Quatre experts, 12 titres

Publié le 24/08/2013 à 00:00, mis à jour le 22/08/2013 à 09:20

Quatre experts, 12 titres

Publié le 24/08/2013 à 00:00, mis à jour le 22/08/2013 à 09:20

De grandes multinationales américaines, des sociétés du Québec inc., des entreprises méconnues. Nos quatre experts nous ont donné des idées diversifiées à temps pour la rentrée boursière. Voici leurs 12 suggestions.

LES CHOIX DE LUC GIRARD

Bombardier

1 000 $ investi il y a un an vaut 1 356 $

La CSeries rend les investisseurs craintifs, mais l'action de l'avionneur pourrait décoller lorsqu'il y aura une plus grande certitude à l'égard du nouvel appareil, dit Luc Girard, gestionnaire de portefeuille de l'équipe Noël-Girard chez Valeurs mobilières Desjardins.

À 13,4 fois les bénéfices prévus pour 2013 et à 9,7 fois ceux de 2014, le portefeuilliste trouve le titre attrayant. «La société pourrait réaliser un profit de 0,60 $ par action en 2015. En accordant un multiple de 15 fois les bénéfices, on obtient un cours de 9 $.»

M. Girard note que Bombardier (Tor., BBD.B, 4,79 $) a aussi l'intention de réduire ses dépenses d'investissement, ce qui lui permettra de générer des flux de trésorerie positifs. Autre atout : le marché des jets régionaux est en «légère croissance».

En parallèle, la division Transport offre un certain soutien au titre, tandis que la division Aéronautique amène plus de volatilité. M. Girard accorde une valeur de 3,50 $ par action à la division Transport.

Christine Décarie, vice-présidente du Groupe Investors, détient des actions de Bombardier dans son fonds d'entreprises québécoises. Elle prône cependant la prudence à ce stade-ci. «Le potentiel haussier est grand, mais il y a des risques de délais et de dépassements de coûts, note-t-elle. Je suis plus prudente, mais lorsque mes inquiétudes seront dissipées, si elles le sont un jour, l'action aura probablement déjà beaucoup monté.»

AT&T

1 000 $ US investi il y a un an vaut 956 $ US

Les actions des sociétés canadiennes de télécommunications sont reconnues pour leurs généreux dividendes. AT&T (NY, T, 33,79 $ US) est un bon titre pour investir dans ce secteur au sud de la frontière, croit Luc Girard.

Le dividende du géant texan procure un rendement de plus de 5 %. AT&T générera des flux de trésorerie disponibles de 10,5 milliards de dollars américains (G $ US) en 2013, note le conseiller en placement. «C'est une machine à produire des liquidités, commente-t-il. Ce n'est pas l'entreprise qui connaît la plus forte croissance, mais elle gère bien ses capitaux.»

Vingt-et-unième capitalisation boursière en importance dans le monde, AT&T profitera des occasions qu'offre l'utilisation croissante des téléphones intelligents. L'intérêt de sa rivale Verizon (NY, VZ, 47,50 $ US) pour le marché canadien fait couler beaucoup d'encre. M. Girard ne croit pas qu'AT&T songe à étendre ses activités au Canada et juge qu'elle n'aurait pas intérêt à le faire.

Apple

1 000 $ US investi il y a un an vaut 810 $ US

Apple (Nasdaq, AAPL, 507,74 $ US) a perdu de son lustre et a cédé près du tiers de sa valeur depuis l'automne dernier. Luc Girard y voit une occasion d'acheter une entreprise «de très grande qualité», d'autant plus que l'humeur pourrait changer cet automne lorsqu'on en saura plus sur les prochains produits de l'entreprise californienne.

En retranchant l'encaisse de 155 $ US par action, le titre vaudrait environ 300 $ US. À ce prix, l'action se négocie à 6,2 fois les profits prévus pour 2014. «C'est peu cher pour une entreprise capable d'augmenter ses bénéfices de 15 à 20 % par année durant cinq ans», commente-t-il.

Jean-Paul Giacometti, vice-président et gestionnaire de portefeuille chez Claret, évite les technos. «Dans ce secteur, tu passes très vite de "héros" à "zéro". Apple a quand même réussi à se transformer à trois reprises», concède-t-il.

François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille de Giverny Capital, qualifie Apple de «miracle du capitalisme». Les investisseurs devraient éviter d'utiliser l'encaisse pour évaluer les actions du secteur des technologies, selon lui. «Par prudence, elles conservent leurs liquidités pour la R-D et les acquisitions. L'intention est noble, mais les actionnaires n'en voient pas la couleur.»

