«Les régimes doivent passer des prestations déterminées aux prestations cibles» - Serge Charbonneau

Publié le 24/03/2012 à 00:00

«Les régimes doivent passer des prestations déterminées aux prestations cibles» - Serge Charbonneau

Publié le 24/03/2012 à 00:00

Par Marie-Claude Morin

Pour éliminer les déficits actuariels, devrait-on transformer les régimes de retraite à prestations déterminées en régimes à cotisations déterminées ?

Ça serait se mettre la tête dans le sable. Les gens qui participent à des régimes à cotisations déterminées et qui ne s'énervent pas trop parce qu'ils n'ont pas de déficit sont soumis aux mêmes aléas du marché que les autres. Si le solde de leur régime est passé de 200 000 $ à 150 000 $, est-ce qu'ils pensent : «Mon degré de solvabilité a chuté à 75 % ! Je suis dans le trouble, je dois me dépêcher de renflouer ça» ? Je ne pense pas. Ils trouvent ça triste, mais ils se disent qu'ils en mettront un peu plus de côté s'ils en ont les moyens. Personne ne les pousse à se remettre à flot, alors que les régimes à prestations déterminées ont beaucoup de pression pour remonter à 100 % de solvabilité.

Qu'elle est la solution, alors ?

Un compromis, comme les régimes à prestations cibles. Le gestionnaire vise alors une certaine rente, mais réajuste le tir selon ce qu'il peut verser. Des régimes y ressemblant existent dans d'autres provinces. Ici, on ne permet pas de réduire les rentes ; on peut seulement ne pas les indexer. C'est beaucoup trop strict. Le seul régime qui le permet, celui «à financement salarial», est peu apprécié parce qu'il doit prévoir la pleine indexation, ce qui réduit la rente offerte. Une autre des solutions est d'alléger les règles de recapitalisation du régime, comme le gouvernement le fait en ce moment en donnant dix ans plutôt que cinq. Mais c'est comme un pansement, ça ne résout pas le problème à la source.

Que devrait-on faire avec les régimes déficitaires ?

Il faudrait que les lois soient adaptées pour transiter de façon ordonnée des régimes à prestations déterminées vers ceux à prestations cibles. En protégeant à tout prix le retraité de 75 ans, il reste moins de moyens pour protéger le travailleur de 55 ans et encore moins celui de 30 ans. Si on considère les promesses faites comme sacrées, on va se retrouver avec une ancienne génération complètement protégée et une nouvelle, à découvert. Il faut avoir des débats et des consultations, puis modifier les lois tant provinciales que fédérales. Quant à ceux qui plaident pour l'abolition des régimes d'employeurs et la concentration dans un régime public, je suis en désaccord. Les régimes d'employeurs ont des lacunes, mais nous sommes mieux de les rafistoler que de les écarter et de mettre tous nos oeufs dans le même panier. En plus, ça enlèverait de la latitude aux entreprises et aux employés, qui peuvent actuellement trouver une solution adaptée à leurs besoins et à leurs moyens.

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