«On ne parle pas assez des infrastructures» - Jean-François Minardi, de l'Institut économique de Montréal

Publié le 05/10/2013 à 00:00, mis à jour le 03/10/2013 à 11:43

«On ne parle pas assez des infrastructures» - Jean-François Minardi, de l'Institut économique de Montréal

Publié le 05/10/2013 à 00:00, mis à jour le 03/10/2013 à 11:43

Quels enjeux économiques devraient être discutés lors des campagnes électorales municipales en cours ?

Le problème des infrastructures, à Montréal comme dans d'autres villes du Québec. Les infrastructures sont vieillissantes et elles nécessitent des investissements importants afin d'éviter leur dégradation et l'augmentation des coûts du système de distribution d'eau potable, ainsi que ceux de la collecte et du traitement des eaux usées. C'est le même problème concernant les ponts, les tunnels et l'ensemble du réseau routier. On ne parle pas assez des infrastructures ! L'eau, par exemple : on en parle en hiver, quand des canalisations explosent, mais c'est tout. Ce n'est pas visible, ce qui fait probablement partie du problème.

En parler plus, soit, mais reste la question de leur financement...

À ce propos, on devrait chercher des solutions alternatives et impliquer davantage le secteur privé. Une nouvelle génération de partenariats public-privé a émergé, où le secteur privé jouerait un rôle beaucoup plus important que par le passé. Dans ces nouveaux PPP, le secteur privé peut participer sur le long terme, pendant 20 ou 30 ans. Il est impliqué à toutes les étapes du cycle de vie d'une infrastructure : financement, conception, construction, maintenance et rénovation. Le fait que le consortium privé investisse sur le long terme incite à concevoir et à construire des infrastructures de qualité, ainsi qu'à innover pour assurer à moindre coût un niveau satisfaisant d'entretien et de modernisation au cours de la vie de l'infrastructure. De telles réformes contribueraient à supprimer le trucage des appels d'offres, rendu possible par la collusion des soumissionnaires des marchés publics. On peut le faire en mettant en concurrence des entreprises québécoises avec des entreprises du reste du Canada, voire de l'Europe et des États-Unis. De plus, on devrait confier l'attribution de tous ces contrats au Québec à une agence indépendante.

Un dossier que nous avons sur notre radar est celui des régimes de retraite. Devrait-il, selon vous, occuper plus de place dans les campagnes électorales municipales ?

C'est un sujet très important, qui est lui aussi caché. Ce que coûtent les régimes de retraite aux municipalités est loin d'être clair. Il faudrait vraiment aller de l'avant pour régler ce problème, parce qu'il s'agit de l'endettement des villes. Comme pour les infrastructures, ce sont des factures qui gonflent sans cesse et qui touchent toutes les villes du Québec. On a commencé à en parler pas mal récemment, mais ce serait bien qu'on en discute pendant les élections municipales et que les partis politiques proposent des solutions.

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