Miser sur notre sous-sol pour propulser notre économie

Publié le 12/03/2011 à 00:00

Miser sur notre sous-sol pour propulser notre économie

Publié le 12/03/2011 à 00:00

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Le Québec vient d'être déclassé, mais dans le cas en question, c'est plutôt réconfortant.

Depuis trois ans, l'Institut Fraser nous plaçait au premier rang des États et provinces de l'Amérique du Nord quant à la qualité de l'accueil fait aux sociétés minières. Le Québec traitait particulièrement bien l'investissement minier, et ce classement en tenait compte. En principe, on ne pouvait espérer meilleure carte de visite.

Mais le plus récent bilan nous fait glisser au quatrième rang derrière l'Alberta, le Nevada et la Saskatchewan. Le Québec n'est plus le champion de l'industrie minière.

Faut-il se désoler de n'être même plus sur le podium ? Non. Dans le contexte, ce réajustement est plutôt sain. Sauf qu'il va falloir faire la part des choses entre une attitude plus critique envers l'industrie minière - ce qui est souhaitable - et une position butée, voire hostile et potentiellement désastreuse.

D'abord, l'Institut Fraser. Son classement se fonde, dit-on, sur un sondage mené auprès de dirigeants de minières. On n'aurait pas aimé le changement de ton du Québec concernant la question des redevances. Les minières nous aimaient parce que nous ne coûtions pas cher... Comme distinction, on repassera.

Prenons le gaz de schiste. Un permis d'exploration valait 10 cents l'hectare, aux dernières nouvelles. C'est vrai que la probabilité de toucher le gros lot est mince, mais quand même : le fait d'être si peu exigeant trahit une attitude fondamentale de perdant. " On n'a pas grand-chose à trouver, ici, aussi bien ne pas trop en demander pour ne pas faire peur aux postulants. " C'est le genre de mantra qui a longtemps sévi dans l'attribution des permis.

Tout le secteur minier avait droit à ce traitement hautement préférentiel. Résultat ? D'après Mining Watch Canada, le Québec n'aurait perçu que 31 millions de dollars en redevances pour l'année 2008-2009, alors que les revenus de l'industrie atteignaient 6 milliards. Une maigre pitance, largement décriée.

C'est entre autres ce qui a conduit le ministre des Finances, Raymond Bachand, à annoncer un relèvement des redevances à 16 % en 2012. Rien de très inquiétant pour l'industrie, qui aura toujours droit à une série de dégrèvements fiscaux pour amortir le choc. Le message est quand même lancé : le Québec veut que ses finances profitent davantage de la tombola minière.

Obtenir sa juste part

La perte de quelques points au classement de l'Institut Frase a-t-elle pour conséquence que le Québec n'est plus perçu comme la Terre promise de l'industrie, laquelle sera maintenant tentée de placer ses billes ailleurs ? Balivernes. Les minières iront là où elles ont des chances de faire de l'argent. Goldcorp vient de le prouver avec l'annonce d'un investissement colossal pour lancer le projet aurifère Éléonore à la baie James. On dit que les demandes de concessions minières n'ont jamais été si nombreuses et que le Moyen Nord du Québec se prépare à une vague d'exploration. Regardez le Québec et considérez l'immensité du territoire. Il y a là des fortunes à découvrir et il est légitime que la province en obtienne une bonne part. C'est notre espoir pour des jours meilleurs.

Mais derrière ce nécessaire rééquilibrage, un autre discours, plus embêtant, se profile : celui des opposants qui dénigrent l'industrie minière. À leurs yeux, creuser, c'est détruire. Parallèlement, une autre tendance refait surface, celle qui veut que l'État prenne lui-même en charge l'exploitation des ressources en montrant la porte aux sociétés privées.

Ces deux positions sont malavisées. Le Québec est béni de compter sur tant de ressources et nous devons les mettre en valeur pour financer nos ambitions. C'est notre atout le plus fort. Il nous faudra un jour nous assumer et arrêter de quêter les milliards de dollars en péréquation que nous verse le reste du pays parce que nous préférons, nous, " niaiser avec la puck ".

Oublions l'idée de subordonner l'exploitation minière à l'autorité de l'État, comme le suggère un groupe qui comprend Claude Béland et Gérald Larose. La bureaucratie et les marteaux piqueurs ne vont pas ensemble. Pourquoi tout contrôler ? Pour créer des comités et des sous-comités ? L'industrie connaît son métier. Mieux vaut la laisser faire le travail et prendre les risques. Nous n'avons qu'à nous placer à la sortie pour récolter un péage satisfaisant. C'est la combinaison idéale.

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