Les tests ont pris le pas sur les jeux

Publié le 13/03/2010 à 00:00

Les tests ont pris le pas sur les jeux

Publié le 13/03/2010 à 00:00

Après des années de forte croissance, le rythme des embauches ralentit dans l'industrie québécoise des jeux électroniques.

Le freinage a été brusque : les compilations de juin 2009, les plus récentes de TechnoCompétences, le comité sectoriel de main-d'oeuvre de l'industrie des technologies et des communications, font état d'une croissance de seulement 4 % de l'emploi en 2009, nettement au-dessous de l'objectif de 25 %. Depuis 2005, le nombre d'emplois dans le secteur des jeux électroniques bondit en moyenne de 25 % par an au Québec.

Certes, la crise économique a touché toutes les entreprises, mais elle n'explique pas tout. L'effondrement du secteur des logiciels liés aux jeux électroniques et la pénurie de personnel de production ont fait un croc-en-jambe à l'industrie.

L'industrie se transforme

En moins de deux ans, le secteur des logiciels d'animation et des moteurs de jeux, qui employait 863 personnes, a perdu deux tiers de son effectif et la moitié de ses entreprises. Ce secteur, qui compte des entreprises phares comme Softimage, avait été le premier propulseur de l'industrie québécoise des jeux électroniques dans le monde.

" C'est un domaine dans lequel nous avons été très forts. Ce déclin est préoccupant, mais en même temps, c'est un signe : l'industrie en est à une autre étape ", explique Sylvie Gagnon, directrice générale de TechnoCompétences.

La chute confirme la marginalisation de l'activité de conception des logiciels, ainsi que la migration de l'industrie québécoise vers les secteurs du développement des jeux, des tests et de l'assurance qualité des productions, qui emploient désormais 95 % de l'effectif québécois. En juin dernier, on comptait 39 entreprises spécialisées dans la conception des jeux, dans l'assurance qualité et dans les logiciels, qui employaient 6 293 personnes, 248 de plus qu'un an auparavant. La plupart des entreprises ont eu de la difficulté à pourvoir certains postes, notamment dans la gestion de production (chef d'équipe, coordonnateur de projets, directeur artistique, chef de production, etc.).

La rareté de ce personnel clé est telle que des entreprises québécoises ont dû refuser des mandats. " La chasse aux gens de talents est très féroce; on se les arrache partout dans le monde ", dit Pierre Proulx, directeur général de l'Alliance numérique, un regroupement de 200 entreprises.

Malgré une croissance inférieure aux attentes en 2009, TechnoCompétences s'attend à une reprise de l'embauche plus marquée en 2010, quoique inférieure aux croissances des dernières années. L'emploi devrait croître de 14 % en 2010 et de 10 % en 2011.

dossiers@transcontinental.ca

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