M. Girard rappelle qu'Apple verse désormais un dividende et que son rendement à 2,6 % fait «très bonne figure» parmi les sociétés du S&P 500.

LES CHOIX DE CHRISTINE DÉCARIE

Québecor

1 000 $ investi il y a un an vaut 1 301 $

Québecor (Tor., QBR.B, 22,65 $) possède un avantage concurrentiel par rapport aux autres sociétés de télécommunications, croit Christine Décarie, vice-présidente du Groupe Investors. Elle juge que le titre peut s'apprécier de 15 % d'ici un an.

Au Québec, sa filiale Vidéotron est plus concurrentielle que Rogers, BCE ou Telus, estime la gestionnaire de portefeuille. La société offre des services intégrés : téléphonie, câblodistribution et Internet, ce que ne proposent pas nécessairement tous les acteurs de la province. «Bell le fait, mais la qualité du service est moindre», juge Mme Décarie.

Les sociétés de câblodistribution, comme Vidéotron, devraient voir le poids de leurs dépenses d'investissement par rapport aux revenus diminuer d'ici deux à trois ans. Québecor réduit aussi sa dette. «Cela veut dire que la société générera davantage de liquidités, ce qui est bon pour l'évaluation», explique la gestionnaire, qui est responsable d'un fonds d'entreprises québécoises.

La valeur accordée à son réseau sans fil par les analystes équivaut à environ la moitié des investissements faits par Québecor pour intégrer ce secteur. «À mon avis, il y a beaucoup de potentiel haussier», ajoute-t-elle.

Le secteur médiatique connaît des difficultés, admet Mme Décarie, mais ces activités ne représentent plus que 4 % de la valeur de la société. Ce n'est pas un risque énorme.

Héroux-Devtek

1 000 $ investi il y a un an vaut 1 242 $

Les investisseurs sous-estiment la valeur d'Héroux-Devtek (Tor., HRX, 8,10 $) au moment où l'aéronautique civile se trouve dans un cycle haussier, affirme Christine Décarie.

L'entreprise de Longueuil fabrique et entretient des trains d'atterrissage. Elle tire 55 % de ses revenus du secteur militaire et 45 % de l'aviation civile. «Les restrictions budgétaires aux États-Unis représentent un risque, mais les perspectives sont favorables du côté de l'aviation civile», résume Mme Décarie.

Les appareils des transporteurs aériens sont vieillissants et les acteurs de l'industrie sont à la recherche d'appareils moins énergivores, note la gestionnaire. Aussi, le marché se développe dans les pays émergents.

La société a investi en R-D afin de s'imposer davantage en tant que fournisseur plutôt qu'en tant que sous-traitant. «On sent moins de pression sur les coûts lorsqu'on est fournisseur de premier rang», ajoute-t-elle.

HRX est sous-évaluée par le marché, selon Mme Décarie. Lorsque l'entreprise dirigée par Gilles Labbé a vendu sa division de produits d'aérostructure et celle de produits industriels pour 300 M $ en 2012, le prix de vente représentait un multiple de 10 fois le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA). L'action s'échangeait à cinq fois le BAIIA. «En ce moment, ce multiple est à six fois le BAIIA, ce qui laisse un potentiel haussier.».

Atrium

1 000 $ investi il y a un an vaut 1 472 $

Le fabricant de suppléments alimentaires Atrium (Tor., ATB, 15,83 $) pourra profiter du grand potentiel de son industrie grâce à un changement de stratégie, croit Christine Décarie.

L'entreprise de Québec a fait passer les investisseurs par bien des émotions. L'action a chuté de moitié depuis son sommet de 2007. Depuis son creux de 2012, elle a regagné 50 %. «Je me suis déjà brûlée avec le titre, mais je le recommande encore aujourd'hui», avoue la portefeuilliste.

Atrium a été critiquée pour avoir procédé trop rapidement à des acquisitions sans bien les intégrer. Mme Décarie note que la société se concentre désormais à améliorer ses marges et à rembourser ses dettes.

Mme Décarie est «très optimiste» à l'égard des perspectives du marché des produits naturels. «Même durant la crise économique, les consommateurs n'ont pas arrêté d'acheter leurs suppléments ou leurs vitamines.»

