Que savoir avant d'embaucher des étrangers

Publié le 28/04/2012 à 00:00

Que savoir avant d'embaucher des étrangers

Publié le 28/04/2012 à 00:00

Recruter des employés spécialisés pour combler ses besoins en main-d'oeuvre ne se fait pas en un tournemain. «C'est un long processus qui peut s'échelonner sur au moins trois à quatre mois, même souvent davantage», dit Julie Lessard, responsable de l'équipe spécialisée en immigration d'affaires de BCF. Son équipe a recruté quatre avocats ces derniers mois et elle compte désormais 17 personnes pour répondre aux besoins grandissants des entreprises.

Car pour réussir, les employeurs doivent s'assurer de respecter certaines règles. «Les problèmes viennent généralement d'un manque de diligence de la part de l'employeur», note Philippe Tremblay, qui vient de lancer le cabinet d'avocats New Era Immigration, spécialisé en immigration d'affaires.

1 Diriger ses antennes vers le Québec en premier

Avant de se lancer dans un recrutement tous azimuts à l'international, l'employeur doit commencer par vérifier que la personne recherchée est une perle rare au Québec. «Il est important, dès le départ, de vérifier que le besoin en main-d'oeuvre ne peut être comblé ici», souligne M. Tremblay.

L'entreprise qui a un poste à pourvoir doit donc le faire savoir, au Québec d'abord, en faisant paraître une offre d'emploi dans les journaux locaux ou nationaux, ou dans des banques d'emplois en ligne, comme celle d'Emploi-Québec.

L'employeur obtient alors un «avis sur le marché du travail». En clair, cela signifie qu'il a fait la preuve de ses efforts de recrutement et qu'il n'a pas pu trouver de candidat d'ici ou de résident permanent apte et disponible à occuper l'emploi en question.

«Conservez une copie de vos annonces et gardez en note les entrevues que vous avez fait passer», suggère d'ailleurs le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles.

2 Viser des professions où la pénurie est reconnue

L'entreprise doit ensuite attendre l'accord du gouvernement, qui vient sous la forme d'un certificat d'acceptation du Québec.

Tout ce processus «est long et fastidieux, et les délais de traitement sont actuellement d'environ trois mois», dit Julie Lessard, en précisant que l'exigence d'examens médicaux aux fins d'immigration ou l'obtention d'un visa pour certains ressortissants étrangers risque de prolonger l'attente.

Depuis février dernier, «les employeurs peuvent toutefois obtenir plus rapidement des permis de travail pour embaucher certains travailleurs étrangers temporaires», souligne Mme Lessard, qui exerce en droit de l'immigration d'affaires depuis près de 15 ans.

En effet, si le poste offert est lié à l'une des 44 professions où il y a d'importants écarts, à court terme, entre l'offre et la demande en matière de main-d'oeuvre, le nouveau programme simplifié du gouvernement offre la possibilité d'obtenir des permis de travail sans avoir à faire la preuve d'efforts de recrutement et par une voie accélérée.

«Le délai est d'environ 10 jours au lieu des 3 mois usuels», précise Julie Lessard. Cette liste regroupe principalement des emplois en génie (ingénieurs ou techniciens), en santé (médecins, dentistes, vétérinaires, pharmaciens et autres).

3 Déclarer tout changement au permis de travail

Le permis de travail obtenu pour un travailleur étranger est très strict. Il est délivré pour un emploi et un employeur précis et pour une période établie. Il fournit notamment une description détaillée de l'emploi, le nombre maximal d'heures de travail par semaine et le salaire.

«Il arrive que des entreprises nous demandent de changer le nom de l'employé sur le permis, parce qu'ils ont recruté un autre travailleur étranger qui était déjà au Québec. C'est impossible, le permis n'est pas transférable», dit Philippe Tremblay.

Le titulaire d'un permis de travail déjà établi au Canada qui se voit offrir un emploi par un autre employeur doit obtenir un nouveau permis de travail avant de commencer ce nouvel emploi.

Même «les changements au statut d'un travailleur risquent de requérir un nouveau permis de travail», ajoute Mme Lessard. Comme un changement de fonction, une promotion ou un autre lieu de travail.

Les conjoints des travailleurs peuvent en revanche obtenir un permis de travail ouvert qui leur permet d'occuper n'importe quel emploi auprès de n'importe quel employeur. «Cela vise à faciliter la venue des travailleurs étrangers», explique M. Tremblay.

4 Vérifier la date de validité du permis

Le permis de travail temporaire est assorti d'une date butoir, fixée au maximum trois ans après sa délivrance, avec un prolongement possible d'une autre année. «Il faut donc planifier à l'avance les étapes du renouvellement», dit Julie Lessard. Les entreprises qui contreviennent aux règles risquent des sanctions monétaires et l'exclusion du programme des travailleurs étrangers pour une durée de deux ans. Enfin, il n'est pas obligatoire de garder un employé pendant toute la durée du permis. «S'il ne fait pas l'affaire, l'employeur peut le congédier comme tout autre employé», note Philippe Tremblay.

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