Quatre sources de financement pour le rachat d'une entreprise

Publié le 20/10/2012 à 00:00

Quatre sources de financement pour le rachat d'une entreprise

Publié le 20/10/2012 à 00:00

Par Gabriel Nadon

Les repreneurs ont rarement assez de capitaux pour effectuer une mise de fonds substantielle dans un rachat d'entreprise. Heureusement, il existe plusieurs outils financiers pouvant les aider à conclure une transaction.

La mise de fonds de l'acheteur n'est souvent que symbolique dans les cas de relève familiale. Mais lorsque l'achat est effectué par des tiers, l'importance de leur injection de fonds est souvent influencée par les partenaires financiers présents. Un repreneur qui possède une expertise dans le secteur d'activité convoité, mais dont la mise de fonds est relativement faible sera plus crédible qu'un autre sans expérience dans le domaine.

1. Le cédant

La participation du vendeur, sous la forme d'un solde de prix de vente, est souvent de mise lorsque des personnes proches de lui, famille ou employés, sont concernées. Elle est plus rare lorsque l'acheteur provient de l'externe.

2. Les institutions financières

Le financement bancaire est une source de financement très accessible pour la relève. Il est toujours basé sur la valeur des garanties offertes, en général les immobilisations, et sur la capacité de l'entreprise à le rembourser. Celle-ci doit donc démontrer une très bonne rentabilité.

3. Le capital de développement

Le capital de développement, malheureusement peu utilisé par les entrepreneurs québécois, prend deux formes, soit la débenture (par définition, un prêt sans garantie) et la participation au capital-actions de l'entreprise. (Voir autre texte.)

4. Le Fonds Relève Québec

Le Fonds Relève Québec (www.fondsrelevequebec.com) est récemment issu d'un partenariat entre le gouvernement du Québec et les trois fonds fiscalisés, soit le Fonds de solidarité FTQ, Fondaction CSN et Capital régional et coopératif Desjardins. Il permet aux acheteurs d'entreprises de doubler leur mise de fonds grâce à un prêt personnel consenti à l'individu ou à sa société de gestion personnelle à des conditions des plus avantageuses. Le prêt (minimum 50 000 $, maximum 200 000 $ par personne et 500 000 $ par entreprise), sans caution ni garantie autre que les actions obtenues dans le cadre de l'acquisition, est remboursable sur une période de 5 ou 7 ans et porte intérêt à un taux avantageux fixé pour la durée du prêt.

Un financement approprié est primordial pour assurer le succès du transfert d'entreprise et la sécurité financière du vendeur. Il existe toute une gamme de produits financiers à leur disposition. Aux cédants et aux repreneurs d'en faire bon usage!

FINANCER LA RELÈVE : AVEZ-VOUS PENSÉ AU CAPITAL DE DÉVELOPPEMENT?

Le capital de développement, qui sert à appuyer la croissance d'une entreprise, est trop peu utilisé par les entrepreneurs québécois. Pourtant, il présente des avantages indéniables, notamment parce qu'il ne comporte aucune garantie ni caution personnelle. De plus, il est complémentaire au financement bancaire traditionnel et il est une source plus «patiente» de financement.

Il prend plusieurs formes : la débenture (par définition, un prêt sans garantie) et la participation au capital-actions de l'entreprise. Selon le contexte et la structure financière de l'entreprise, les deux formes pourraient être utilisées concurremment. N'étant pas garantis, ces deux outils de financement permettent donc à l'entreprise de conserver sa capacité d'emprunt pour soutenir sa croissance, effectuer des acquisitions ou développer de nouveaux produits ou de nouveaux marchés.

La débenture

Les modalités de remboursement de la débenture sont en général très souples; établies en fonction des fonds générés de l'entreprise, elles peuvent prévoir, selon les institutions prêteuses, un congé de remboursement de capital les premières années. Les versements peuvent ensuite s'échelonner sur près de dix ans, voire même plus, laissant ainsi de l'oxygène à la relève pour réaliser ses projets.

La participation au capital-actions

Par sa participation au capital-actions de l'entreprise, l'investisseur devient partenaire, généralement minoritaire, des repreneurs qui pourront le racheter après un délai qui peut également s'échelonner sur plus de dix ans. Une transaction bien planifiée pourrait permettre à chacun des actionnaires vendeurs de bénéficier de l'exonération fiscale sur gain en capital de 750 000 $.

L'investisseur en capital de développement ne s'ingère pas dans la gestion quotidienne de l'entreprise. C'est pourquoi il accorde tant d'importance à la qualité de l'équipe de direction dans son analyse. Par contre, il épaule l'entreprise dans la mise en oeuvre de son plan d'affaires, que ce soit par son expertise du secteur d'activité, son réseau de contacts ou sa présence au conseil d'administration.

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