Réduire les équipes pour augmenter l'efficacité des projets

Publié le 01/10/2011 à 00:00

Réduire les équipes pour augmenter l'efficacité des projets

Publié le 01/10/2011 à 00:00

Par Ulysse Bergeron

Solutions Abilis a fait preuve d'agilité en s'inspirant de l'armée pour créer des "commandos" ultraproductifs afin de rentabiliser les projets des clients, qui sont facturés au forfait plutôt qu'à l'heure.

Éric Le Goff, président fondateur de Solutions Abilis, aime penser les affaires autrement. Il ne s'en cache pas. L'approche par forfait qu'il a développée est le secret du succès de l'entreprise : 95 % des contrats conclus sont menés à terme dans les délais prévus.

"Certains des grands fournisseurs informatiques facturent à l'heure. Du coup, ils ont intérêt à faire durer le projet. C'est ce qui explique les nombreux délais en informatique", fait-il remarquer.

Selon lui, il s'agit là d'une approche "contre-productive", en raison du fossé qui sépare l'intérêt des fournisseurs de celui de leurs clients. "L'un rentabilise en prenant son temps, tandis que le client désire obtenir une solution le plus rapidement possible."

Nouvelle approche

Le système de gestion des détenus CORIS, mis au point par la PME, est aujourd'hui le plus important logiciel de gestion dans le secteur des services correctionnels en Amérique du Nord.

L'entreprise doit son succès à sa nouvelle approche.

"Lorsque nous décrochons un contrat, le client est en mesure de savoir combien le système ou la solution que nous lui proposons lui coûtera. Il n'aura pas de mauvaises surprises, car nous assumons tous les risques liés au dépassement éventuel des délais", note-t-il.

Une approche qui fait le bonheur de ses clients...

Comme une maison clés en main

La recette de l'entreprise montréalaise dont le chiffre d'affaires frôle les 20 millions de dollars : décortiquer chaque détail d'un projet.

"Comme pour construire une maison clés en main, nous évaluons la valeur de chacun des matériaux utilisés et de ce que souhaite construire le client. Par la suite, nous faisons deux propositions : l'évaluation des coûts à partir de ce que désire le client et une proposition qui vise une réduction de coûts."

Pour accroître son efficacité et sa productivité, l'entreprise a dû adapter ses façons de faire. Elle favorise le travail en petites équipes qui suivent certaines phases du projet ou l'ensemble de celui-ci, du début à la fin.

"J'ai constaté que l'efficacité d'une équipe devient maximale lorsque celle-ci ne dépasse pas sept personnes. C'est un principe d'organisation de base, qu'on retrouve dans l'armée par exemple", indique-t-il.

Quand dépasse ce nombre, souligne-t-il, l'entreprise doit nécessairement ajouter des niveaux de responsabilités. "Du coup, on perd en efficacité et en productivité, ce qu'on ne peut se permettre avec une approche forfaitaire."

Marché américain

Les trois quarts du chiffre d'affaires de l'entreprise montréalaise viennent de l'extérieur du Québec.

Certes, Abilis a quelques contrats en Europe, mais son marché phare est celui de l'Amérique du Nord. En particulier les États-Unis, où elle possède sa propre division, Abilis New England. Les voisins du Sud totalisent 60 % du chiffre d'affaires de l'entreprise.

Pour percer le marché américain, Abilis s'est servi du milieu carcéral comme fer de lance. L'entreprise a commencé par obtenir un contrat pour le système de gestion des 35 000 détenus de l'État de Virginie. Elle reprenait ainsi le flambeau d'un fournisseur allemand et d'une filiale de Bell Canada, qui avaient abandonné le projet d'implantation d'un système centralisé pour l'ensemble de l'État en raison des délais.

Abilis a fait ses preuves et le projet a fait boule de neige. Depuis, l'entreprise a développé des systèmes de gestion pour les États du Maine et du New Hampshire. Son système de gestion des détenus, CORIS, est d'ailleurs aujourd'hui le plus important logiciel de gestion de données dans le secteur des services correctionnels en Amérique du Nord.

Pourquoi ne pas être plus présent au Québec ? "Nous le voudrions bien", répond Éric Le Goff. Le président fondateur rappelle qu'il est plutôt difficile de percer dans la province. Les contrats octroyés au Québec sont très souvent remportés par les trois mêmes entreprises, soit CGI, DMR et LGS.

UNE VÉRITABLE TOUR DE BABEL

Solutions Abilis est une vraie tour de Babel. Près de 80 % des 160 employés de l'entreprise viennent de l'extérieur de la province. "On dénombre 22 nationalités", dit Éric Le Goff, président de l'entreprise.

Lors de la création de l'entreprise, en 1996, il y avait pénurie de main-d'oeuvre en informatique. "Nous nous sommes donc tournés vers les nouveaux arrivants", explique-t-il.

Abilis a une entente avec le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles et la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys afin d'offrir des cours de français facultatifs aux employés issus de l'immigration.

"Nous organisons les horaires pour qu'ils puissent suivre ces cours, nous leur payons les heures et nous offrons les locaux", dit M. Le Goff.

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