Dans la précédente édition de notre table ronde, Philippe Le Blanc, président et gestionnaire de portefeuille chez Cote 100, a aussi recommandé Atrium. Il mise sur une amélioration des marges accompagnée d'une croissance des revenus.

Jean-Paul Giacometti, de Claret, aime aussi l'entreprise, mais estime qu'à ce prix, l'action n'est plus une aubaine. Le titre s'échange à huit fois le bénéfice prévu pour 2014.

LES CHOIX DE JEAN-PAUL GIACOMETTI

CST Brands

1 000 $ US investi depuis mai 2013 (entrée en Bourse) vaut 1 121 $ US

Séparée de Valero Energy (NY, VLO, 34,75 $ US), CST Brands (NY, CST, 34,42 $ US) pourra consacrer ses énergies à accroître ses marges. C'est une belle occasion pour les investisseurs tandis que l'action de l'entreprise entrée en Bourse au printemps dernier reste peu chère, soutient Jean-Paul Giacometti, vice-président et gestionnaire de portefeuille chez Claret.

CST Brands est l'ancienne division de détail de Valero Energy. Elle exploite 1 900 stations-service au Canada et aux États-Unis. Au Québec, elle est présente sous les enseignes Ultramar et Dépanneur du Coin.

CST Brands obtient une marge bénéficiaire de 3,1 %, comparativement à une moyenne de 3,9 % pour le secteur. «Les marges n'étaient pas une priorité pour Valero», raconte M. Giacometti.

Si CST parvient à augmenter ses marges à 3,5 %, le titre pourrait passer de 32 à 40 $, prévoit-il. «Ce n'est pas une cible, mais ça démontre que ça ne prendrait pas grand-chose pour porter l'action à ce niveau.».

L'action s'échange à un multiple de 14 fois les profits prévus pour 2014. C'est une valorisation moins élevée que celle de sa rivale québécoise Alimentation Couche-Tard (Tor., ATD.B, 59,65 $), qui se vend à 16 fois les bénéfices.

Starz

1 000 $ US investi depuis janvier 2013 (entrée en Bourse) vaut 2 119 $ US

Starz (Nasdaq, STRZA, 24,43 $ US) est une autre entreprise essaimée (spin-off) sous-estimée, estime Jean-Paul Giacometti.

L'exploitant de chaînes télévisées a fait son entrée en Bourse en janvier, après s'être séparé de Liberty Media. L'entreprise du Colorado tire 80 % de ses revenus des stations de télé qu'elle exploite et le reste, de ses activités de distribution. L'entreprise possède la chaîne Starz et la chaîne de rediffusions Encore.

L'action s'échange à 13 fois les bénéfices prévus pour 2014, comparativement à une moyenne de 18 fois pour le reste de l'industrie. «La société est nouvellement entrée en Bourse, mais elle est bien établie, commente le portefeuilliste. Elle fait partie des trois plus importants acteurs.»

La société a aussi commencé à offrir du contenu original. L'avenue est intéressante, car certaines chaînes ont conçu du contenu très populaire comme Dexter et Mad Men, qui nous rivent à notre écran. «Une fois que vous avez une série populaire, tout le monde veut la voir», ajoute M. Giacommetti.

National Presto

1 000 $ US investi il y a un an vaut 1 044 $ US

National Presto (NY, NPK, 70,01 $ US) n'a pas d'appétit pour la croissance et a diverses activités. Mais ne vous laissez pas rebuter par cette description, le dividende de l'entreprise est très payant, plaide Jean-Paul Giacometti.

National Presto est présente dans trois secteurs : les articles de cuisine, l'équipement d'entraînement militaire et les couches pour adultes. La dirigeante de l'entreprise familiale, Maryjo Cohen, travaille pour la société du Wisconsin depuis 1976 et possède près de 30 % des actions en circulation. «Normalement, je n'aime pas qu'une entreprise fasse trop de choses, mais dans le cas de National Presto, elle le fait bien depuis longtemps», constate M. Giacometti.

Son attrait réside dans son dividende élevé, explique le gestionnaire. L'entreprise verse un dividende annuel fixe de 1 $ par action en plus de retourner 75 % de ses bénéfices sous forme d'un autre dividende annuel. Actuellement, le rendement du dividende avoisine les 8 %. «Un dividende de cette importance envoie le signal que la direction ne veut pas faire grossir l'entreprise, admet M. Giacometti. C'est bien correct. Le dividende est variable, mais dans tous les cas, c'est un gros dividende.»

