de plusieurs fonds enregistrés de revenu de retraite (FERR), ou encore, l'achat d'une rente viagère.

4 TRANSFÉREZ SON REER DANS UN FERR

Le fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) est l'instrument qu'un particulier peut utiliser pour convertir en revenu de retraite l'épargne qu'il a accumulée dans un REER pendant ses années de vie active.

Un FERR ressemble en tous points à un REER (vous pouvez l'investir dans divers types de produits), à la différence que l'année qui suit le transfert du REER au FERR, l'État lui impose un retrait minimum annuel d'une portion du solde du fonds.

À compter de 71 ans, par exemple, un retraité est tenu de retirer 7,38 % de son solde, tandis qu'à 93 ans, le retrait d'un individu doit égaler ou dépasser une part de 17,92 % de son solde. Il va de soi que le titulaire du fonds doit payer de l'impôt sur la fraction retirée du fonds.

En plus de produire un revenu annuel, le tout à l'abri de l'impôt, le FERR offre le grand avantage de permettre une grande flexibilité à son porteur. Il ne lui impose aucune limite de retrait, dit Sylvain De Champlain.

5 DÉSIMMOBILISEZ VOTRE CRI AU PLUS TÔT

Si vous avez quitté votre employeur et disposez d'un compte de retraite immobilisé (CRI), commencez à retirer les sommes qu'il contient dès que possible, conseille Hélène Boileau, planificatrice financière pour la Banque de Montréal.

Mme Boileau conseille fortement de profiter de la fenêtre de 10 ans que permet le législateur, de 50 à 65 ans, pour retirer le maximum de fonds possible de son CRI.

S'ils attendent trop, les détenteurs d'un CRI ne peuvent retirer plus de 6,7 % du total de sa valeur annuellement à partir de 65 ans, et ce, peu importe leurs besoins. «On ne connaît pas l'avenir. Mais, lorsqu'un besoin survient, il est toujours bon de pouvoir toucher aux économies d'une vie à sa guise.»

De 50 à 65 ans, les retraits sont soumis à des restrictions beaucoup moins importantes, soit l'équivalent de 40 % du maximum des gains admissibles (MGA) de chaque année. Le MGA est le salaire maximal sur lequel les travailleurs et les employeurs du Québec cotisent au Régime de rentes du Québec pour une année donnée. Comme il s'élève à 51 100 $ en 2013, une personne peut retirer jusqu'à un maximum de 20 400 $ par année.

Une fois les fonds retirés, et les impôts correspondants payés, le futur retraité dispose de toute la flexibilité financière possible, y compris de placer son argent dans un REER.

6 SONGEZ À UNE RENTE VIAGÈRE

La rente viagère est mal comprise, voire souvent sous-estimée par la population en général, soutient Hélène Gagné, gestionnaire de portefeuille et conseillère en sécurité financière chez PWL Capital.

À son avis, une telle rente permet souvent de faire contrepoids aux faibles rendements des placements contenus dans les FERR.

En plus d'éliminer au moins en partie les risques liés à la longévité des retraités, la rente viagère a l'avantage d'offrir à l'investisseur des rendements stables, ce qui peut s'avérer payant à long terme, tout en assurant une sécurité d'esprit au retraité.

«Souscrire à une rente viagère à 65 ans n'est peut-être pas une priorité, reconnaît Mme Gagné. Toutefois, à 74 ans, tandis que le prix d'une rente diminue en même temps que l'espérance de vie, ce produit devrait certainement faire partie des réflexions.»

Le hic, estime Martin Dupras, de ConFor Financiers, est que le jour où il y aura une hausse importante des taux d'intérêt, les gens qui auront souscrit à une rente ne pourront en profiter. «Je ne dis pas qu'il faudrait éviter d'en acheter, dit-il. Mais, comme les taux sont à leur plus bas depuis des décennies, le moment est peut-être mal choisi.»

Prenez note que les désavantages liés au risque d'un décès prématuré (empêchant par exemple la succession de récupérer les rentes jamais versées) peuvent être évités par l'achat de protections diverses, ce qui a évidemment pour effet de réduire le montant de la rente mensuelle. «C'est comme lors de l'achat d'une voiture. Plus vous choisissez d'options, moins il vous reste d'argent sur la table», dit Mme Gagné.

7 DÉCAISSEZ TÔT POUR NE PAS ÊTRE PÉNALISÉ

Pour les retraités disposant d'un revenu de retraite modeste (environ 16 000 $ par année pour un célibataire, et ce, excluant la Pension de sécurité de la vieillesse), le gouvernement fédéral prévoit le versement d'un supplément de revenu garanti (SRG). Pour ne pas voir ce supplément de revenu être amputé, Martin Dupras, président de ConFor financiers, soutient qu'il peut être avantageux de retirer ses REER dans les années qui précèdent vos 65 ans. Car au-delà de la limite de revenu permise aux fins de qualification du SRG, chaque tranche de 500 $ de revenu, retirée d'un REER par exemple, réduira de 250 $ le montant d'aide prévu au SRG.

21 %

La proportion de Québécois qui seront incapables de maintenir leur rythme de vie à la retraite.

Source : McKinsey & Company

martin.jolicoeur@tc.tc

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