Redéfinir l'industrie des prothèses dentaires grâce à l'impression 3D

Publié le 05/10/2013 à 00:00, mis à jour le 03/10/2013 à 11:38

Redéfinir l'industrie des prothèses dentaires grâce à l'impression 3D

Publié le 05/10/2013 à 00:00, mis à jour le 03/10/2013 à 11:38

L'entreprise montréalaise 3DRPD a investi deux millions de dollars depuis sa création dans le but de devenir le leader mondial de la fabrication de stellites - le châssis métallique qui maintient les dents en place sur un dentier - conçus et fabriqués par ordinateur.

Ces investissements ont principalement servi à mettre au point la technologie de fabrication additive (impression 3D) à partir de poudres métalliques, le chrome-cobalt dans ce cas-ci.

Il y a trois ans, Denis Thériault, un technicien dentaire qui a fondé Dentachrome à Québec en 1983, rencontrait Naoum Araj, de Dental Wings, à Montréal, spécialisée dans les scanneurs optiques. «Naoum avait conçu un logiciel pour dessiner des partiels sur ordinateur et voulait que je l'aide à le peaufiner», explique M. Thériault, 54 ans.

Le premier du monde

Le hic, c'est qu'une fois le logiciel au point, il n'existait personne pour fabriquer les partiels. M. Thériault voit dans cette lacune une belle occasion d'affaires et achète une imprimante 3D de la française Phenix Systems (acquise en juillet par la californienne 3D Systems) pour un demi-million de dollars.

La technologie des poudres métalliques étant encore capricieuse, il a fallu six mois à M. Thériault pour arriver à la maîtriser. Sans parler de l'approbation CSA qu'il a dû obtenir pour la machine et celle de Santé Canada pour les poudres.

«Naoum m'a dit : "T'es le premier du monde à faire ça !" lance M. Thériault, qui a obtenu son MBA en 2000. Je me suis rendu compte qu'on avait réalisé quelque chose de pas mal le fun.»

C'est ce que pensent aussi Desjardins et Investissement Québec, qui ont accordé à 3DRPD de très bonnes conditions de financement.

Les États-Unis, puis la France

Aux États-Unis, où 5 000 des 13 000 laboratoires dentaires ont fermé leurs portes au cours des dernières années à cause du dumping asiatique, 3DRPD vient de fonder une société à Rouses Point, tout près de la frontière québécoise.

Dans le local de 12 000 pieds carrés, la production commencera en novembre 2013 avec une capacité de 400 partiels par jour. Chez nos voisins du Sud, cela représente une fraction de la demande de 2,7 millions de prothèses par année. Douze emplois vont ainsi être créés dans l'État de New York.

«Les partiels, c'est de la vieille technologie, admet M. Thériault. Mais une majorité de la population n'a pas les moyens de se payer la nouvelle technologie des implants.»

Actuellement, 3DRPD produit des stellites pour 40 partiels par jour pour des laboratoires dentaires. Il existe 275 laboratoires dentaires au Québec, dont environ 15 % font des stellites.

En France, où elle sera présente à partir de 2014, la PME de Montréal va s'associer à Bongert, qui lui versera des redevances. D'ici là, les 15 et 16 novembre, 3DRPD présentera son innovation à l'exposition commerciale organisée à Anaheim par la Dental Laboratory Owners Association of California.

20 M$ d'ici cinq ans

Selon M. Thériault, le principal avantage offert par sa technologie repose sur la qualité du produit fini. «La fabrication de partiels est très artisanale. Si tu envoies ta commande dans 15 laboratoires, tu vas avoir 15 stellites différents. Alors qu'avec nous, c'est la perfection à tout coup !»

Par surcroît, 3DRPD vend ses stellites 40 % moins cher, parce qu'elle veut miser sur le volume plutôt que sur la marge de profit élevée.

«Aux États-Unis, nous allons vendre nos stellites 95 dollars américains aux laboratoires, alors que le prix moyen est de 176 $ US», précise M. Thériault. Ce qui, selon lui, devrait permettre à sa PME de générer assez rapidement un chiffre d'affaires annuel de 12 à 15 millions de dollars. «D'ici cinq ans, le chiffre d'affaires combiné de 3DRPD Montréal, USA et France devrait atteindre 20 M$.»

dominique.froment@tc.tc

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