Reitmans est bon marché, mais en eau trouble

Publié le 21/07/2012 à 00:00

Reitmans est bon marché, mais en eau trouble

Publié le 21/07/2012 à 00:00

L'action de Reitmans (Tor., RET.A, 12 $) a beau se négocier au plus bas depuis 2002 et offrir un alléchant rendement de dividende de 6,7 %, son titre n'est pas une aubaine criante.

Le plus important détaillant pour femmes du pays a les mêmes revenus qu'en 2007 et vient d'essuyer une première perte trimestrielle depuis 2003, avant même l'arrivée du géant américain Target, qui vise tout comme lui le créneau des vêtements à bon prix.

«Le rendement de dividende élevé et les importantes liquidités au bilan donnent un faux sentiment de sécurité. Le dividende versé dépasse les bénéfices et les flux de trésorerie excédentaires que dégage la société, et ce, avant même que la concurrence ne s'intensifie davantage», dit Carl Simard, président de Medici.

Le détaillant attribue ses moins bons résultats à la baisse conjoncturelle de la fréquentation des consommatrices. Toutefois, M. Simard voit dans le déclin de ses revenus un signe que le positionnement de ses enseignes est déficient.

«Reitmans tirait bien son épingle du jeu contre les vieux La Baie, Sears et Zellers, dans le passé. Maintenant, elle doit affronter de bons détaillants tels que Simons et Winners, en plus d'un nombre croissant de nouveaux concurrents étrangers», dit-il.

De plus, le titre se négocie à un multiple de 13 fois le bénéfice de 0,89 $ par action projeté en 2013, une prévision que M. Simard juge douteuse. «Ce n'est pas particulièrement bon marché pour une société dont le redressement dépend d'un repositionnement qu'on ne voit pas venir.»

Un dividende pour patienter

Alain Chung, gestionnaire de portefeuille chez Claret, est moins sévère que son collègue à l'égard de Reitmans. Après tout, le détaillant dégage encore des flux de trésorerie enviables de son exploitation (97 millions de dollars depuis 12 mois) et dispose d'un coussin de liquidités (4 $ par action), pour faire face à la musique.

«Au prix actuel, l'investisseur paie bien peu pour un dividende annuel de 0,80 $ par action. Cet argent qui entre permet d'attendre que la société retrouve son erre d'aller. Comme la famille Reitman contrôle la société, elle ne réduira pas le dividende», dit-il.

Le titre baisse parce que les investisseurs le voient sans cesse reculer en Bourse. «Pourtant, quand on possède un immeuble à revenu, on ne vérifie pas sa valeur marchande tous les jours. On se concentre sur les loyers qui entrent», dit M. Chung.

«Au cours actuel, l'action est attrayante pour miser sur un éventuel retour à une économie et à un multiple d'évaluation normaux. D'ici là, je récolte 6,7 %. Target fera mal à bien des détaillants faibles. Les plus solides survivent et en profitent», conclut-il.

Une cible pour un fonds ?

L'encaisse élevée de Reitmans et ses faibles coûts d'exploitation pourraient attirer l'attention d'un acquéreur financier, selon l'analyste Tal Woolley, de RBC Marchés des Capitaux.

La possibilité qu'un fonds d'investissement fasse une offre pour Reitmans est l'une des cinq raisons de rester fidèle au titre du détaillant montréalais.

«Il est possible que la société envisage de vendre, étant donné le cours affaibli de son action et l'absence de plan de succession, à Jeremy Reitman, 66 ans. Nous croyons depuis un moment qu'un prix de 25 $ par action capterait l'attention des dirigeants», écrit M. Woolley.

Il rappelle que Canadian Tire a payé 8 fois les bénéfices d'exploitation pour le Groupe Forzani, tandis que Reitmans vaut 4 fois les siens, bien que Reitmans dégage un rendement de l'avoir deux fois plus élevé.

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Liquidités de Reitmans, en millions de dollars. Celles-ci équivalent au tiers du cours de son action.

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