«Les plus grands problèmes de la planète sont les plus grandes occasions d'affaires»

Publié le 26/10/2013 à 00:00, mis à jour le 24/10/2013 à 15:07

«Les plus grands problèmes de la planète sont les plus grandes occasions d'affaires»

Publié le 26/10/2013 à 00:00, mis à jour le 24/10/2013 à 15:07

Ses amis se nomment Richard Branson, Arianna Huffington, Larry Page et Ratan Tata. Il travaille avec la Nasa et Google. Sa fondation, X Prize, distribue des millions de dollars aux entreprises qui trouvent des solutions durables aux problèmes de l'humanité. L'Américain d'origine grecque Peter Diamandis sera conférencier à la troisième édition de l'événement de créativité commerciale C2-MTL, en mai prochain.

DIANE BÉRARD - En 1995, vous avez lancé X Prize, la plus importante initiative privée jamais entreprise pour régler les grands problèmes de l'humanité par l'entrepreneuriat. Expliquez-nous.

PETER DIAMANDIS - C'est simple, les plus grands problèmes de la planète sont aussi les plus grandes occasions d'affaires. Nous avons donc imaginé une gigantesque compétition mondiale pour les régler. Les entrepreneurs carburent à la concurrence. Si on les invite à se défoncer pour trouver les meilleures solutions avec un incitatif financier important à la clé, imaginez ce qu'on va récolter...

D.B. - À quels problèmes X Prize s'intéresse-t-elle ?

P.D.- X Prize, dont le financement provient de commanditaires (Nokia, Qualcomm, Google, etc.) et de philanthropes, couvre cinq grands enjeux : l'apprentissage et l'éducation ; l'exploration ; l'énergie et l'environnement ; le développement international ; et les sciences de la vie. Nous ajoutons régulièrement des prix dans chaque catégorie, selon les besoins qui se dessinent.

Au lendemain du déversement de la plateforme Deepwater dans le golfe du Mexique, par exemple, nous avons lancé le prix du nettoyage pétrolier. Il a été remis en 2011 à Elastec/American Marine, de l'Illinois, et à NOFI, de la Norvège. Le défi consistait à récupérer plus de 2 500 gallons de pétrole par minute avec un taux de réussite de 70 %. La technologie de l'équipe un a permis de récupérer 4 670 gallons/minute et celle de l'équipe deux, 2 712 gallons/minute. En ce moment, 271 équipes de 35 pays s'affrontent pour remporter un prix de 10 millions de dollars (M $) en santé. Les concurrents doivent imaginer un appareil capable de fournir un diagnostic médical directement au patient.

D.B. - Pourquoi confier aux entrepreneurs le rôle de régler les problèmes mondiaux ? Parce que les gouvernements ont échoué ?

P.D. - On a toujours compté sur les gouvernements puis sur les grandes entreprises pour régler les grands problèmes. Aujourd'hui, nous n'avons plus le choix. Une demi- douzaine d'entrepreneurs peuvent se regrouper et concevoir un produit qui changera la vie de millions de gens. Nous n'avons plus à attendre le bon vouloir ni les ressources des gouvernements. De toute façon, regardez le gâchis qu'ils ont fait avec la santé et l'éducation !

D.B. - Quel rôle reste-t-il pour les gouvernements ?

P.D. - Qu'ils ne se placent plus sur notre chemin, ce sera un bon début !

D.B. - Êtes-vous en train de redéfinir le rôle des entreprises pour toutes les transformer en entreprises sociales ?

P.D. - Je ne fais aucune distinction entre les entreprises sociales et les autres. Un entrepreneur répond à des occasions d'affaires. En ce moment, les occasions d'affaires les plus importantes sont liées à la résolution des grands problèmes de l'humanité. Réinventer les systèmes de santé et d'éducation représente deux occasions porteuses de milliards de dollars en retombées.

D.B. - Votre livre Abundance, The Future Is Better than You Think est une ode à l'optimisme. D'où vous vient cette vision positive de l'avenir ?

P.D. - Mon optimisme repose sur les faits. Nous redéfinissons constamment la notion de pauvreté à mesure que des milliers de gens voient leurs conditions de vie s'améliorer. Nous n'avons jamais connu une époque aussi paisible. Les conflits sont beaucoup moins nombreux. Vous ne partagez probablement pas mon avis, les médias préfèrent les mauvaises nouvelles.

D.B. - Que faites-vous de la classe moyenne, dont le sort se détériore constamment ?

P.D. - La classe moyenne vit mieux que les millionnaires d'il y a quelques décennies. Elle a accès à un confort et à des outils technologiques inespérés.

D.B. - Votre optimisme repose en grande partie sur la technologie. Expliquez-nous.

P.D. - D'abord, la technologie nous rapproche. En nous permettant de mieux communiquer, elle nous aide à nous connaître et à nous comprendre. Et puis, la technologie nous aidera également à démocratiser l'accès à l'éducation et aux soins de santé. Un monde où les populations recevront de meilleurs soins et une éducation adéquate connaîtra moins de conflits.

D.B. - Que faites-vous de la cupidité et de l'égoïsme, qui font aussi partie de la nature humaine ?

P.D. - L'humain a ses zones d'ombre. Mais pour s'exprimer, celles-ci ont besoin de noirceur. Or, la technologie laisse de moins en moins de place où se cacher.

D.B. - Quelles seront les prochaines grandes percées technologiques ?

P.D. - Celles qui permettront aux humains de régler leurs problèmes eux-mêmes. Ce sera dans l'esprit de l'imprimante 3D. On va se plaindre moins et agir plus.

d.b. - Votre prochain projet ?

p.D. - Créer une plateforme collaborative pour X Prize afin que les internautes imaginent eux-mêmes les prix qu'il faudrait décerner. Qu'ils choisissent les problèmes auxquels il faut s'attaquer et qu'ils contribuent au financement des nouveaux prix.

D.B. - Vous avez fondé sept organisations liées à l'exploration spatiale, une passion que vous partagez avec Richard Branson (Virgin Galactic) et Elan Musk (Space X). Pourquoi une telle fascination ?

P.D. - Explorer l'espace est une obligation morale. Il faut retirer les humains de cette planète au plus vite. Au cours de notre génération, nous allons devenir une espèce multiplanète. Il y a trop longtemps que nous mettons tous nos oeufs dans le même panier. Jadis, les humains se sont déplacés d'un continent à l'autre. Maintenant, nous nous déplacerons d'une planète à l'autre.

D.B. - Vous êtes d'abord un entrepreneur. L'espace est-il aussi une gigantesque occasion d'affaires ?

P.D. - Bien sûr. Tout ce à quoi les humains attribuent de la valeur et qui s'épuise sur la Terre se trouve en quantité infinie dans l'espace. Conquérir l'espace amorcera une nouvelle ère de prospérité.

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