Sachons profiter des (rares) largesses des gouvernements

Publié le 21/04/2012 à 00:00

Sachons profiter des (rares) largesses des gouvernements

Publié le 21/04/2012 à 00:00

Par René Vézina

Après huit semaines de boycottage étudiant, on commence sérieusement à tourner en rond. Les arguments sont archiconnus, mais on ne cesse de les répéter sur tous les tons. Et le temps passe. Il va bientôt falloir mettre une croix sur bien des sessions qui ne pourront être décemment reprises, à moins d'empiéter sur l'été, et encore.

Les deux camps, pour ou contre la hausse des droits, ont leurs partisans qui s'envoient mutuellement promener. Pendant ce temps-là, on passe tout droit sur bien des questions qui demeurent occultées.

«Pourquoi, dans tout ce débat sur les frais de scolarité, personne ne parle des régimes enregistrés d'épargne-études (REEE) ?» me demande par courriel un observateur, Éric Chevalier, de Montréal, en rappelant que les deux gouvernements, fédéral et provincial, bonifient de 30 % la mise de fonds des parents, et que l'aide peut être encore plus grande si les gens ont de petits moyens. «Mon épouse et moi avons choisi cette méthode pour laisser un héritage à nos enfants plutôt que de nous payer un voyage dans le Sud.»

D'accord, répond l'écho, mais il faut déjà, au départ, être en mesure de s'offrir l'un ou l'autre. Avec le taux d'endettement actuel, beaucoup de ménages arrivent difficilement à joindre les deux bouts de semaine en semaine. Dans ces circonstances, mettre de l'argent de côté pour les études des enfants paraît hors de portée... À moins qu'on ne profite des largesses du gouvernement fédéral et du Bon d'études canadien, encore méconnu bien qu'il s'agisse là d'un véritable cadeau.

Résumons : Ottawa accepte de verser 500 $ à l'ouverture d'un compte REEE, sans que les parents ne soient tenus de verser le moindre sou, dans la mesure où ils se qualifient en fonction des critères suivants : ils doivent être admissibles au Supplément de la prestation nationale pour enfant, et l'enfant concerné doit être né après le 31 décembre 2003. Si on satisfait à ces deux exigences, bingo !

Évidemment, ce coup de pouce gouvernemental est destiné aux familles à faible revenu qui auraient autrement de la difficulté à engraisser un REEE. Mais attendez, ce n'est pas tout, comme dirait l'infomercial télé : on va ajouter 100 $ par année, toujours sans obligation de contrepartie, jusqu'à ce que l'enfant atteigne 15 ans. Et le gouvernement va même aider à défrayer les coûts d'ouverture d'un REEE en ajoutant un chèque de 25 $.

Voilà déjà qui règle le cas des esprits chagrins qui dénigrent le principe même de l'épargne études en disant qu'elle est réservée aux ménages fortunés. Par l'entremise du Bon, Ottawa peut verser jusqu'à 2 000 $ qui vont s'accumuler à l'abri du fisc. À l'échéance, cette somme est imposable. Mais lorsque l'étudiant(e) commencera à retirer l'argent pour des études postsecondaires, il est peu probable que son revenu global sera assez élevé pour qu'il(elle) soit alors obligé(e) de payer des impôts.

Idéalement, mieux vaut se constituer une plus grosse cagnotte en plaçant des fonds dans son REEE. Et dans ce cas, les deux gouvernements viennent en renfort. Ottawa ajoute 20 % au montant cotisé par année, et peut même en ajouter plus si le revenu familial net ne dépasse pas 85 414 $. De son côté, Québec offre un crédit d'impôt remboursable de 10 % sur la première tranche de 2 500 $, et accorde un crédit supplémentaire si on cotise davantage une année donnée après avoir négligé de le faire auparavant.

Compliqué ? Un conseiller financier compétent saura bien vous aider si vous ouvrez un REEE en vous prévalant de l'une ou l'autre de ces options. Mais comme le faisait remarquer M. Chevalier, c'est un point essentiel à considérer dans cette empoignade sur les droits de scolarité accrus. On ne peut savoir ce que l'avenir réserve à ses enfants, mais des études poussées, ça se prépare et ça se finance. Le choc des factures plus élevées s'amortit d'autant, sans oublier que, d'une façon ou d'une autre, les frais de scolarité sont déductibles d'impôt pour la personne qui les acquitte.

À se demander s'il y a quelqu'un qui sait compter dans la salle ! Dommage pour ceux et celles dont les parents ont été négligents. Au moins, la crise actuelle permet le rappel de ces programmes d'aide incontournables. Et comme les gouvernements ne nous font pas souvent de cadeaux, il serait dommage de ne pas profiter des quelques ouvertures qu'ils nous consentent.

DE MON BLOGUE

Boycottage étudiant

Une démocratie étudiante à géométrie variable

Pour une des associations étudiantes de l'UQAM, il suffit d'un vote à simple majorité (50 %+ 1) pour déclencher un boycottage des cours... mais il faudra un vote aux 2/3 de l'assemblée pour l'annuler. Démocratie, vous dites ? C'est ainsi qu'on conduit la grève, ou le boycottage, à l'AFELC, l'Association facultaire des étudiants en langue et communication de l'UQAM.

Vos réactions

«Je crois que tous les étudiants se tirent dans le pied ; ceux qui boycottent certes, mais aussi les autres qui sont contre et ne se présentent pas aux votes [...] Ce mouvement est grandement perpétué par ces médias qui sont loin de faire preuve de neutralité.»

- prophète

«Ce conflit avec les étudiants (et les profs et syndicats qui les appuient) nous rappelle à quel point [...] ça risque de barder au Québec quand, inévitablement, il faudra couper pour de vrai et surtout s'attaquer au vrai problème : les privilèges des grands bénéficiaires de tout ce système, les employés du secteur public.»

- pbrasseur

blogue > www.lesaffaires.com/rene-vezina

rene.vezina@tc.tc


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