Les partenariats, maillons de la réussite

Publié le 29/11/2008 à 00:00

Les partenariats, maillons de la réussite

Publié le 29/11/2008 à 00:00

Par Pierre Théroux

Sur les collines de Jérusalem se trouvent deux des maillons clés de la réussite de l'économie israélienne : l'Université hébraïque de Jérusalem et le Centre hospitalier universitaire Hadassah, d'où sont issus une bonne partie des jeunes chercheurs israéliens prêts à valoriser et commercialiser les résultats de leur travail.

Ailleurs en Israël, d'autres institutions d'enseignement contribuent aussi à ce développement en favorisant la création d'entreprises. Comme l'Institut technologique du Technion, perché sur le Mont-Carmel, à Haïfa, et l'Institut Weizmann des sciences, situé à Rehovot, près de Tel-Aviv, et considéré comme l'un des centres de recherche scientifique et d'études les plus avancés du monde.

Leur secret ? " Les universités israéliennes ont depuis longtemps créé des sociétés de transfert de technologie qui font le pont entre universités et entreprises, que ce soit au moyen de nouvelles entreprises, de brevets ou de la vente de licences ", explique Raphael Hofstein, président et chef de la direction de la société de valorisation Hadasit, créée par le CHU Hadassah en 1989.

Convergence universités-entreprises

L'Institut Weizmann, réputé notamment pour ses recherches en sciences naturelles, a été le premier institut universitaire israélien à créer un organisme de transfert de technologie.

Yeda, fondé en 1959, accompagne les sociétés en démarrage basées sur des projets issus des recherches de l'Institut. Par exemple, le Copaxone, médicament pour les scléroses multiples, qui assure une part importante des revenus de la société pharmaceutique israélienne Teva, géant mondial du médicament générique, est un des produits connus issus de Weizmann et Yeda.

Yissum, rattachée à l'Université hébraïque de Jérusalem, est un pionnier du même type. Fondée en 1964, cette société de valorisation a enregistré en 2007 des revenus records de 51 millions de dollars américains, dont 36,5 millions proviennent de la commercialisation de licences auprès de différentes entreprises privées, nouvelles entreprises ou multinationales comme Teva ou Novartis.

Yissum, qui conserve les droits de propriété intellectuelle liés à ses produits, récompense aussi les chercheurs, qui reçoivent entre 40 et 60 % des revenus qui en découlent.

Il en va de même pour Hadasit. Cette société " verse 40 % des redevances aux chercheurs et 20 % à l'Hôpital Hadassah, qui emploie cet argent au profit de la recherche ", indique Raphael Hofstein.

Hadasit compte des dizaines de brevets dans les domaines de l'oncologie, des maladies du système auto-immunitaire et des cellules souches.

Réseau d'incubateurs

Autre chaînon qui a permis à l'État hébreu de devenir un chef de file mondial dans l'équipement médical, les logiciels, les télécommunications, l'optique, la nanotechnologie et les médicaments génériques : un réseau de 27 incubateurs technologiques qui prépare le lancement de nouvelles entreprises à partir de la recherche effectuée dans les universités et les centres de recherche.

Lancé en 1991, sous l'égide du ministère de l'Industrie, du Commerce et du Travail, ce programme a favorisé l'essor de l'innovation et l'émergence de centaines d'entreprises devenues viables. Le gouvernement fournit 85 % du soutien financier, consenti sous la forme d'un prêt dont le remboursement n'est exigible que si la nouvelle entreprise atteint ses objectifs.

La plupart de ces incubateurs ont été privatisés et appartiennent désormais à des entreprises, des universités ou même des sociétés de capital de risque. Les secteurs d'activité ayant le plus bénéficé des incubateurs sont l'équipement médical, les biotechnologies et les logiciels.

Le secteur des biotech est en effervescence. Il y a 10 ans, Israël comptait quelque 200 entreprises en sciences de la vie. Aujourd'hui, on en dénombre environ 900, dont la moitié ont moins de cinq ans d'existence. Les prochaines innovations seront aussi dans les domaines des nanotechnologies, des matériaux intelligents et des énergies nouvelles.

L'appui du capital de risque

Plusieurs observateurs attribuent aussi les performances de l'industrie israélienne de la high-tech aux particularités de son capital de risque, dont le modèle trouve aussi ses origines au début des années 1990.

" En finançant les entreprises aux stades du prédémarrage et du démarrage, le capital de risque israélien joue un rôle important dans le développement d'entreprises innovantes ", dit Yifat Adoram, présidente de l'Association du capital de risque d'Israël.

" On n'hésite pas à financer des entreprises à haut risque, des entreprises qui en sont au premier stade de leur développement ", note Yifat Oron, associée du Fonds d'investissement Vertex.

En 1993, pour favoriser l'apport de capitaux privés au développement de l'industrie des hautes technologies, le gouvernement israélien lançait le programme Yozma (initiative, en hébreu).

Son objectif était de créer un fonds de fonds, doté d'un capital initial de 100 millions de dollars américains, qui investirait dans des fonds privés et directement dans des entreprises technologiques aux premiers stades de leur existence.

" Les fonds publics ont eu un important effet de levier sur l'industrie israélienne du capital de risque ", estime Yifat Oron.

Deuxième dans le monde

Des 10 fonds initialement créés par cette initiative, l'industrie en compte aujourd'hui près de 80, dont Vertex, Gemini, Genesis et Pitango, dont les investissements totalisent plus de 10 milliards de dollars américains. La capitalisation moyenne des principaux fonds est passé de 20 millions, en 1993, à plus de 250 millions aujourd'hui.

La part du capital de risque dans le produit intérieur brut (PIB) d'Israël, à 0,42 %, est la plus élevée au sein des pays membres de l'OCDE.

Fort de quelque 1,8 milliard de dollars d'investissements en 2007, le marché du capital de risque israélien est le deuxième dans le monde, derrière les États-Unis.

Au premier semestre de 2008, les sociétés israéliennes ont amassé au total 1,08 milliard de dollars américains. C'est 28 % de plus qu'au premier semestre de 2007.

Le secteur des télécommunications était alors au centre de l'activité de l'industrie, représentant 26 % des investissements, suivi des logiciels et des sciences de la vie.

pierre.theroux@transcontinental.ca

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