Naviguer dans un marché qui ralentit

Publié le 06/04/2013 à 00:00, mis à jour le 04/04/2013 à 09:23

Naviguer dans un marché qui ralentit

Publié le 06/04/2013 à 00:00, mis à jour le 04/04/2013 à 09:23

Fini le bon temps de l'argent facile en immobilier résidentiel. En 2013, à peu près tous les économistes prévoient, au mieux, une stagnation des prix, au pire, des baisses marquées. Et ce, presque partout au Québec.

Le mouvement est déjà bien entamé, relèvent les observateurs du marché. De janvier à février, l'indice Teranet-Banque Nationale a reculé de 0,2 % dans les 11 plus grandes villes du Canada, note la dernière Revue des indicateurs économiques de Banque Nationale - Marchés financiers. À Montréal, il est en baisse tous les mois depuis août 2012.

Par rapport à la même période l'an dernier, l'indice a gagné 2,7 %, «soit la plus faible progression depuis novembre 2009», mentionne la Revue.

L'indice Teranet-Banque Nationale est généralement considéré comme l'un des indicateurs les plus fiables de l'état du marché immobilier. Il se compose uniquement de propriétés déjà vendues dans le passé et revendues au moins une fois. «Ce qui entre dans le calcul, ce n'est pas un prix, mais un taux de croissance du prix», explique Marc Pinsonneault, économiste en chef à la Banque Nationale.

Avec le ralentissement de la croissance chinoise, même les villes au coeur du boom minier pourraient connaître un «atterrissage en douceur», croit Chantal Routhier, économiste au Mouvement Desjardins.

Si vous devez acheter une propriété dans les prochaines semaines, «faites votre profit à l'achat», conseille Yvan Cournoyer, directeur général du Club d'investisseurs immobiliers du Québec. «Si la maison que vous achetez vaut 300 000 $ et que vous la payez 250 000 $, vous n'encaissez pas de perte, même si le marché descend de 15 %», illustre-t-il.

Facile à dire... En fait, la nouvelle conjoncture effraie les Québécois. Selon un sondage récent commandé par la Banque Royale, plus de la moitié d'entre eux croient plus judicieux d'attendre l'année prochaine avant d'acheter une maison.

Acheteurs moins pressés

Les craintes des acheteurs se répercutent dans les délais de vente. Ils s'allongent partout. Au 31 décembre 2012, ils atteignaient les 100 jours dans l'ensemble du Québec pour les maisons unifamiliales, et 110 jours pour les copropriétés. Une augmentation de 8 et 11 %.

«Dans toutes les régions, les ratios vendeurs/acheteurs sont à la hausse», dit Chantal Routhier. Vraisemblablement, ceux qui mettent leur maison sur le marché devront donc être moins gourmands s'ils veulent conclure des transactions... et les acheteurs gagnent à patienter quelques mois.

Une hausse en 2014 ?

À la Banque Nationale, l'économiste en chef prévoit même une baisse «de 3 à 5 %» de son indice de prix de maison Teranet au pays. «Je pense que la situation au Québec va ressembler à la moyenne canadienne», dit Marc Pinsonneault, qui n'entrevoit pas d'embellie en 2013.

L'économiste régional de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) est moins pessimiste. Pour le Québec, il table sur une baisse de 2,1 % des transactions en 2013, puis une hausse de 4,4 % en 2014.

Il note que la construction massive de copropriétés a fortement contribué à l'abondance d'offres d'habitations sur le marché. «On est plutôt dans une phase d'écoulement, dit Kevin Hughes. Mais l'économie progressant, on devrait avoir une certaine reprise à la fin de l'année.»

Du côté des prix, il prévoit une hausse à peine perceptible, en dessous de la cible de la Banque du Canada pour l'inflation. «On a une prévision de 1,4 % en 2013», indique l'économiste.

Bref, votre bungalow risque de prendre moins de valeur que votre panier d'épicerie... s'il en prend.

hugo.joncas@tc.tc

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