Marée rouge en Bourse

Publié le 09/08/2011 à 00:00

Marée rouge en Bourse

Publié le 09/08/2011 à 00:00

Par Mathieu Lavallée

Journée noire hier sur les marchés boursiers du monde entier. Aux États-Unis, les indices boursiers ont enre-gistré des pertes historiques allant de 4 à 6,9 % : L'indice S & P500 a fléchi de 6,65 % à 1 119,68 points ; l'indice Dow Jones a chuté de 5,52 % à 10 812,35 points ; l'indice Nasdaq s'est effondré de 6,9 % à 2 357,69 points. Au Canada, l'indice S&P/TSX a perdu 4,04 % à 11 670,96 points.

Même scénario ailleurs dans le monde. En Europe, les indices ont connu des replis allant de 3,4 à 5 %. Les places asiatiques ont cédé de 2,2 à 3,7 %.

Cette débâcle survient après une véritable bombe lancée par Standard & Poor's (S&P) vendredi en fin de journée. L'agence de crédit a rabaissé pour la première fois de son histoire la note de crédit des États-Unis, la faisant passer de AAA (la meilleure note qui soit) à AA+.

D'autres éléments ont précipité la chute des indices lundi. D'une part, le président des États-Unis Barack Obama est sorti de son mutisme depuis vendredi, affirmant que son pays sera toujours coté AAA. Il a plutôt blâmé le manque de volonté politique à Washington pour ce revers. Puis, S&P a aussi rabaissé la note de crédit des réassureurs hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, renfloués par le gouvernement américain pendant la crise de 2008, et mis sous révision plusieurs assureurs exposés aux bons du Trésor américain.

L'or, qui joue depuis quelques semaines son rôle de valeur refuge, a atteint lundi en cours de séance un sommet historique, au-delà de 1721 $ US l'once. Le métal jaune a clôturé à 1 715,80 $ US l'once. Le baril de pétrole a largué 6 %, à 81,31 $ US.

Vent de panique

Un vent de panique soufflait déjà cette fin de semaine sur la planète financière.

Anticipant la débâcle, les ministres des Finances du G7 et des hauts responsables des pays membres du G20 ont multiplié les téléconférences pour mieux coordonner leurs politiques. Leur objectif : trouver des solutions à l'instabilité des marchés.

La Banque centrale européenne a notamment annoncé dimanche d'autres mesures pour soutenir l'Italie et l'Espagne, deux pays de la zone euro lourdement endettés qui n'ont pas encore fait l'objet d'un plan de sauvetage. En effet, ces deux États ont le potentiel de déclencher une crise plus grave encore si l'un ou l'autre devait manquer à ses obligations financières, étant donné leur poids plus important dans l'économie mondiale.

La coupe était pleine

Vendredi, la coupe était pleine pour les investisseurs. Le geste de S&P suivait l'une des pires semaines à Toronto et à New York depuis la crise financière de 2008. La semaine dernière, la Bourse de Toronto a chuté de 6 %. À Wall Street, l'indice S&P 500 a perdu 7,2 %, tandis que l'indice européen Stoxx 600 a baissé de 9,9 %.

L'entente conclue à la dernière minute sur le rehaussement du plafond de la dette des États-Unis a été la goutte qui a fait déborder le vase. Les signes s'accumulaient à propos du ralentissement de l'économie américaine et de l'aggravation de la crise de la dette en Europe. Les investisseurs ont jeté l'éponge.

Depuis plus d'un an, l'Europe veut en découdre avec les quelques pays dont la dette publique est devenue trop lourde : la Grèce, l'Irlande, le Portugal, l'Italie et l'Espagne.

Puis, les négociations sur le relèvement du plafond de la dette américaine - qui dépassait déjà les 14 000 milliards $ US avant la date butoir du 2 août - ont failli achopper à plusieurs reprises. Républicains et démocrates ne parvenaient pas à trouver de compromis qui aurait à la fois réduit les dépenses de Washington et augmenté les impôts. Une entente de dernière minute, dans laquelle la majorité des compressions budgétaires restent à être nommées d'ici 12 mois, n'avait apporté qu'un réconfort temporaire.

Les États-Unis au neutre

De plus, le pays de l'Oncle Sam a encaissé depuis le 29 juillet une série d'indicateurs pointant tous dans la même direction : une perte de vitesse de la croissance économique.

Baisse de la croissance du produit intérieur brut (PIB), baisse des dépenses personnelles des Américains, baisse de la croissance du secteur manufacturier... Seule la création d'emplois en juillet qui a soufflé un peu d'optimisme sur les places boursières vendredi. Mais seulement pour 30 minutes.

Tous ces éléments ont aggravé le pessimisme sur les marchés et ranimé la bête noire des investisseurs : la volatilité. À la clôture de la séance de lundi, l'indice VIX a atteint les 46,90 points, un niveau inégalé depuis mai 2010, soit dans les premiers jours de la marée noire dans le golfe du Mexique et juste avant l'éclatement de la première crise de la dette en Grèce. On est toutefois encore loin du niveau de 80,86 points atteint au pire de la crise financière, en mars 2009.

S&P/TSX

- 4,04 %

S&P 500

- 6,66 %

Dow Jones

- 5,55 %

Nasdaq

- 6,90 %

MATHIEU.LAVALLÉE@TRANSCONTINENTAL.CA

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