La société s'échange à 10 fois les profits de 2014. Ce ratio passe à huit fois les profits si on retranche l'encaisse. «Si ça ne va pas bien, l'action ne fera rien et on recevra un dividende», résume M. Giacometti.

LES CHOIX DE FRANÇOIS ROCHON

Cabela's

1 000 $ US investi il y a un an vaut 1 403 $

Le détaillant d'articles de chasse, pêche et plein air Cabela's (NY, CAB, 66,35 $ US) connaîtra un second souffle, croit François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille chez Giverny Capital. Il admire l'entreprise, mais attendait la bonne occasion avant d'acheter une enseigne «très aimée d'une clientèle de niche».

Fondée en 1960, l'entreprise du Nebraska réalisait à l'origine une bonne part de ses ventes par catalogue. Elle a profité de son introduction en Bourse, en 2004, pour ouvrir des magasins. «Ces établissements ont coûté une fortune, observe M. Rochon. On dirait presque des musées. C'est beau, mais coûteux en capital.»

L'arrivée d'un nouveau pdg, Thomas Millner, amène des occasions. Le dirigeant veut ouvrir des magasins moins gourmands en capital. Il veut accroître sa surface de vente de 12 à 15 % par année pendant cinq ans.

L'action s'échange à un multiple de 18 fois les profits de l'an prochain tandis que sa moyenne historique oscille entre 12 et 15 fois. «C'est un peu cher, mais il faut se demander quels seront les bénéfices en 2020 avec une croissance de 15 % par année», nuance le gestionnaire.

IBM

1 000 $ US investi il y a un an vaut 942 $ US

Parmi les sociétés technologiques, la centenaire IBM (NY, IBM, 184,23 $ US) fait figure d'exception dans un secteur où les acteurs sont vite dépassés, croit François Rochon, qui mise sur la stabilité des revenus de l'entreprise grâce à ses «clients captifs».

Le spécialiste estime que le profit par action pourra augmenter de près de 10 % par an à moyen terme grâce à une croissance interne de 3 à 4 % et à des rachats d'actions. À cela s'ajoute un rendement du dividende de 2 %.

«Selon moi, une entreprise solide, qui domine son marché et en qui on peut avoir confiance pour bien gérer le capital mérite mieux qu'un multiple de 11 fois les profits anticipés pour l'an prochain», défend-il.

Les analystes, pour leur part, sont plus tièdes. Des 20 qui suivent le titre, 13 émettent une recommandation d'achat, 15 «conserver» et 2 «vendre». «Les revenus et les bénéfices stagnent et ça déplaît aux analystes, concède M. Rochon. De mon côté, je trouve que les capitaux procurent un bon rendement et que la société a un plan détaillé pour générer de la croissance.»

Luc Girard, pour sa part, estime que les sociétés de haute technologie pourraient bien performer après avoir été pénalisées par les marchés au début des années 2000. «Elles ont fait un bon ménage de leur bilan et les évaluations sont attrayantes», ajoute le gestionnaire de portefeuille de l'équipe Noël-Girard chez Valeurs mobilières Desjardins.

MT&T Bank

1 000 $ US investi il y a un an vaut 1 375 $ US

Depuis 2006, la banque américaine MT&T (NY, MTB, 116,06 $ US) a doublé sa taille grâce à trois acquisitions réalisées à «très bon prix», mais elle n'a pas encore atteint sa pleine capacité, croit François Rochon. «On suit l'entreprise depuis 15 ans, et les éléments fondamentaux de l'entreprise n'ont jamais semblé aussi bons», commente-t-il.

M. Rochon apprécie beaucoup Robert Wilmers, qui dirige la banque depuis 30 ans. La banque de Buffalo est gérée de manière prudente, à son avis. «Elle n'a pas réduit son dividende durant la crise financière de 2008, car elle ne s'est pas lancée dans des aventures hasardeuses, raconte-t-il. De plus, elle provisionne toujours plus d'argent que nécessaire pour les pertes.»

La société a aussi augmenté la densité de l'emplacement de ses succursales. «Ils ne s'éparpillent pas partout», ajoute M. Rochon.

Une ombre au tableau : Robert Wilmers est âgé de 78 ans. Le banquier est discret au sujet de son plan de relève, admet M. Rochon. «M. Wilmers est en santé et tout va bien de ce côté-là, assure-t-il. J'ai confiance en la capacité de l'action de bien performer sur cinq ans.»

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